Diego…

 

Toreo de tronc de chêne.

De racine d’olivier.

De madrier.

Et de bâtisseur.

 

Avec la ligneuse.

Rude.

Et simple vérité.

D’un charpentier.

 

Une manière de distinction prolétaire.

Une forme de Compagnon du Devoir.

Et la réalité.

Du bel œuvre.

 

Toreo épuré.

Comme le trait d’un ciseau à bois.

Et grave.

Comme le geste de Noé assemblant l’arche.

 

Rustique.

Comme le châtaignier.

Robuste.

Comme le bois de fer.

 

Hache.

Ou herminette en mano.

Ainsi ande.

Diego.

 

Droit.

Solide.

Noueux.

D’une détermination.

 

A faire.

Sans l’artifice.

 D’un préfabriqué.

D’usine.

 

Il va.

Sur l’albero.

La poitrine.

Et le cœur en avant.

 

Il va.

Pour édifier.

Des cathédrales.

Et y brûler des cierges noirs.

 

Le visage.

D’un beau désespoir.

Et la callosité des mains.

D’un artisan.

 

Pour construire.

Des mâts de caravelle.

Des tables de taverne.

Et des coffres de corsaire.

 

En donnant des passes.

Piquantes des épines.

D’un vieil.

Acacia.

 

Diego.

Torée comme on rabote une planche.

En gestes amples.

Et éclisses de copeaux.

 

Diego.

Tue comme il faut tuer.

En coups d’épée.

Et envolées de varlope.

 

Diego, un Joseph de Nazareth.

Né à Arnedo.

Un charpentier du toreo qui ressuscite.

La noblesse de l’ouvrier.

 

Et qui le jeudi 28 mai 2026.

A Madrid, devant «Mapana», negro mulato de Juan Pedro.

Devint André-Charles Boulle.

Ébéniste du roi.

 

Assemblant des passes en marqueterie d’incrustation.

De bronze et écaille de tortue.

A des gestes en arabesques.

De chevron et contrefil.

 

Naturelles, derechazos.

Trincheras, ayudados.

Ou remates comme des vrilles et feuillages stylisés.

Tous estampillés du poinçon du parfait.

 

Et faisant honneur au blason de la profession :

«D’azur, à un enfant Jésus tenant un compas

Et mesurant un dessin qui lui est présenté par St-Joseph

Le tout d’or ».

 

Diego dessina.

Avec les couilles.

De Joachim Murat.

La faena, qui à ce jour et avec celle de Ferrera devant les Alfonso, sonne con más peso de la San Isidro 2026…

 https://videos.toromedia.com/w/4M5pHE7Hzp1Ww5a4M6oMbT

 

Datos

 

Jeudi 28 mai 2026/Madrid.

 Arènes de Las Ventas,

 Dix-huitième festejo de la San Isidro

 Corrida de la Presse.

 Toros de Juan Pedro Domecq.

 

Diego Urdiales : Oreille, oreille (avis).

Roca Rey :  Salut (avis), oreille (avis).

Bruno Aloï :  Silence (avis), silence.

 

Diego Urdiales Hernández né le 31 mai 1975 à Arnedo (La Rioja).

Débuts en public : 19 mars 1988 à Arnedo.

Premier habit de lumières : 2 octobre 1988 à Arnedo.

Débuts en novillada formelle : 21 mars 1992 à Arnedo ; novillos de Salustiano Galache.

Présentation de novillero à Madrid : 9 mars 1997, avec Curro Díaz et Carlos Pacheco ; novillos d’Alipio Pérez-Tabernero.

 Alternative : 15 août 1999 à Dax, parrain : Paco Ojeda ; témoin : Manuel Díaz « El Cordobés » ; toros de Puerta Hermanos

Confirmation d’alternative à Madrid : 8 juillet 2001, parrain : Frascuelo ; témoin : Jesús Pérez « El Madrileño » ; toros de Guardiola Fantoni.

 Confirmation d’alternative à Nîmes : 23 mai 2012 ; parrain : Alberto Aguilar ; témoin : Joselito Adame ; toros de Victorino Martín.

Patrice Quiot (Photos : Plaza1)