Le trentième bolsín remporté par Manuel Real “Realito”, de Camas…
Bougue (40). Sous les nuages, avec de la pluie au premier toro de la finale, entrée modeste, deux heures dix de spectacle. Cinq novillos sans picadors du Camino de Santiago, Jean-Louis Darré, bien présentés, mobiles et parfois difficiles.
Julio Aparicio (bleu roi et or), au premier, une entière, une oreille, (qualifié pour la finale), à son deuxième novillo, un mete y saca, quatre pinchazos, quatre descabellos, un avis.
Manuel Real “Realito” (violet foncé et azabache) au deuxième, un pinchazo et une demi lame, une oreille (qualifié pour la finale) ; à son deuxième novillo une entière, avis, un descabello, vuelta ; déclaré vainqueur.
Samuel Berdejo (bleu ciel et or) au troisième, deux entières, deux pinchazos, silence.
Manuel Real “Realito” connaîtra-t-il un jour le succès de Talavante qui comme lui avait remporté, il y a une vingtaine d’années, le bolsín de Bougue. L’avenir répondra, mais en ce dimanche 3 mai il a très logiquement inscrit son nom au palmarès. Se retrouvant dans les trois slectionnés du matin avec Julio Aparicio et Samuel Berdejo, il allait conduire avec maîtrise sa première faena. Son grand mérite fut de trouver très rapidement le sitio et de donner toutes ses passes dans un tout petit terrain, sans jamais rien perdre. Les pieds toujours rivés dans le sable, il citait parfois de loin et enchaînant de longues séries sur la droite. Il avait aussi la chance d’être confronté à un excellent toro. Il pouvait donc prétendre à une oreille. Qualifié pour la finale, sa seconde sortie sera un peu moins intéressante à cause d’un animal plus compliqué, ce qui ne l’empêcha pas de commencer à la cape avec une larga à genoux et de servir quelques véroniques un peu chiffonnées. Par contre, à la muleta, il est l’auteur de muletazos très épurés sur les deux mains, toujours sur un tout petit terrain et s’exprimant avec aisance et harmonie. Un seul moment il fut en difficulté. Il se contentera d’une vuelta, mais l’essentiel du travail était fait.
Julio Aparicio, bien parti pour emporter le bolsín, perdra tout espoir après sa catastrophique mise à mort dans la finale. Sa faena avait été longue et parfois ennuyeuse. Dommage car dans la première partie, il nous avait fait rêver sur la main gauche avec des passes très longues et harmonieuses. Sa mise à mort exemplaire le conduisait en finale et aux portes du titre.
On aura beaucoup de regrets pour Samuel Berdejo qui était entré dans le concours avec une longue série de véroniques à genoux, amples, lentes et données avec douceur. A la muleta, le garçon toréait avec l’ensemble de son corps soutenant une muleta très basse. Il conclut avec des manoletinas à genoux. Un garçon dont on devrait reparler. Il trouvera sûrement sa place dans le haut de l’escalafón d’ici quelques années…
Mais ne gâchons pas notre plaisir, Manuel Real fait un beau vainqueur de ce trentième bolsín de Bougue…
Reseña et photo : Jean-Michel Dussol

