Monumental…
Claude Viallat au sujet de sa peinture…
« Mettre en mots les doutes, les hésitations, les incertitudes. Dire. Quelle question soulevée nous fera faire ce pas de plus qui lèvera les interrogations, nous déplacera suffisamment pour que s’ouvre un chemin, certes ténu, mais indispensable à toute aventure. La liberté au-delà des limites déjà posées et connues. Recommencement sans fin d’une quête ouverte, d’un projet en suspension ».
Haricot ou éponge.
Éponge ou haricot.
Haricot.
Éponge.
Haricot.
Pas un bégaiement.
Mais une répétition.
Une résolution.
Un principe.
Une brega de la réitération du simple.
Papier affranchi.
Toile investie.
Carton détourné.
Une recherche.
Une lidia d‘un ouvrier du brut.
Une construction.
Un alignement.
Une mise en scène.
De la récurrence.
Un toque au vertige.
Paravents, parasols et parapluies.
Une minutie d’assemblage.
Un va et vient.
Pour s’y perdre et s’y retrouver.
Une faena au centre.
Des couleurs.
Qui passent.
Et reviennent.
Habillé de lumière.
Un trasteo géométrique.
Un chemin de liberté.
Sur les pierres suturées de la Via Domitia.
D’Aubais à Nîmes.
Une interrogation sur le rugueux.
Un lance à la vie.
Une manière comme un clin d’œil.
Appuyé et discret.
Façon empègue.
Un quelque chose qui sans cesse recommence.
Un quite à la vérité.
Équilibre précaire.
Et austérité luxuriante.
Simplicité joyeuse.
Et élégance absolue.
En pochoir maestrante.
Une forme unique.
Un Ramuntcho de l’écart.
Un Chomel de l’insistance.
Un Morante de l’écho.
Un Sud définitif et sans retour.
Claude Viallat.
Monumental…
