Quatrième du nom, ce traditionnel rendez-vous du 4 octobre a connu un grand succès…

 

Nous retrouvons Florian à Cacharel. Il nous accompagnera un bout de temps sur ce chemin 2026. Nous attendons en lisière de la Draille que la caravane passe pour emboiter le pas. Le gros de la troupe est parti du Bouau d’Aubanel, point de ralliement.

L’humeur badine de mon cheval Miguel mettra un peu d’animation, malgré ses 20 printemps. Il est toujours très content de retrouver ses congénères et il le manifeste. La souplesse du rein de votre serviteur est mise à l’épreuve : « No pasa nada »… Rires complices…

 

C’est le moment des retrouvailles ; Paco Ortiz que l’on ne présente plus ; José María Sánchez Cobo, écuyer de l’Ecole Royale Andalouse d’Art Équestre de Jerez ; Manuel Acosta, professeur de psychologie ex-catedra de l’Université de Huelva. Tous les trois venus pour apporter au camino cette saveur andalouse.

La Camargue est belle en ce début d’automne. Certains la trouverons triste sans doute, pâle, grise… n’en croyez rien, elle se prépare à affronter l’hiver. Elle demeure magique, secrète, étrange, mystérieuse surtout lorsqu’elle s’éveille !

 

Ciel, terre et eau stagnante se fondent et se confondent à offrir un précieux tableau pastel que l’on aimerait savoir coucher sur la toile.

La majesté de l’attelage des frisons de Christian Dubois ouvre la marche. Une voiture de campo où ont pris place Michèle et Virginia Ricard y accueillant quelques proches amitiés.

 

Chemin faisant quelques brins de saladelle saluent timidement notre passage. L’ambiance est à la bonne humeur. Une centaine de personnes restent fidèles à ce rendez-vous d’octobre parmi lesquelles on aperçoit à cheval Patricia Pellen, Gérald ayant préféré le confort de la traction animale.

Les sombreros côtoient les peaux de taupe, les petits crin-blanc se mélangent aux PRE, lusitaniens et autres cruzados….

Chevauchant par 2, par 3, par 4, les échanges et autres bavardages vont bon train.

Lors des arrêts, l’animation est à son comble grâce au talent du chanteur Antoine et de son groupe Los Chiquitans, ses guitaristes et ses bailadores. Ils ne craignent pas la boue. C’est avec professionnalisme qu’ils animent ce pèlerinage de Méjanes dont nous fêtons la 4ème édition ainsi que l’anniversaire de Michèle Ricard.

La caravane se remet en route, vers la terre promise… Un héron cendré, emmanché d’un long cou, allait je ne sais où… chercher de son long bec, au plus profond de la vase, quelques pitances ou vermisseaux.

Chacun sort son portable, les photos immortalisent ces instants, cette nature sublime, pour se souvenir.

Un précieux attelage que cette paire de poneys Welsch mené par Michel Baillet avec qui nous avons partagé le Palco du Rejoneo lors de la dernière Pentecôte nîmoise sous la présidence de Marion Mazauric dont nous saluons la présence aujourd’hui.

 

Des meneurs venus de la Drôme, nous confieront leur émerveillement lors de la halte au Mazet. Entre Genève et Madrid, François-Xavier se ressource loin de son quotidien. Chevauchant côte à côte, nous savourons ce moment de partage.

Du plus talentueux écuyer, tel José María Sánchez Cobos, au plus simple des cavaliers amateur, chacun savoure ce chemin sans prétention et y trouve son bonheur loin de toute agitation.

Une petite faim, une soif est étanchée de temps à autres par des tapas et autre libation, offerts par la maîtresse de maison qui n’hésite pas à marcher dans le limon un plateau à la main.

La météo est on ne peut plus clémente, malgré nos craintes passagères. Le pas des chevaux cadence notre avancée… En cours de route, nous rencontrons quelques touristes. Ils nous croisent, nous doublent en pédalant…

Leurs couleurs voyantes troublent un instant l’image d’Epinal. Au loin, quelques tâches noires aux cornes argentées se détachent des verts pâturages. Ils ne semblent pas gênés par notre présence. Quelque peu surpris sans doute, têtes hautes, ils nous observent…

La dernière halte, la plus longue peut-être, se fera au Mazet du Vaccarès. Le Ricard est généreusement offert. Pied-à-terre à dégourdir nos jambes et soulager nos montures qui trouvent un point d’attache à un noueux tamaris.

Les cordes des guitares se remettent à claquer : Chant, danse, sevillane, Flamenco animent la terrasse. Le Vaccarès s’étend tranquille et lèche presque nos pieds. Il est témoin de nos agitations. Les rires fusent. Les palmitas accompagnent les artistes….

Il est déjà temps du boute-selle. Certains cherchent un avantage pour mettre le pied à l’étrier. Nous voilà en route pour la dernière étape. Nos chevaux sentent-ils l’écurie ?

Arrivée triomphale dans la cour du Mas où nous attend le père Brice de Mas-Thibert devant la croix pour la traditionnelle bénédiction. Salve María et Paco est invité à montrer sa belle voix. Don Emmanuel nous rejoindra plus tard pour partager le repas dominical. Reprise en chœur et dernier pied-à-terre, soins aux chevaux avant de mettre les pieds sous la table…

Nous partageons une délicieuse gardianne, dans une ambiance festive, chantante et dansante. Il ne fut pas nécessaire d’allumer la cheminée, la chaleur était dans tous les cœurs, unis par la même passion, pour nos traditions, pour cette belle Camargue, pour Méjanes.

 

Un grand merci à Mme Michèle Ricard, à tous les acteurs et toute l’équipe autour de Véronique, qui ont permis de savourer ces précieux instants qui peupleront nos rêves, nos souvenirs…

A l’an que ven pour la cinquième édition…

Freddy Porte

Photos : Domaine de Méjanes et Martine Clément.