Séville le 20 avril 1966 : Une «Craven A» fumée par un duc de Windsor…
Cinq de Samuel et un de Soto de la Fuente.
Victoriano Valencia, Curro Romero et Sa Majesté pour les tuer.
Jackie Kennedy, Grace Kelly et Rainier III de Monaco en barrera pour les voir.
Georges Duhamel, non ; Il est mort sept jours avant.
D’or et incarnat est habillée Sa Majesté.
L’incarnat du champ de gueules.
Des armes de Navarre.
Et l’or des louis.
Des rois de France.
Il ne s’est rien passé.
Hors l’oreille coupée par Sa Majesté à son premier.
Qui l’avant-veille.
Avait vu Paco, prince de Camas.
Triompher devant un Cuadri.
Et sort le sixième.
«Pitillo » ou «Peinadito».
«Cigarette» ou «Mignonnement coiffé».
La controverse demeure.
Et la Cour en discute encore.
Sa Majesté elle-même fait de la chicane un mystère.
“Un día me encontré con el ganadero Samuel Flores y me dijo que el toro realmente no se llamaba ‘Pitillo’, como es mundialmente conocido este toro ; puede que el mayoral se equivocara aquella mañana en el sorteo o que los banderilleros lo entendieran mal o se explicaran mal, pero el caso es que se quedó con ese nombre.»
Le mystère pèse 462 kg, «saca bondad y unas fuerzas muy justas ».
Écrit un hagiographe.
Sa Majesté est pacifique à la cape.
Et une pique lui paraît suffire.
Le deuxième tiers.
Ne fait pas Histoire.
Mais à la muleta…
En face de la Porte de la traîne.
Sous la loge des Herrera.
A l’endroit même où Juan Belmonte tenait son rang.
« La ligazón y el ritmo entre pases entre los minutos 1:15 y 3:18 es casi «milagrosa». Todo con una seriedad y elegancia inigualable. Sólo hay un momento dónde se ve que el torero intenta forzar, en el minuto 2:36, pero no desluce el resto. Increibles los tres pases que arrancan en el 3:07 ».
Écrit l’hagiographe.
Sa Majesté.
Se transfigure en St Jean Baptiste.
Et ressuscite le «Pasmo de Triana».
Le Guadalquivir.
Devient Jourdain.
Et Sa Majesté baptise la multitude.
Aidées par le haut.
Redondos où le sang s’accorde à la soie.
Naturelles finies en lanternes d’eau bénite du sacre.
Et fin de lice par une sortie en poitrine.
Comme l’aspersoir de la basilique St Denis.
Le mystère va et vient.
Ébloui par le satiné de la muleta de Sa Majesté.
Faena parfaite, aboutie.
Les fondamentaux de la Bible.
Avec l’ajout des enluminures.
Lanternes et moulinets.
Passes de poitrine.
Et de tranchée.
Le tout que « sabía a gloria ».
Et à Juan Belmonte.
Sa Majesté nous conte une anecdote :
“Al llegar a la barrera, me dijo Antonio Chaves Flores : «Si llega a entrar la espada, le cortas el rabo ».
Y le contesté:
« Pues me alegro porque si le mato me creo que he hecho algo importante y no es verdad. Ahora me reafirmo”.
Une parole de Bourbon.
Sa Majesté tue mal.
« Cinco veces le recibió, cinco veces pinchó ».
Écrit l’hagiographe.
«Vuelta al ruedo y le obligaron a dar la segunda ».
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Séville le 20 avril 1966.
«Pitillo» et Santiago Martín Sánchez «El Viti».
Une «Craven A».
Fumée chez « Simpson’s».
Par un duc de Windsor de vingt-huit ans.
Datos
Le restaurant Simpson’s est une véritable institution londonienne qui met à l’honneur les produits locaux cultivés dans les îles Britanniques. Sa renommée tient à la qualité de sa cuisine traditionnelle britannique et à son légendaire service sur chariot.
Avec ses lambris de chêne, ses banquettes en cuir et ses hauts plafonds à caissons stuqués, ce célèbre établissement dégage toute l’atmosphère d’un club privé. Ce cadre cosy et élégant fait partie du mythique hôtel cinq étoiles The Savoy situé non loin de l’animation de Covent Garden.
Patrice Quiot
