Robert Chay, 10 ans ! Un si long après-midi de silence…

 

Ce samedi 16 juillet 2016, à Céret, c’était l’éleveur Aurelio Hernández, qui présentait ses pupilles Veragua.

 

Au troisième toro, tu m’aurais dit « il est un peu manso », car toi aussi, tu connais l’âpreté d’être éleveur de ganado bravo, comme tu aurais pu dire « le petit, il ne torée pas assez, mais il a des qualités ».

Robert, jamais péremptoire.

C’est pendant la lidia du 4ème toro que le premier message est apparu sur l’écran du mobile « Robert Chay, accident grave, soins intensifs ».

Comme à l’accoutumée, la Banda Cobla Milénaria joue, après le cinquième toro, la célèbre Santa Espina, puis le morceau de musique prit un air de Requiem, avec le voile noir apparu sur la page de Christophe, ton fils.

Sur la route d’Amélie à Reynes, il est un petit magasin dont le nom « Poc de Tot », traduction littérale : un peu de tout.

Un peu de tout, comme la vie des hommes : garçon, mari, père, grand père. Comme le travail dans la vie : ses échecs, ses déceptions, ses bons résultats, voire ses triomphes comme l’amitié : ses trahisons, ses succès , ses bons moments.

Toi Robert, tu es fidèle en amitié, un des rares présidents de corrida, à Arles, qui a accepté de venir commenter ses décisions de l’après-midi en tertulia.

Un peu de tout, la Vie quoi !

 

Mais avec cette passion, que les espagnols appellent Aficion, presque la musicalité, la phonétique du mot affection.

Cette aficion a los Toros, depuis toujours, tu l’as : co-créateur du Nounours Club, président du Club Taurin Pouly III, défenseur des traditions provençales, et certainement le vétéran des amateurs chez Pierre-Marie Meynadier, et peut-être chez tous les éleveurs français !

Je me rappelle, toute cette année, où tu es venu en soins chez moi, après un gravissime accident au callejón.

Volontaire, content, adepte invétéré de la Philosophie ibérique du « No Pasa Nada ».

Je n’ai pas tes talents de musicien, pour m’exprimer le seul instrument que je connaisse, c’est la plume.

Cette partition-là, j’aurais préféré l’écrire vraiment beaucoup plus tard, voire jamais.

Vaya con Dios, Robert…

 

Jacques Lanfranchi

Mardi 19 juillet 2016