A chacun son oreille…

 

Température agréable, trois quarts d’arène, deux heures trente-cinq de spectacle. Six toros de Arauz de Robles, lourds, mobiles et très bien présentés, tous deux piques à l’exception du dernier, trois châtiments, tous pris avec une bonne bravoure.

 

Alberto Lamelas (violet et or), au premier, une entière, un avis, une oreille, au quatrième, deux pinchazos, un avis, une entière, salut.

Rafael Serna (bleu foncé et or), au deuxième, un pinchazo et une entière, une oreille, au cinquième, deux pinchazos, une entière, un descabello, un avis, salut.

Dorian Canton (blanc et or), au troisième, une entière à recibir, vuelta, au dernier, une entière, une oreille.

 

Présidence : Pascal Darquier, assisté de Hugo Lavigne et Yohan Teixeira.

 

Six beaux toros de Arauz de Robles ont marqué la corrida d’Aignan où chaque acteur repart avec un trophée. Alberto Lamelas est apparu très détendu, à l’aise dans les différents moments de sa lidia, trouvant assez facilement le sitio et changeant de main avec beaucoup d’aisance et de style. Un Alberto Lamelas toujours maître de son adversaire qu’il domina parfaitement. Malgré un tercio de cape très séduisant et dominé par une larga afarolada, il eut plus de mal à fixer un adversaire manso. Il parvint toutefois à dessiner de longues séries sur les deux mains, et dut se contenter d’un salut après un échec à la mort.

 

Rafael Serna (bleu foncé et or) nous a souvent étonné, lui le Sévillan par un classicisme castillan ; sur les deux mains, il a chaque fois été très complet, se hissant surtout à gauche avec beaucoup de réussite. Son second toro fut un peu plus compliqué. Il parvint toutefois à signer une faena très harmonieuse et douce toujours dans un registre classique. Il échoua lui aussi à la mort.

 

Dorian Canton (blanc et or) repart avec une oreille, mais on peut penser que la première lui fut injustement refusé. Certes avec son premier adversaire il avait signé une faena tout de même un peu superficielle. Mais le coup d’épée fut magistral et à lui seul valait le trophée. Ce ne fut pas l’avis du président ; Dorian revint avec encore plus de volonté pour affronter le dernier toro de la course. Ce colorado était énorme, prit trois piques mais n’impressionna pas le garçon. Il allait le dominer de bout en bout sur les deux mains. Avec une estocade parfaite, il eut enfin le trophée qu’il méritait…

Jean-Michel Dussol – Photos Roland Costedoat

 

Matin : Moreno Leal coupe la seule oreille…

 

Ekaitz Moreno Leal (bleu archevêque et Azabache) a coupé la seule oreille de la matinée. Il a démontré plus de maturité que ses deux compagnons. Il a su maîtriser et trouver rapidement le sitio face à ce dernier Astarac, ni le plus facile, ni le plus difficile mais le plus séduisant, récompensé d’une vuelta posthume. Le garçon élève de Richard Milian a signé d’excellentes séries de naturelles sans jamais bouger. Sur les deux mains, il a toujours dominé son adversaire. Un garçon qui arrive au terme de la maîtrise de l’art de toréer. Il a terminé d’un joli coup d’épée alors que sonnait l’avis et a coupé une oreille.

Bautista Angosto (bleu foncé et azabache), le chef de lidia débuta avec un excellent tercio de cape. Il fut très élégant dans de longs derechazos dessinés avec lenteur souvent cité de loin. Élégant dans ses changements de main, il fut aussi très agréable sur la gauche. Par trop de confiance il se retrouve bousculé et désarmé. Il tue d’une seule épée. Il méritait mieux qu’un silence… Mais l’arène avait encore froid sous le vent glacial.

Rémy Asensio (bleu clair et or) tombe sur un novillo très compliqué. Malgré cela, il a fait preuve de maîtrise et on le trouve sur la main gauche avec harmonie et lenteur… Il fut aussi parfait à droite, ne se laissant jamais impressionner par son novillo de l’Astarac et toujours maître de la situation. Il termina d’une entière, récompensé par une vuelta.

A retenir un excellent lot de novillo de l’Astarac de Jean-Louis Darré. Le prix de l’Acoso est remporté par Moreno Leal.

Jean-Michel Dussol