Tarde goyesque triomphale pour Roca Rey et Marco Pérez…

 

Beau temps, arènes quasiment pleines, Marseillaise en fin de paseo. Toros de Jandilla, le 2 de Vegahermosa, même maison, et le 4 bis de Román Sorando.

Un ensemble donnant du jeu la plupart, la palme allant aux 3 et 5 qui ont eu les honneurs de la vuelta posthume.  

 

Juan Ortega : oreille et silence.

Andrés Roca Rey : oreille et deux oreilles et la queue.

Marco Pérez : deux oreilles et saluts.

 

Avec un décorum signé Arsène Welkin qui a reçu un bon accueil, cette corrida goyesque s’est soldée par le triomphe de deux diestros qui sont repartis a hombros pour avoir su exploiter de la meilleure façon les qualités de leurs opposants. Juan Ortega aurait pu les accompagner, mais pour cela, il aurait fallu qu’il tombe sur tout autre chose que sur un sobrero de Sorando qui le laissa sans option.

 

Mais avec son premier, celui qui ouvrit la séance, Ortega offrit un authentique récital au capote, y compris sur deux quites aux piques, avant de produire un bel effort à la muleta, s’entendant avec un toro compliqué qui laissa une oreille dans l’histoire.

 

Andrés Roca Rey, très en verve par les temps qui courent, a obtenu un premier trophée avec le Vegahermosa qui lui permit d’instrumenter une faena très méritoire conclue par une belle épée.

Plus tard, le quinto, « Vicioso », s’employa au cheval puis dans une muleta dominatrice jusqu’à un effroyable tampon qui bien que marqué, n’empêcha pas le Péruvien de poursuivre « en figura », mettant le cirque en ébullition, avant estoconazo. Vuelta au toro, celle d’Andrés n’étant pas moins acclamée.

Marco Pérez n’a pas voulu être en reste, bien sûr, et à une semaine de son encerrona nîmoise, il s’est attaché à séduire lui aussi le conclave, notamment avec son premier, « Blavío » qui eut lui aussi les honneurs de la vuelta.

Reçu par rodillazos, le Jandilla prit deux rations en s’employant puis à la muleta, il étala des qualités propices au bon toreo, ce dont profita Marco pour servir un faenón ravissant l’assistance avant une estocade d’école. Plus tard, il pincha sa faena à trois reprises, perdant ainsi des trophées que son labeur avait pu lui laisser entrevoir.

En définitive, une goyesque bien dans le « corte », avec outre les toreros, mention à tous les protagonistes, décors, musique, soliste et chœurs compris. Un concept qui a aussi sa place sur l’échiquier taurin… et comme on dit « manaña     será otro día ». Vive la diversité !

Photos : Daniel Chicot.