Samedi 27 Novembre 2021
Céret, Pamplona…
Samedi, 09 Juillet 2011

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Première mi-temps en mode mineur…

Arènes quasiment pleines, temps lourd. Six toros du Conde de la Maza bien présentés, inégaux de forces et de jeu, la plupart s’avérant ternes après la ration de ferraille. Les organisateurs avaient annoncé une prime de 200 € pour les piqueros s’illustrant dans le premier tercio, ce qui au final leur fit économiser 1200 € !!!

Serafín Marín fit le paseo barretina vissée sur la tête et avant l’ouverture des débats, il en offrit une à ses compañeros, les trois saluant notamment sous les ovations remarquées des aficionados barcelonais qui avaient tenu à faire le déplacement.

Si le premier toro du Comte fut applaudi à sa sortie, il ne tarda pas à réintégrer les corrales après avoir fait la démonstration de son invalidité. Et ô surprise, alors que l’on attendait un sobrero du même fer, comme indiqué sur le cartelito officiel, déboula en piste un San Román à la corne gauche en pinceaux, qui ne tarda pas à devenir sanguinolente dès qu’il eut cogné fort à plusieurs reprises dans les planches… Deux rencontres sans style, avant que Rafaelillo ne se fasse déborder par un adversaire finissant rajado. Commença alors un long chemin de  croix avec l’estoc qui dans le détail donna une demie tendida à la sauvette, une autre tendida suivie de deux descabellos, puis une demie et sept coups de verdugo avec un premier avis à la clé, nouvelle épée pour un autre pinchazo avec toro tanqué aux planches pour sept autres coups de descabello avec un troisième avis à la clé. Silence pour Rafaelillo et no comment superflu pour cette pénible phase qui contribua à plomber une corrida qui décidément ne partait pas très bien…

Serafín s’illustra au capote devant le deuxième avant de se le faire arracher sur un remate puis le bicho alla prendre trois rations, la première sortie fermée, les autres de plus loin. S’ensuivit un malentendu entre les aficionados qui réclamaient un  quatrième assaut et le président qui ordonna le changement… A la muleta, bonne entame avant que le toro ne s’affale sur le remate.  La suite fut assez poussive, le toro se transformant en bloc de marbre, un bajonazo finissant de lui faire mordre la poussière. Silence.

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Paco Ureña se distingua au capote avec un opposant qui eut quelque mal à se fixer. Après trois rencontres d’intensité diverse, Ureña afficha une belle décision, soignant le geste mais éprouvant quelques difficultés à dominer. Il crut bon d’appliquer une tauromachie moderne en fin de parcours, ce qui fut moyennement apprécié par le conclave, la conclusion s’avérant poussive.

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Avec le quatrième, reçu genou ployé, Rafaelillo allait tenter le desquite, brindant son adversaire, ce qui fut diversement accueilli, après deux rencontres brouillonnes. Les échanges suivants furent aussi dynamiques que marginaux, le petit Rafael toréant beaucoup à la voix… et à la perche !  En revanche, il plaça un espadazo qui fut peut-être le plus beau geste de cette tarde. Saluts.

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Le cinquième, un castaño oscuro applaudi pour son armure, désarma Serafín, prenant ensuite une bonne correction qu’il accusa plus tard. Encore un toro qui manqua de chispa et qui rendit les débats soporifiques, malgré les efforts du Catalan qui s’illustra tout de même sur quelques instantanés ajustés… Saluts.

L’ultime sauta dans le callejón, prit deux piques sortie fermée puis une troisième protestée. Quelques invectives sur les étagères et en piste… rien ! Le toro était aussi mobile que ma table de nuit, se défendant par brusques à-coups, l’affaire se terminant sans peine ni gloire par un infâme bajonazo…

En matinée, les novillos d’Irmaos Dias ont ouvert le bal… Deux tiers d’arène, micro ondes à fond… Quatre novillos mansos, solides et mobiles, mais laissant peu de chances de succès pour les novilleros, le deuxième se laissant un peu plus. Mouchoir rouge pour les 1 et 4…

Miguel Ángel Moreno eut d’emblée à en découdre avec un adversaire qui annonça la couleur sans se faire prier, prenant une pique rectifiée suivie de je ne sais combien de piqûrettes sur le voyage, l’entrée tardive d’un deuxième lancier n’arrangeant rien. Sortie des veuves pour marquer le coup puis début de faena prudent, et pour cause, avec un drapelet trop souvent accroché. Le bicho se montra rapidement avisé et malgré sa volonté, Moreno ne put en tirer que quelques louables muletazos isolés. Voulant à tout prix s’imposer, il insista jusqu’à se faire désarmer avant de totalement sécher avec la ferraille. Saluts après deux avis.

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Avec le troisième, tout aussi manso et décasté (pléonasme), Moreno eut le mauvais goût de brinder à l’assistance, ne pouvant faire mieux que de sauver la face par des muletazos marginaux avant pinchazo en passant par La Jonquera… puis entière et descabello. Silence.

Devant la première boule de nerfs qu’il eut en partage, Emilio Huertas n’avait guère plus de chances de s’imposer, sauf que son opposant, tout aussi décasté que ses frangins, gratifié de pas mal de boutonnières par un lancier généreux, s’employa aux banderilles, magistralement posées, ce qui valut aux deux banderilleros de turno de saluer. La suite n’eut guère d’intérêt, le bicho ne se livrant jamais, malgré les efforts du novillero d’en tirer quelque chose, mais à l’impossible nul n’était tenu. Toutefois pour son entrega, le novillero trancha l’unique pavillon de cette matinée.

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Face à l’ultime, après une magistrale « Santa Espina », et Dieu sait si les espinas ne manquaient pas ce matin, Huertas fit encore tout pour donner le change malgré les difficultés, avec plus ou moins de réussite. Saluts.

De cette décevante entrée en matière, on retiendra surtout la cuadrilla à pieds d’Emilio Huertas, le protégé de Tomás Campuzano lui devant une fière chandelle… En revanche, je ne comprends pas pourquoi les piqueros se sont acharnés à vouloir les piquer comme s’il s’agissait de bravos… Les mansos ont aussi leur lidia, ce qui passe parfois par des techniques outrepassant le règlement et les bons procédés…

PAMPLONA

Dans un lot inégal de présentation, de bravoure et de comportement de Dolores Aguirre duquel ressortit le troisième, Joselillo coupa la seule oreille de la tarde. Pour sa part, Alberto Aguilar fit un gros effort devant le cinquième qui lui valut une ovation méritée… et encourageante.

L’encierro des Dolores Aguirre, au demeurant rapide (2’56), a fait un blessé par corne dans Estafeta et un autre plus léger. Pour le reste, les inévitables contusions au cours d’un parcours marqué par la dispersion du troupeau, trois toros menant le convoi et les autres suivant en ordre dispersé, occasionnant quelques frayeurs au passage,  sans grand mal toutefois.

 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels

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