Lundi 17 Juin 2019
Ganadería Casanueva
Mardi, 08 Novembre 2016

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Des installations conséquentes complétées par une placita de luxe pour le dixième anniversaire…

Dans leur élevage landais de Montsoué, José et Guillaume Bats avaient convié samedi dernier tous leurs amis qui d’une manière ou d’une autre leur avaient donné un coup de mains pour ériger leur somptueuse placita de tienta.

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Une étape supplémentaire dans des installations qui à présent sont exemplaires et qui vont permettre aux deux ganaderos de travailler dans d’excellentes conditions à l’intérieur de leur finca étendue sur deux vallons contigus, seulement délimités par une rivière. Ayant mis la main à la pâte jusqu’au dernier moment, tout était fin prêt le jour J pour faire de cette rencontre une authentique fête relevée par la présence de l’invité d’honneur, le matador de toros Emilio de Justo à qui il n’a fallu que deux engagements, à Orthez puis Mont-de-Marsan pour la corrida de Victorino du 1er octobre, pour convaincre l’aficion du Sud-Ouest.

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Mais on le sait, en tauromachie, rien n’est écrit d’avance, et les aléas ne manquent pas, que ce soit dans une plaza ou tout simplement au campo. Et la météo, si clémente jusqu’ici, a basculé au mauvais moment, les averses de la veille et de la nuit rendant le ruedo impraticable. La mort dans l’âme, José et Guillaume Bats ont dû se résoudre à annuler la partie taurine qui comprenait notamment la lidia d’un novillo d’origine Rincón à charge d’Emilio, en vue d’en faire éventuellement un semental, ainsi que la tienta de plusieurs vaches, avec aussi la collaboration du matador basque Iván Abasolo.

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Ce sera donc partie remise, mais la suite de la journée se passant pour la réception à l’intérieur de la magnifique salle des fêtes de Montsoué, la déception a vite fait place à la convivialité et la bonne humeur autour de nos hôtes et du maire, Jean-Jacques Dehez, de plusieurs professionnels taurins, dont Olivier Baratchart, et de tous les « socios », avant tout amis, qui ont approuvé l’idée de se trouver dans la future peña pour à la fois promouvoir la ganadería et pérenniser cet esprit convivial qui y règne…

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Evidemment, je n’ai pas laissé passer l’occasion de converser avec les ganaderos, José, le père, s’occupant plus particulièrement de la gestion de l’élevage, son fils Guillaume étant plus directement impliqué par tout ce qui concerne le bétail…

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Monsieur le Maire et son épouse, invités d'honneur...

JOSÉ BATS

- Si l’on revient aux débuts, il y a dix ans, quelles ont été les étapes successives qui ont permis matériellement à la ganadería Casanueva de devenir ce qu’elle est aujourd’hui ?

- A l’origine, on n’avait que 2500 m² de pelouse, et les premières terres ont été achetées en 2006. On a démarré avec une vingtaine d’hectares sur lesquels on a mis nos premières vaches de Gallon, d’origine Sampedro. Il a fallu faire quelques enclos, les clôtures, ce qui nous a pris pas mal de week-ends, mais aussi les hangars pour stocker le foin, avec tout le matériel qui va avec, ainsi que les couloirs de contention.

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En 2010, on a bâti les corrales, ce qui a permis de travailler en hauteur, puis en 2012, on a construit nos maisons, juste à proximité des toros. Guillaume souhaitait voir les vaches et les toros à ses pieds depuis son salon, et c’est ce qu’il a maintenant ! Le vue est d’autant plus belle que l’on est en hauteur, il peut donc dominer toute la vallée constituée par nos terres. A ce propos, nous avons acheté la même année 20 hectares de plus, afin d’y installer les Torreón…

En 2015, on a réalisé un couloir de contention tout en dur de 25 m de long, équipé pour les soins et le marquage du bétail, et nous avons acheté aussi 15 hectares supplémentaires pour faire du foin, et cette année, nous venons de concrétiser notre projet le plus récent avec la construction de la placita de tienta.

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- Si tout ça ne s’est pas fait en un jour, on peut dire aussi que malgré votre implication personnelle avec Guillaume, ça ne suffit pas et toutes les aides extérieures ont été les bienvenues, non ?

- Evidemment, et c’est le sens de cette journée où nous avons tenu à remercier toutes ces personnes qui ont contribué à faire de notre élevage ce qu’il est devenu. On a tout fait par nous-mêmes avec leur aide, que ce soit la maçonnerie, le travail du métal, et à part la pelle mécanique et deux ou trois autres appareils, on n’a pas eu besoin d’autre chose. En outre, je précise que toute la planification et la conception  du projet ont été réalisées par nous-mêmes. Nous avons donc été architecte, maître d’œuvre, et ce n’est pas fini, car si les arènes sont faites, d’autres projets arrivent pour aider la ganadería et pour cela, il faudra encore un peu d’huile de coude pour peaufiner et mettre en place les structures d’accueil répondant aux normes actuelles : parking, salle, cuisine, sanitaires…

- On sait qu’une ganadería coûte pas mal d’argent, les toros mangent tous les jours et la rentabilité doit être pensée en élargissant le potentiel d’activités, non ?

- Bien entendu, et je dois dire que dans la gamme d’activités annexes, nos poules pondeuses bio nous ont permis au départ, avec le bénéfice retiré, d’aider à financer nos réalisations. Si nous ne les avions pas eues, il nous aurait été très difficile de parvenir à notre but.

Nous allons à présent arrêter pour nous tourner vers d’autres débouchés liés à la ganadería que nous ne pouvions pas envisager sans la réalisation de notre arène et la future salle. Nous comptons donc dès le printemps prochain être opérationnels pour démarrer notre programme de visites, fiestas camperas, réceptions, bref, toutes les activités liés à l’élevage du toro, mais aussi aux festivités qui ne sont jamais très loin. Il y aura donc une unité de lieu avec des installations modernes, ce qui va nous permettre de mener de front nos activités de ganaderos.

La salle pourra contenir jusqu’à 150/200 personnes, avec toutes les commodités, et bien sûr, les normes de sécurité. On a tout agrandi sur les côtés pour le passage et le stationnement des véhicules, bus compris, afin de faciliter l’accès au maximum. La réalisation de cette dernière tranche va être évidemment notre nouveau challenge !

- Pour revenir à la réalisation de la placita de tientas, peux-tu nous en dire un peu plus sur la conception et le côté matériel de la réalisation ?

-  Je me suis rendu chez plusieurs ganaderos pour me faire une idée, mais j’ai réalisé ensuite le plan selon ma propre conception et inspiration, ne voulant pas faire une copie, mais un modèle original ! Le diamètre fait 32 m et il a fallu 4000 parpaings, en tenant compte des corrales attenants aux arènes,  mais encore 1000 sacs de ciment, 450 sacs d’enduit en deux couleurs, 250 tonnes de cailloux pour le drainage et la stabilité, et 150 tonnes de sable qu’on a amené sur place. Des chiffres qui en disent long sur l’importance du travail à réaliser, non ?

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- Lors des tentaderos ou fiestas camperas, comment le public sera accueilli aux arènes ?

- Nous allons aménager tout le pourtour où le public pourra s’installer debout pour suivre les opérations, en pouvant s’accouder au rebord de l’enceinte, l’édification de gradins posant trop de problèmes, à commencer par rapport aux assurances. Dans la structure réservée aux corrales, nous avons prévu un petit palco abrité afin de pouvoir s’isoler un peu et prendre des notes. Quant à la piste, elle a été conçue pour pouvoir aller jusqu’à lidier un toro.

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- Tout a donc été prévu pour un éventail d’activités liées au toro…

- Oui, mais pas que ! Par exemple, nous avons envisagé d’y organiser aussi quelques activités sportives, des soirées à thèmes, avec bien entendu la possibilité aussi de louer la salle pour des fêtes privées ou familiales… Tout cela, évidemment, pour faire vivre l’élevage à côté…

- Pour cela, il faut encore être très entouré, non ?

- Oui, mais on ne va pas tout faire nous-mêmes. Comme pour la réception d’aujourd’hui, nous allons fonctionner avec un jeune traiteur montois qui a déjà fait ses preuves par son sérieux et la qualité de ses prestations.

- Avec ton fils qui s’occupe du bétail et toi de la gestion des différentes activités de l’élevage, ta retraite me semble bien occupée !

- Oui, mais après, on va faire rouler les choses dans le domaine des activités, ce sera déjà beaucoup comme ça, car l’âge commençant à arriver, il faut savoir aussi se ménager un peu !

-  Il ne te restera  plus qu’à prendre les réservations !

- Alors là, on ne se fait pas trop de souci, car figure-toi qu’avant que l’on ait fini de construire la structure, les demandes arrivent déjà ! En fait, ça fait deux ans qu’on nous le demande ! Jusqu’à maintenant, on faisait les repas à la maison, j’avais prolongé la terrasse, mais ce n’était pas l’idéal. Là, on va bientôt avoir un outil de travail au top… Et il ne se passe pas une semaine sans que des personnes me demandent quand est-ce qu’on sera prêts ! Donc si l’exploitation d’un élevage peut causer quelques soucis, ce ne sera pas le cas pour ce qui concerne les animations…

- Je suppose que tu as prévu quelque chose à la fois de fonctionnel et de personnalisé…

- Oui, justement, je suis en train de réfléchir car je voudrais réaliser un intérieur assez chaud, dans le sens de chaleureux, contrairement à la plupart de ces salles bien conçues, certes, mais assez neutres dans leur aspect. Il y aura aussi un bar à proximité, et bien sûr des cuisines avec leurs dépendances.

- Je suppose que vous avez prévu aussi des visites de la ganadería…

- Oui, nous avons acheté une remorque fourragère aménagée avec des bordures et des sièges au milieu, avec laquelle on va emmener les visiteurs au milieu du campo où l’on servira une consommation en leur donnant toutes les explications sur l’élevage du toro bravo. C’est une activité que l’on mènera à la belle saison, disons du printemps à l’automne, d’autant plus que l’hiver, ce n’est guère praticable.

- Pour conclure, n’es-tu pas trop déçu de la tournure prise par cette journée, après que vous vous soyez donnés tant de peine ?

- On ne peut rien faire contre la météo, mais effectivement, on a travaillé jusqu’au dernier jour pour être fin prêts. Ça n’a pas pu se faire comme on l’avait prévu initialement, mais ce sont les aléas de la vie et il faut faire avec. Le novillo sera testé ultérieurement, certainement courant décembre, toujours avec Emilio de Justo, mais on voulait aussi tester la piste, les corrales, voir si tout était fonctionnel ou s’il y avait des corrections à apporter… Mais tout ça se fera en son temps !

- L’inauguration officielle aura donc lieu au printemps prochain…

- Oui, il y aura des personnalités et nos amis, mais ce sera ouvert au public, avec repas et spectacle, un peu comme une journée portes ouvertes !

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Rendez-vous est donc pris pour tester et certainement apprécier le produit fini. Buvette et repas compris, bien entendu…

GUILLAUME BATS

- Comme ton père, je suppose que tu es un peu déçu par cette annulation…

- Oui, bien sûr, mais je suis aussi content que tous ceux qui nous ont aidés soient venus pour les remercier. Sans eux, nous n’aurions pas pu mener à bien notre projet. Puis il y aussi Emilio, qui n’a pas pu toréer, mais qui reviendra…

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- Concernant la ganadería, je constate pas mal de mouvement, d’abord avec des améliorations matérielles, mais aussi dans le domaine du bétail…

- Oui, si on reprend l’historique, on a acheté chez Gallon en 2006 des vaches et des sementales, suivis d’autres achats toujours chez eux, puis en 2013, on a acheté des vaches et des sementales d’El Torreón chez César Rincón.

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Novillo devant être testé par Emilio de Justo

- J’ai l’impression que la temporada 2016 a correspondu pour la ganadería Casanueva à l’amorce d’un grand virage…

- C’est exact. La temporada a été très courte en termes de toros, puisque l’on en a lidié un en concours à Castelnau Rivière Basse et un autre en concours aussi à Mont-de-Marsan, mais on a triomphé les deux fois avec une vuelta posthume et le prix à notre novillo !

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Toutes les temporadas ne seront pas les mêmes, il ne faut pas croire qu’ils vont tous sortir bons, mais c’est vrai que le plan qualitatif, on avait amorcé ce virage avec l’achat des premières vaches d’El Torreón. C’était effectivement dans le but d’acquérir plus de régularité dans le comportement et disons qu’on se situe à présent sur une pente ascendante…

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"Engañoso", vuelta posthume à Mont-de-Marsan...

- Est-ce que ça signifie qu’à terme, vous n’allez conserver que les Torreón ?

- Non, j’ai éliminé une quarantaine de vaches, mais j’en ai gardées vingt avec deux sementales, pour quelques novilladas non piquées et pour aussi fournir pour des spectacles qu’on nous propose dans des arènes. Mais dans les années à venir, il n’y aura pratiquement plus que du Torreón. Je précise d’ailleurs que cette année à Castelnau comme au Plumaçon, c’était des produits de la rame Torreón.

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- Tu m’as dit il y a peu, en évoquant les perspectives de la prochaine temporada, que tu avais déjà tout vendu ! C’est un gage de réussite, non ?

- Oui, c’est forcément rassurant et encourageant pour un éleveur. Nos novillos iront à Magescq en début de saison pour six d’entre eux, puis on aura un lot complet à Mont-de-Marsan pour la Madeline, suite au prix remporté l’an dernier, ainsi qu’un exemplaire pour le prochain concours de Castelnau, pour les mêmes raisons. Il ne me restera que deux novillos que je garde comme éventuels sobreros.

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- Dans tes perspectives à plus ou moins long terme, envisages-tu de passer en piquée ?

- Le succès aidant et compte tenu de pas mal de professionnels, on y pense un peu, mais ça ne ça sera pas dans l’immédiat. Dans les années à venir, pourquoi pas, si on nous la demande. A ce moment-là, il nous faudra garder suffisamment de novillos pour bien la préparer, mais on se méfie des excès de précipitation. On vient de racheter une dizaine de mères, toujours chez Rincón, on aura donc potentiellement un nombre suffisant de novillos, mais on ne la gardera pas pour la garder. Seulement si quelqu’un nous sollicite…

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"Engañoso", lidié par Vincent Pérez.

- Si on va encore plus loin, le but de tout ganadero, c’est la corrida, non ?

- Pour l’instant, c’est prématuré. La ganadería n’a que dix ans et je pense qu’il faudra encore au moins autant d’années pour envisager cette étape suprême. C’est tellement difficile aujourd’hui de lidier, on est déjà contents de pouvoir le faire en sans picadors, alors le reste n’est pas à l’ordre du jour !

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Pour l’heure, on va donc laisser Guillaume et son paternel progresser au rythme qu’ils ont déterminé. Un succès en appelant d’autres, bonne temporada 2017 !!!

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J'allais oublier l'essentiel... Le futur de la ganadería est assuré, la troisième génération... Le petit Pablo dans les bras de sa maman, Aurélie, sous les yeux admiratifs du papa !!! Suerte et longue vie...

(Demain : seconde partie du reportage avec les entrevistas d’Emilio de Justo et de son apoderado Luisito…)

 

 

Paul Hermé

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