Préalable…

 

Sobre sera son traje.

Sans concession au clinquant.

 

Somptueux.

De simplicité.

 

Une épure.

Du bon goût.

 

Un incipit.

De lujo.

 

Comme le «Calypso ne pouvait se consoler du départ d’Ulysse» des «Aventures de Télémaque» de Fénelon.

Ou le «La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide.» du «Aurélien» d’Aragon.

 

Aucun superflu.

Pas d’outrance.

 

Pas la vulgarité.

Presque obscène.

 

D’un vestido.

Criard d’excès.

 

Paul Poiret ou Cristóbal Balenciaga

Eizaguirre.

Plus que Dolce § Gabbana.

 

Savile Row.

Plus que Celio.

 

Pelayo, Fermín ou la Nati.

Curro, Morante ou lui.

 

Qui seuls peuvent assembler.

L’inassemblable.

 

Dans la lenteur d’une fumée d’encens.

Impérial sera son paseo.

 

A l’amble de l’allure.

Des chevaux de Joachim Murat à Austerlitz et à Iena.

 

Pour dire une destinée.

Et inscrire la rotation de la Terre dans l’orbite de Galilée et dans le trou noir du Triangle de Scarpa.

 

En splendeur sera son buste de Caesar Imperator.

Dans la morgue du «Veni, vidi, vici» au Sénat du peuple et à la cavea de la foule.

 

En tragique sera son visage du Cristo del Prendimiento.

Affichant la souffrance à recevoir le baiser de Judas.

 

Et en fierté d’être là.

A las seis en punto de la tarde.

 

Hautain sera son salut.

D’une distinction souveraine.

 

Son cou en bravade, son menton en défi.

Sa bouche en convenu de circonstance.

 

Ses yeux battant avec son cœur.

Le tout bravant l’autorité assise.

 

Du beau négligé.

De son indifférence.

 

 

 

Alors.

 

Marchant la tête baissée sur l’humilité des grains de sable.

« Près du bord sinistre de la nuit mais épris d’un but sublime ».

 

Il ira vers les planches de bois.

Pour célébrer la perfection de son cousu main.

 

Ne pensant déjà plus à ce préalable.

Qui pourtant dit tout de lui…

Patrice Quiot