Le peuple de Pentecôte…
Soleil.
Arènes pleines ou presque.
Et «La Marseillaise» a cappella.
Immense.
Boulimique d’un plaisir retrouvé.
Le peuple de Pentecôte.
Bariolé.
Vibrant.
Somptueux.
Enthousiaste.
Spontané.
Grandiose.
De liberté.
D’égalité.
Et de fraternité éphémères.
A l’ombre.
Du soleil.
Ou au soleil de l’ombre.
Toutes les couleurs.
Ou.
Presque.
Qui.
Vibrent.
D’ivresse.
Sur la palette.
D’un peintre.
Soudainement devenu fou.
Du bruit.
Des notes.
El les pigeons dans le ciel.
Des femmes.
Certaines.
Magnifiques.
Des hommes.
Certains.
Comme des rois.
Dans la chaleur.
D’une fin.
D’après-midi.
Sur des gradins.
De pierre.
Ou de bois.
Immuables.
Depuis.
On ne sait quand.
Un bruissement.
De plaisir.
Espéré.
Le même.
Depuis.
Des siècles.
Une multitude.
Qui.
Attend.
Tout.
Ou.
Rien.
Peu importe.
Pour seulement.
Etre là.
Parce que.
Il ne peut.
En être autrement.
En regardant.
Les noirs.
Aux cornes blanches.
En regardant.
Ceux.
Qui portent à gauche.
Et l’or.
Des costumes.
Qui rappelle.
L’été.
Meurtrier.
Qui tua Ernest.
Et l’été.
Des grillons.
Des routes de la nuit.
Pleine ou presque.
Est.
L’arène.
Du peuple de Pentecôte.
Entier.
Magnifique et libre.
Fier de sa.
Race.
Et de sa culture.
Un peuple.
Qui.
Existe.
Et ce.
Depuis.
Toujours.
Des Cathares.
Exterminés.
Par Simon de Montfort.
Des Huguenots.
Des Cévennes.
De Cavalier.
Aux vignerons
De Marcellin Albert
De 1907.
Et aux tridents.
Du Marquis.
Et De Montaud-Manse.
Nîmes en peuple de Pentecôte.
En soulèvement de cultura nosta.
Du vendredi au lundi.
Pour, avec Mirabeau.
St Just et Robespierre.
Dire la force de cet interdit.
A la résonance des clarines.
Qui sonnent.
Comme les tambours de Santerre.
Au goût du pain noir.
Retourné sur les tables.
Pour nourrir Charles-Henri Sanson.
Et à l’éclat.
Des mouchoirs trempés de sang.
De la place de Grève.
Qui fait battre le cœur des Girondins.
Et blesse.
Celui des Montagnards.
Nîmes, majourau de l’afición.
En rouge de muleta et vert d’espérance.
Du vendredi au lundi.
Nîmes en peuple de Pentecôte.
Et ce à jamais.
Quoiqu’ils disent ; quoiqu’ils fassent.
Patrice Quiot
