Sortie a hombros de la terna…

Mardi 4 août. Corrida des Fêtes. Deux tiers environ. Temps chaud et lourd. Six toros de San Sebastian qui faisaient leur présentation dans la catégorie. Un ensemble inégal en tamaño, mais de présentation convenable par rapport à la catégorie de l’arène, monopiqué, la plupart nobles mais manquant de piquant, plus en vue le 5.

Avant le paseo, il a été demandé au micro, en guise de reconnaissance et soutien, une minute d’applaudissements pour les pompiers. A noter encore que la Marseillaise a été interprétée par l’orchestre Chicuelo II.

El Rafi : oreille et oreille.

Ismael Martín : une puis deux oreilles.

Nino Julián : oreille et oreille.

 

El Rafi s’est montré en chef de lidia concerné. Bon capoteo à la réception de son premier, castaño oscuro, puya de circonstance, comme ce sera le cas pour tous les autres, puis partage des palos entre le trio avec ovation. Brindis à l’assistance d’une faena comprenant quelques mouvements remarquables, bien que manquant un peu d’alegría faute d’un toro ayant un peu de peine à transmettre. Final encimista suivi d’une première oreille. Le cuarto, un negro de belle allure mais aux forces limitées, permit au Nîmois d’exceller sur divers passages sur les deux rives, le tout conclu par une entière synonyme de grande porte.

A noter que Rafi avait brindé à Morenito d’Arles, en covalescence après sa blessure infligée à Bayonne. Suerte Rachid !!!

 

Ismael Martín, qui s’était déjà distingué lors de la corrida d’alternative de Nino Julián en juin dernier à Istres, n’a pas failli à sa réputation de jeune maestro spectaculaire qui ne lâche rien. Certes tout ne fut pas parfait surtout avec  le second reçu par deux largas suivies de capoteo énergique jusqu’au centre. Le bicho brisa ensuite quelques planches sans passer dans le couloir puis à la muleta il baissa de cadence et les choses étaient en train d’un peu s’enliser jusqu’au moment où le Salmantino siffla le coup de sifflet final sous la forme d’un estoconazo sin puntilla qui à lui seul valait bien un trophée ! Avec le quinto, negro, le plus remarqué de l’envoi, Ismael annonça la couleur au capote en affichant un beau dynamisme, synonyme de ganas qui ne se démentiront pas par la suite. Banderilles ovationnées puis faena dans laquelle il y eut certes un peu de tout, mais à son issue, une autre entière constitua un point final couronné d’un double trophée.

 

Nino Julián attaqua sa partition avec un castaño oscuro plus baraqué qui connut ensuite quelques soucis moteurs, face auquel il se montra varié au capote avant d’être ovationné palitroques en mains et après avoir brindé au respectable, il se montra entreprenant jusqu’à placer une entière qui libéra une oreille. Avec l’ultime, negro, bonne réception capotera, pique poussée, applaudissements au second tercio, notamment sur une troisième paire au quiebro, puis trasteo bien débuté mais un brin déclinant en lien avec les conditions du bicho, avant conclusion par entière au troisième envoi, le tout l’autorisant à accompagner ses deux compañeros dans leur sortie a hombros…

Quant aux éleveurs, il faut considérer qu’il s’agissait d’une première en corrida formelle car il faut bien se lancer un jour. On sait combien le chemin a été long chez pas mal de ganaderos avant la consécration et il ne fallait pas s’attendre à ce que Gilles et Matthieu Vangelisti remportent du premier coup la Champion’s League ! Comme bien d’autres avant eux. Mais je suis certain que pour eux, cette course a été riche d’enseignements pour avancer pas à pas vers un produit encore plus complet. S’appuyer sur le bon – et il y en a eu – et modifier et perfectionner le reste… Suerte !!!