Lundi 17 Juin 2019
Nîmes, Vic, Madrid…
Lundi, 28 Mai 2012

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Pour la clôture, sortie a hombros d’Enrique Ponce et Daniel Luque par la Porte des Cuadrillas… ainsi que de Mendoza, Caratagena, Moura fils, l’éleveur et le mayoral, le matin, par celle des Consuls…

Pour cette dernière journée de la feria nîmoise, le soleil avait fait sa réapparition dès le matin et l’arène était bondée - plus de billets -, au point que la corrida a été retardée d’un quart d’heure pour que tout le monde puisse rejoindre sa place.

Les toros de Los Espartales ont eu des comportements divers, deux d’entre eux passant dans le callejón, mais la plupart ont donné du jeu, le quatrième et le cinquième étant honorés de la vuelta posthume. A l’issue de la course, l’éleveur et le mayoral sont sortis a hombros avec les trois centaures.

Pablo Hermoso de Mendoza - deux oreilles et le rabo à chaque toro - a fait le plein au terme de deux prestations réussies. Avec le premier, qui sauta dans le callejón et qui manifesta sa tentation pour y retourner, Mendoza ne dut qu’à son bagage technique, sa maîtrise des terrains et son poder de finir par dominer un adversaire distrait et passablement compliqué. Avec Chenel puis Icaro, grand numéro aux banderilles, le tout se terminant par un rejón en place.

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Avec le quatrième, autre grande démonstration, le maestro d’Estella faisant rugir les gradins sur des poses spectaculaires et ajustées au cours d’un deuxième trasteo à nouveau rematé avec réussite.

Andy Cartagena - deux oreilles et deux oreilles et le rabo -  a brillé devant le second, posant avec aisance et détermination farpas et banderilles sous les vivats.

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Une prestation enlevée qui allait se renouveler avec le cinquième, un bon adversaire qui lui permit de passages spectaculaires, notamment avec un petit cheval noir, Pericalvo, aussi souple qu’une anguille… Nouveau succès avec le rejón.

Joao Moura fils eut le mérite de s’arrimer face à un troisième compliqué qui sauta dans le callejón et avec lequel il dut faire un bel effort pour le réduire.

jm28wAvec l’ultime, Moura sortit le grand jeu, accumulant les poses réussies, notamment avec une monture à la robe particulière (photo), que je ne saurais bien vous décrire…

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Au terme de cette pluie de récompenses, parfois un tantinet excessives, mais il faut dire que le public, aux anges, poussa le palco à ne pas se montrer chiche, la sortie a hombros de tous les protagonistes a été unanimement fêtée…

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L’après-midi, pour la clôture, devant environ 4/5èmes d’arènes, les toros de Juan Pedro Domecq (les 1 et 6 de Parladé, même maison), ont donné dans l’ensemble un jeu intéressant, mais un poil de forces supplémentaire n’aurait pas été le plus souvent du luxe. Nobles, certes, mais avec des jarrets ayant parfois du mal à tenir la distance.

Enrique Ponce - saluts et deux oreilles – a reçu une belle ovation à l’issue du paseo, qu’il a tenu à faire partager à ses compagnons de cartel. Son premier prit deux piques avant un bon quite de Talavante par véroniques, puis sa faena connut une belle entame, juste contrariée par le manque de forces de son opposant. Suite par derechazos templés, naturelles sur le même ton, adornos de bon goût et entière tombée d’effet immédiat. Pétition non relevée par le palco.

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Avec le quatrième, on a vu un Ponce des grands jours. Alors que ça s’agitait dans le callejón, la virtuosité du maestro de Chiva contribua à calmer les esprits, tant la démonstration fut stupéfiante de justesse et d’empaque. Un authentique récital, toujours donné avec le souci du geste juste, sans excès de fioritures, mais avec une plastique remarquable, le tout ponctué d’une estocade entière qui fit logiquement tomber deux mouchoirs. A mon avis, le grand moment de cette tarde…

Alejandro Talavante, qui n’a pas été le mieux servi, s’est montré ce jour bien peu inspiré. Cuidé sous le fer à deux reprises, son premier ne fit pas longtemps illusion, sa faiblesse privant d’émotion tout échange, incitant finalement l’Extremeño à ne pas insister plus que de mesure. Demie et descabello.

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Face au quinto, bien accueilli par véroniques, il crut bon de brinder à l’assistance une faena qui ne démarra vraiment jamais. Après quelques esquisses sans grand succès, Talavante ne fit pas traîner les choses.

Daniel Luque - oreille et oreille - reçut son premier juanpedro  par capotazos allurés donnés pieds joints. Après une première pique poussée et une seconde plus précautionneuse, il brinda au conclave une faena donnée avec l’arrivée de quelques gouttes, qui comme son adversaire, ne firent pas long feu. Mais le maestro de Gerena ne l’entendit pas de cette oreille et se lança dans des séries bien tracées, dans un toreo vertical et relâché qui aurait eu plus d’impact face à un toro à la charge plus vive. Entière et oreille sujette à polémique, des invectives envers le palco et Simon Casas virant à l’altercation à distance…

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Avec le dernier toro de cette feria, Luque allait briller au capote, débutant à genoux puis se montrant magistral par véroniques et surtout plusieurs remates de grande musique… Entame suave, suite variée et surtout, séquence maison une fois l’épée jetée sur le sable pour un toreo naturel enchaîné sur les deux rives qui a rehaussé sa prestation. Entière et oreille avec pétition de l’autre, non suivie d’effet.

VIC

Lundi de Pentecôte. Quatrième de féria. Plus de 3/4 d'entrée. Cinq toros de Flor de Jara, et un sobrero de El Risco en cinquième. Tour de piste au cinquième.

Antonio Barrera, qui remplaçait Ivan Fandiño, en bleu et or: vuelta et ovation.
Juan Bautista, en gris et or: oreille et ovation.
David Mora, en rose et or: ovation et palmas après avis.

Belle entrée pour ce final vicois où Antonio Barrera avait gagné le remplacement d'Ivan Fandiño en coupant une oreille la veille. La corrida de Flor de Jara forte, charpentée et bien armée, n'a pas eu l'éclat que l'on pouvait en attendre. L'ensemble fut plus maniable que spectaculaire et manqua de piment. On fera une exception notable pour le cinquième toro qui prit trois piques en partant de loin et avec de la classe pour poursuivre avec suffisamment de jus sous la muleta de Juan Bautista. Le président lui octroya une vuelta al ruedo fêtée.

Comme la veille, Antonio Barrera ne fit pas mystère de ses intentions offensives en attaquant la faena aux planches par deux largas spectaculaires. Il se fit prendre à deux reprises et donna au public des sueurs froides. Ce style vibrant et courageux, bien que souvent hors des canons de la tauromachie, plut au public vicois qui lui fit fête à deux reprises malgré ses épées approximatives. Antonio qui n'est plus un jeune premier a montré l'exemple par ses ganas et il a gagné le cœur du public gersois qui aime les rencontres "viriles mais correctes". On le vit cependant un poil moins bien que la veille et il ne coupa pas cette fois de trophée malgré une pétition forte au premier toro.

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Juan Bautista, qui a une prédilection pour la plaza vicoise, aura été à la hauteur de cette réputation de grand professionnel qui le précède désormais. C'est surtout à son premier passage qu'il montra la mesure de sa technique, dans de belles séries bien étirées dans le tempo de l'opposant qui avait de la classe. De beaux changements de main, des remates spectaculaires, une demi-lame suffisante et l'arlésien coupa sans discussion la seconde oreille de la feria. Il s'accorda moins bien avec le suivant, sa faena connut aussi de bons moments et il fut ovationné.

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David Mora, que Vic révéla au grand public, déçut par sa discrétion et son manque de volonté. Il ne se jette plus comme un mort de faim sur ce type d'opportunité. Il privilégie désormais sa classe naturelle, son sens de l'esthétique. Ce n'est pas ce que l'on attend dans ce style d'arène. C'est désormais un rituel vicois: bronca pour le maire qui a trouvé quelques supporters nouveaux.

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BILAN

S'il faut faire le bilan de cette fête de Vic-Fezensac si emblématique d'une certaine conception de la tauromachie et de la Gascogne, nous dirons que, au contraire de ce qu'attendaient de nombreux sceptiques, il est plutôt positif, bien que contrasté. Le reportage diffusé hier soir sur Antenne 2 rend compte de manière partiale de la réalité de la fiesta qui, malgré les embûches, reste un spectacle suivi par un large public. Le nouvel angle d'attaque c'est: la corrida n'intéresse plus personne et n'attire pas les jeunes. A Vic comme à Nîmes, au regard de ce qui s'est passé, on voit qu'il s'agit d'approximations, pour ne pas parler de contre-vérités...

1- La "féria du toro" a connu des hauts et des bas avec par exemple une bonne corrida concours et une intéressante corrida de la Cruz qui a fait de la journée de dimanche une vraie réussite, bien dans le style vicois. Par contre, la présentation de la corrida de samedi, d’Escolar Gil, a déçu, bien que le quatrième toro ait donné un jeu intéressant. Bien lundi le deuxième Flor de Jara qui a fait une vuelta posthume, un honneur qu'aurait pu partager, la veille, le cinquième toro de La Cruz.

2- Les hommes: Antonio Barrera aura fait un effort méritoire et, même si ses manières ne sont pas des plus orthodoxes, sa volonté et son entrega méritent le respect. Il n'est pas tout jeune et il semble vouloir tout croquer... Juan Bautista a été au niveau de ce que l'on attendait : grand professionnel. Il a rempli son contrat. Il aime ces arènes gersoises, elles le lui rendent. Julien Lescarret, s'il n'avait pas opté pour un recibir hasardeux, aurait pu couper la troisième oreille de la féria. Dommage ! El Fundi, Joselillo et Morenito se sont justifiés sans forcer leur talent. Calamiteux Iván García qui a touché pourtant un bon toro et catastrophique Raúl Velasco qui tenait-là une belle opportunité.

3 La Feria: Ce fut l'objet de toutes les discussions. Fallait-il la supprimer comme l'a fait le maire qui a entendu de belles broncas à chaque corrida ? Les commerçants étaient en berne. Le parking était vide - pour une fois qu'il y en avait un - et il n'y eut ni embouteillages, ni débordements. Forcément, tout était fermé à deux heures du matin et sans doute le public put se diviser par dix... Il y eut un embryon de féria autour des arènes et les copains se sont retrouvés. La fréquentation des corridas à la baisse (légère) a pâti de cette suppression car, qu'on le veuille ou non, sur les 30.000 festayres, ils étaient quelques-uns à s'asseoir dans les gradins, ne serait-ce qu'une fois. 2% de 30.000, cela fait 600 places, on n'est pas loin de ce qui manquait... L'absence de féria a été préjudiciable à la fréquentation des courses, même si le confort des aficionados et des habitants a été amélioré. Mais avance-t-on comme cela ? Le tout ou rien n'est jamais une solution raisonnable et il est souhaitable que, dans l'avenir, il y ait une évolution pour que ne disparaissent pas ces fêtes, grande et belle tradition gasconne.

Pierre Vidal (http://www.corridasi.com/news/news.php)

(Photos : Jean-Michel Lamy - http://www.corridapassion.fr/)

MADRID

Face à un lot desigual de Guadaira, Gómez del Pilar a coupé la seule oreille de la tarde au cinquième après avoir salué à son premier.

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Damián Castaño : silence aux deux et Alberto Durán : applaudissements et silence.

(Photo : Juan Pelegrín – Las Ventas)

 

Paul Hermé

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