L’Olympe aux abonnés absents…
Samedi 12, première de la féria « Toros y Salsa ». 2/3 d’arène.
Six toros de Robert Margé.
Román : silence et silence après avis
Clemente : silence et silence après avis
Samuel Navalón : silence après avis et silence après avis.
Ils s’appelaient « Agamemnon », « Achille », « Pâris », « Hector », « Ulysse » et « Enée », mais des dieux de l’Olympe ils n’avaient que le patronyme : les Margé baptisés de ces noms ambitieux avaient de l’allure à leur sortie, armés jusqu’aux dents, lourds et bien proportionnés, mais un moral décevant. Aucun ne brilla réellement sous le fer et si « Agamemnon » (1er) et « Ulysse » (5ème) se montrèrent nobles, ils furent aussi discrets et sans panache. Chez les aures, la mansenumbre dominait, le dernier « Enée » cherchant à sauter la barrière en évitant le combat par tous les moyens.
Difficile donc de briller dans un tel contexte. Román ouvrit les débats avec une certaine réussite à la muleta. Le franco-espagnol pratique on le sait un toreo classique, engagé aussi dont il ne sortit pas de la tarde. Même si son mérite, son aplomb, son aguante et sa sobriété furent appréciées, aucun de ses travaux ne décolla réellement et il laissa le conclave assez indifférent ; surtout, il tua mal ses deux adversaires, ce qui mit fin à toute velléité de succès.
Une nouvelle fois Clemente était employé à contre-style : face à une ganadería des plus sérieuses du moment pour un torero aux aspirations artistiques. Il montra qu’il possédait ces qualités harmonieuses surtout lors de son second passage face à « Ulysse », le seul de la fratrie Margé apte à collaborer -un peu trop naïvement pour le coup. Beaucoup de classe dans sa muleta, du temple aussi dans de bonnes séries bien terminées par de splendides remates. Hélas ! le Bordelais tua ses deux adversaires avec difficulté et repartit dans l’indifférence. Avec plus de réussite à l’épée, cela méritait mieux.
Enfin Samuel Navalón, une des étoiles de la génération montante, ne confirma pas la réputation flatteuse qui le précédait. Il est vrai qu’il toucha le mauvais lot, le premier sur la défensive, le second cherchant à fuir par tous les moyens et faisant trembler le callejón en faisant mine de s’y jeter. Le Valencien face à cette opposition sans issue fit « comme si » et brinda au public son premier Margé sans qu’il ait d’options réelles : on avait pu le voir lors des deux premiers tiers. Fatalement, même si on put y croire quelques instants, la faena tourna court. Il poursuivit le dernier fuyard invétéré, mais « Enée » ne voulait rien entendre et il cherchait les planches plutôt que l’étoffe. Rien de sérieux par conséquent ne pouvait être construit. Dans les deux cas il tua mal, comme ses deux camarades.
Bref les dieux de l’Olympe étaient aux abonnés absents et les piétons qui les défiaient n’étaient pas non plus dans leur meilleur jour…
Pierre Vidal – Photos : Bertrand Caritey
(NDLR : toujours plus moyen de possibilité de présenter la page sur facebook-Meta…)



