Le duel impacte…

 

Dimanche 13, seconde corrida de la féria « Toros y Salsa », plus de ¾ de plaza.

 

6 toros de « El Torero ».

 

Miguel 2Ángel Perera : pitos après avis, ovation et saluts et une oreille.

Daniel Luque : deux oreilles, palmas après avis et silence.

Sobresalente : Miguel Ángel Sanchez.

 

Saluts des banderilleros Antonio Manuel Punta au second, Juan Contreras et Jesús Arruga au quatrième et Mathieu Guillon au sixième.

Final réussi pour la temporada dacquoise au cours d’une soirée prenante où les toros ont permis aux deux Maestros motivés de se livrer véritablement. On a donc pu voir deux fortes personnalités aux styles opposés et si Luque a pris le dessus, Perera lui a donné mieux qu’une réplique. C’est ainsi que les « mano a mano » ont de l’intérêt : quand ils provoquent une concurrence amicale (Perera brinda son premier opposant à Luque), mais réelle en piste.

 

La corrida d’El Torero était sérieusement présentée et surtout armée pointue. Dans l’ensemble elle alla au cheval sans se faire prier, la prime revenant au sixième auteur d’un batacazo spectaculaire, blessant le cheval de deux cornadas ; le cinquième, un burraco partit de loin et se livra sous le peto sans retenue. Ce dernier fut le toro le plus complet car il servit par la suite sous la muleta ; spectaculaire aussi par sa noblesse le second. Ensemble varié donc, encasté qui manqua de force parfois.

 

Le duel Perera/Luque fut serré et donna du piment à une tarde suivie avec passion. Perera banal face à son premier, le moins tonique du lot, se cassa les dents face à l’opposant suivant, un bon toro qui dura trop peu. Le début de faena souleva les espoirs mais l’animal s’éteignant rapidement, le toreo viril de l’Extremeño s’employa vainement.

 

Perera montra l’étendue de ses capacités face au magnifique burraco, sorti en cinquième, plus solide. Bien à la cape par véroniques cadencées, il construisit un trasteo très engagé et solide basé sur le toreo classique sans fantaisie ni démagogie. Le public s’enthousiasma pour cette faena rigoureuse et dominatrice. Il tua d’une entière desprendida ce qui lui barra la route pour une sortie en triomphe.

 

Le triomphe fut donc une fois de plus pour Daniel Luque. C’est face au noble deuxième qu’il emballa l’affaire avec son habileté habituelle. Faena très complète, vistosa, qui se termine par cercanías, menée avec temple, variée et agrémentée de détails fleuris qui firent monter la température du respectable unanime face à tant d’aisance. Il y a une véritable communion entre le public dacquois et lui, elle ne date pas d’hier mais elle dure et elle évoque cette présence du grand Enrique Ponce qui à Dax se sentait comme chez lui. Une entière desprendida n’empêcha pas le palco de lui accorder une double récompense.

 

Le torero de Gerena eut aussi beaucoup de mérites face au dernier, toro âpre, incertain et violent devant lequel, renonçant à la facilité, il s’engagea loyalement et qu’il sut dompter en définitive. Quatre pinchazos mirent fin à toute espoir de récompense ; dommage car on a vu face à ce « mal intentionné » que Daniel avait des qualités de guerrier véritable, imposant sa loi aux plus rétifs. 

Voilà donc une soirée qui aura « impacté » (comme on dit aujourd’hui) le public. La qualité du bétail de Lola Domecq y est pour beaucoup, mais aussi la détermination des espadas du jour, tous les deux dans un grand moment…

Pierre Vidal   – Photos : Bertrand Caritey