Face aux novillos de Raso de Portillo, seul Juan Molas coupe une oreille…
Vendredi 1er mai. Aire-sur-l’Adour. Novillada des Arsouillos, petite demi-arène, après-midi ensoleillée, température agréable, deux heures cinquante de spectacle.
Six novillos de Raso de Portillo, bien présentés, le dernier très lourd. D’une, le premier, à trois piques, troisième et cinquième, tous les châtiments ont été pris avec une bonne bravoure.
Juan Molas (rouge et or) : au premier, six pinchazos, une entière, trois descabellos, avis, silence ; au quatrième, une entière, une oreille.
Cristian González (bleu marine et or) : au deuxième, une demi-lame, sept pinchazos, un descabello, silence ; au cinquième, cinq pinchazos, une entière, huit descabellos, avis, silence.
Pedro Andrés (vieux rioja et or) : au troisième, un mete y saca dans le flanc, silence ; au dernier, deux pinchazos, un quart de lame et une entière, silence.
La novillada d’Aire s’est ouverte avec un étrange moment d’inquiétude et de peur, le premier Raso de Portillo, Habiador, s’est jeté avec violence contre le cheval Kirikou, qui pris de peur a traversé la piste avant de s’assommer ou presque contre un burladero à l’opposé. Grande frayeur pour tout le monde, mais rien de grave à déplorer. Par contre pour Juan Molas avec son premier novillo, une lidia pratiquement impossible qui le vit souvent reculer ou demeurer très parallèle. Sa mise à mort ratée n’arrangea rien. Il eut le loisir de se racheter brillamment avec son second adversaire, d’abord à la cape puis dans quelques séries de muleta sur les deux mains. Il fut obligé de rompre à gauche et continua à esquisser de beaux débuts de série. Sa mise à mort parfaite et rapide lui permettait d’obtenir la seule oreille de la course.
Cristian González fut dans les deux cas un capeador très moyen. Chaque fois, il chercha longtemps le sitio, sans y parvenir vraiment. Malgré de belles trincheras, le garçon fut souvent brouillon avec la main gauche. Il fut un peu plus intéressant à sa seconde sortie avec de longues séries à droite, même si elles restèrent superficielles. Mais il manquait des moments de domination du toro. Une domination dont l’absence se ressentit à la mise à mort.
Pedro Andrés débute par un joli geste, en brindant son premier adversaire à ses picadors, dont l’un n’est autre que le mayoral des Raso. Il ouvre sa faena sur la droite avec des passes basses, mais qui ne sont pas suffisamment appuyées pour châtier le novillo. Dommage les chiffonnades en dernière partie. On appréciera avec le dernier, le plus lourd du lot, une série de cinq véroniques très amples et templées… Mais pourquoi soudainement le garçon perd confiance et recule ? A la muleta, il manifeste un peu d’élégance, mais ne pèse jamais sur le toro.
Dommage le manque manifeste de technique des garçons face à des Raso de Portillo compliqués qu’il aurait fallu solidement châtier. Sans cette phase, ils sont restés maîtres de la piste. Certains paraissaient être toréables.
Hors novillada, les organisateurs ont sorti un septième novillo aux cornes abimées qui fut offert au torero Solal. Une toute petite chambrée assista à cette rencontre. Una alimaña aurait dit un certain Ruiz Miguel, une bête nuisible devant laquelle Solal fut rapidement obligé d’abréger après quelques beaux moments sur les deux mains…
Jean-Michel Dussol
Photos : Bertrand Caritey



