Le meilleur pour la fin…
Dimanche 6, troisième corrida de la féria de l’Atlantique. 2/3 d’arène. Six toros de Vellosino.
Morenito de Aranda : vuelta al ruedo après avis et vuelta al ruedo après avis et pétition minoritaire.
Daniel Luque : saluts et deux oreilles après avis.
Rafael Serna : silence après avis et une oreille avec pétition de la seconde.
Saluts des banderilleros Jesús Arruga et Juan Contreras au cinquième.
La feria de l’Atlantique se clôture sur une bonne note due essentiellement à la noblesse des deux derniers toros du Vellosino que mirent à profit Luque et Serna. Le lot, par ailleurs bien présenté quoique disparate, avait jusque-là donné un jeu décevant : manquait le piment nécessaire à l’émotion. Peu d’allant à la pique, sauf les deux derniers et une noblesse sotte qui faisait de ces cornus des compagnons bobos plutôt que de solides adversaires. Les deux derniers avaient pour eux de la transmission et une noblesse vibrante qui remonta la moyenne du jour.
Morenito de Aranda est un chouchou aquitain pour son courage et sa capacité à se sortir des compromis difficiles. Il était là dans un contexte nouveau face à des commodités qui somme toute ne lui conviennent pas. Il eut de bons moments à la cape surtout face au premier qui cherchait l’échappatoire, mais qu’il sut retenir au centre de la piste. Mais la faena ne décolla pas vraiment et il eut du mal à l’épée. Il tua le second d’une épée trop basse après un travail qui connut de bons moments à la muleta sans jamais passer la rampe. Les deux vueltas du Burgalés furent très fêtées. A noter son sens des responsabilités comme chef de lidia, son attention au bon déroulement du spectacle.
Daniel Luque est lui la véritable idole de l’aficion régionale et il ne pouvait laisser passer le rendez-vous bayonnais sans un succès confortant son statut iconique. Après un premier passage anodin, le torero de Gerena, trouvant l’opposant à son goût, sortit le grand jeu face au cinquième bicho. Il construisit une faena cohérente, débutant en citant de loin puis en raccourcissant les distances pour terminer par cercanías, un terrain où il excelle. Une luquesina «de postín» conclut l’affaire. Une entière desprendida et deux oreilles libérèrent la passion de Lachepaillet.
Le jeune Rafael Serna, terne lors de son premier passage mal conclu à l’acier, se libéra et fit belle impression face à l’ultime Vellosino, le meilleur élément de la tarde. Un «malabar» qui alla au cheval avec allant et qui par la suite brilla dans ses charges émouvantes et répétées. Emilio le conduisit avec élégance et sobriété à la cape d’abord puis avec la muleta. Il y eut de belles séries de la gauche templées qui avaient du rythme et qui obligèrent l’adversaire à humilier, « faisant l’avion » par moments. Le sévillan tua d’une entière d’effet rapide mais basse. Il obtint une oreille qui pour certain en valait deux s’il n’y avait eu cette conclusion tendancieuse à l’estoc.
Tout est bien qui finit bien, en tout cas, la corrida terminant a más ; la fin relevant le début, elle permit aux aficionados venus en nombre de sortir avec le sourire. N’est-ce pas l’essentiel ?
Pierre Vidal – Photos Bertrand Caritey



