La démesure d’Antoine…

 

A son second j’ai cru qu’il devenait fou.

Et à son troisième il le devint.

 

Il n’était plus.

Là où il était.

 

A la fois très loin.

Et tout près.

 

Et tout près.

Et très loin à la fois.

 

Le corps.

Présent.

 

L’esprit.

Ailleurs.

 

 Peut-être.

A l’asile de Rodez avec Artaud.

 

Peut-être.

Prisonnier de ses rêves torturés avec Nerval.

 

Peut-être.

Sur le parapet d’un pont.

 

Dénué de principes.

Il exposait.

 

Impie à la règle.

Il incendiait.

 

Écorché vif.

Il bouleversait.

 

Il ne donnait pas des passes.

Mais les arrachait.

 

Plus que toréer.

Il exultait.

 

Sa gesticulation.

Devenait ballet.

 

Son entrega.

Cantique.

 

Son outrance.

Poème.

 

Comme

Les lèvres noires contrastant avec le visage maquillé de blanc de Klaus Nomi.

 

Comme Bukowski.

A «Apostrophes».

 

Comme La Niña de los Peines.

« Qui se déchirait la voix car elle savait que l’écoutaient des gens raffinés qui ne demandaient pas des apparences mais la moelle des apparences ».

 

Son toreo réinventait.

Le plaisir de la souffrance.

 

Le pathétique.

Du va-tout.

 

La grandeur.

Du déchirement.

 

Et en la hurlant.

Sa certitude remplaçait le doute.

 

Le ruedo de Las Ventas.

Devenait la nef d’un fou.

 

Ses pieds.

Tiraient un bras d’honneur à la lune des convenances.

 

Ses bras.

Insultaient les étoiles des bonnes manières.

 

Et sa bouche.

Criait avec les deux mille fusillés du 14 août 1936 à Badajoz.

 

Et même si.

Faustino Herranz «El Rosco», le pharisien du 7, a voué sa prestation aux gémonies.

 

Sacrilège.

Et saint réunis.

 

Antoine alla encore plus loin.

Dans la démesure.

 

Et me fit.

Halluciner de plaisir barbare.

 

Lorsque.

En un rite presque vaudou.

 

Il tua les deux.

En les empalant…

 

Datos

 

11/10/2026.

Plaza de toros de Las Ventas

 

Corrida de toros. Mano a mano. Penúltimo festejo de la Feria de Otoño 2026.

 

Lleno de ‘No hay billetes’.

 

Toros de Adolfo Martín. Corrida bien presentada, aunque desigual de hechuras y de cuerpo, que dio emoción e interés a todo el conjunto de la tarde por su dureza. Destacaron la casta del quinto y el importante sexto, un toro muy completo que tuvo humillación, clase, transmisión, recorrido y fondo en sus embestidas.

 

ANTONIO FERRERA, silencio, oreja tras aviso y oreja con petición de la segunda

 

ROMÁN,vuelta al ruedo, oreja y oreja tras aviso.

 

Incidencias: Al finalizar el paseíllo, Antonio Ferrera y Román saludaron una ovación en el tercio. Iván García y Pascual Mellinas se desmonteraron tras parear al primero. Hizo lo propio Ángel Otero en el quinto…

Patrice Quiot