Révélation de Jesús Romero et confirmation de Julio Norte…

 

Novillada du Printemps, ¾ d’arène. 6 novillos de Pincha.

 

Jesús Romero : oreille, oreille et silence à celui tué pour Osornio.

Emiliano Osornio : silence et blessure (hématome frontal – scanner à l’hôpital de Pau).

Julio Norte : oreille et deux oreilles.

 

Jesús Romero a été qualifié lors de la fiesta campera matinale face à Simon Andreu (2 novillos de Pincha).

 

Les novillos de Pincha, correctement présentés (de menos à más), bonitos de tête, n’ont pas donné le jeu espéré. Les navarrais discrets sous le cheval ont ensuite montré de la faiblesse, faisant preuve de mansedumbre, incertains dans leurs attaques avec une fâcheuse tendance à chercher les planches. En revanche, les novilleros ont fait un bel effort et grâce à eux, ce fut une après-midi plaisante.

Jesús Romero avait été élu le matin pour revenir le soir et, vox populi vox dei, ce fut un bon choix. Le jeune madrilène qui avait laissé un souvenir fort à Arzacq en non piquée trois ans auparavant, est tombé sur le lot le plus acceptable. Il a su profiter du fond de noblesse de ses deux adversaires. Son toreo profond, élégant et très personnel, aura séduit les plus exigeants. Il tua bien, de deux belles estocades entières ; la première fulminante.

 

Beaucoup d’entrega chez Emilo Osornio qui tomba sur une paire peu amène. Il ne put s’imposer face au premier malgré quelques détails de classe, à la cape comme à la muleta. Il tua en deux fois et revint pour livrer une vraie bataille face au cinquième querencioso.

En s’exposant considérablement, il fut durement séché en fin de faena et dut être transporté à l’hôpital de Pau pour passer un scanner à la tête, le front durement touché par l’animal.

 

Importante prestation de Julio Norte face à ses deux adversaires. Malgré des charges désordonnées, violentes, il fit preuve de courage, montrant une bonne dose de ce valor seco qui l’habite. S’exposant un maximum, il réussit deux trasteos impressionnants de sérénité qui portèrent sur le public. Le final face au sixième – entrepris por cercanías – très méritoire, emporta le morceau et fut primé par une double récompense très fêtée. Il avait tué le premier d’une estocade entière et le second d’une demie épée qui eut un effet rapide.

On aura remarqué, dans le callejón, les maestros Curro Vázquez et Domingo López Chaves. Garlin : the place to be !

Pierre Vidal

Photos : Roland Costedoat