Ce ça qui vient peu à peu… (1)

 

       J’écris.

Au vent de la chronique.

 

De l’arrière-goût.

De l’annale et de la commémoration.

 

J’évoque

Je me remémore

 

J’use les mots du temps

Je peinturlure des images rupestres.

 

Je m’essaye à des tournures galvaudées.

A des compositions obsolètes.

 

A des extravagances de dandy.

A un peu de tout.

 

J’abuse d’adjectifs de brocante.

D’adverbes de vide-grenier.

 

De culture pas toujours de mise.

Et de copiés-collés pour me vouloir moderne.

 

En croyant dire en croyant faire.

Pour évacuer le trop plein.

 

Et vider le bac dégraisseur.

De la fosse septique de la nostalgie.

 

Mais aujourd’hui l’écriture

Me renvoie à ces contradictions.

 

Et, sans concession.

Les met en lumière.

 

Les roues patinent dans l’usé.

Le carburateur s’étouffe dans le vieillot.

 

Et le frein de l’anecdote émoussée.

Bloque le tout.

 

Je me sens capelan de la phrase délabrée.

Moine de l’écriture défraichie.

 

Sacristain des mots ressassés.

Bedeau de l’antique.

 

Alors, dissimulé.

Mais lancinant.

 

Secret.

Mais révélé.

 

Avec la force sourde.

De l’inéluctable.

 

D’une façon sournoise.

Ça me vient peu à peu.

 

Je le sens.

Tapi au fond de soi.

 

Lançant au ventre.

Les ruades de l’inéluctable.

 

Titillant de sa récurrence.

Mes nuits en points d’interrogation.

 

Sans oser.

Me l’avouer.

 

J’essaye.

De reculer l’échéance.

 

Mais la réalité.

Annihile le raisonnement.

 

Ma plume.

A moins de certitude.

 

Mon poignet et ma main.

Aussi.

 

Et j’appréhende.

Leur tremblement.

 A suivre…

Patrice Quiot