Vendredi 14 Juin 2024
VIEUX-BOUCAU
Lundi, 18 Septembre 2023
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Une grande corrida d’anniversaire et un torero à revoir…
 
Dimanche 17 septembre. 4/5 d’entrées. 24°. Quelques gouttes par ci par là.
 
Six toros de VICTORIANO DEL RIO, bien présentés, donnant tous, à l’exception du premier, trop faible, un excellent jeu à la muleta, le cinquième récompensé d’une vuelta posthume, les autres applaudis à leur départ des arènes, sauf le premier déjà cité.
 
SÉBASTIEN CASTELLA, chocolat et or, silence et une oreille.
FERNANDO ADRIÁN : carmin et or, 2 oreilles et 2 oreilles.
CLEMENTE : vert et or, 1 oreille et 1 oreille.
 
Vuelta du propriétaire et du mayoral au cinquième toro en compagnie de Fernando Adrián, grand triomphateur de la course.
 
Sortie en triomphe de Fernando Adrian, 4 oreilles, de Clemente, 2 oreilles, et du Mayoral.
 
Les trois matadors, qui avaient fait la paseillo la tête découverte pour leur première corrida à Vieux Boucau, ont reçu à son issue un trophée souvenir de la part de la peña organisatrice.
 
Pour les 20 ans de la peña Mariposa et les 60 ans des arènes, le mundillo nous a offert aujourd’hui une grande après-midi de toros et de toreros.
 
Nous ne saurons jamais comment a pu se monter cette corrida avec des toros d’une ganadería parmi les plus demandées et des toreros de grand renom, avec des prix de places si compétitifs. Chapeau bas la Mariposa ! Nous reviendrons pour votre prochain anniversaire.
 
Parfois nous faisons des kilomètres et des kilomètres pour assister à des corridas mal présentées avec des toreros « faisant le métier », le tout pour des sommes qui deviennent folles pour une bourse moyenne. Rien de tout cela à Vieux Boucau aujourd’hui.
 
D’abord des toros parfaits pour la corrida « moderne », c’est-à-dire discrets à la pique et aux banderilles, mais parfaits à la muleta, nobles et encastés, prenant passes après passes sans rechigner, faisant parfois l’avion.
 
Et puis des toreros venant pour triompher…
 
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D’abord CASTELLA, visiblement très content de sa présence et de l’accueil qui lui fut réservé par le public, mais mal servi au sorteo, faisant une faena très intelligente et allurée pour tenir debout son très faible premier opposant. Un pinchazo, une demie et trois descabellos gâchant le travail.
 
Et puis un travail solide au quatrième toro reçu par de superbes véroniques et toréé à la muleta avec beaucoup de classe et de classicisme comme le matador se promet de le faire en cette année de réapparition dans les ruedos, faena culminant par trois naturelles de face. Une épée tombée et un descabello libérèrent une oreille.
 
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Pour sa présentation dans le Sud-Ouest, FERNANDO ADRIÁN n’a pas raté le coche.
 
Deuxième toro reçu par cinq faroles à genoux et à deux mains, de plus en plus serrés, jusqu’à la bousculade, puis gaoneras de gala après la pique, et avant une faena à la fois classique à son début, de la main droite et de la main gauche, et terminée par des séries très engagées entre les cornes, le toro passant devant et derrière le corps du torero. Une grande épée concluante libéra deux oreilles.
 
Le cinquième toro prit deux piques et attrapa sans gravité le matador à l’issue de la seconde, ce qui n’empêcha pas celui-ci de commencer son travail de muleta à genoux au centre par une série de derechazos risqués, précédant une faena de multiples passes plus engagées les unes que les autres, le matador attendant visiblement que le public demande la grâce du toro, ce qui ne fut pas le cas, mais l’aurait été sous d’autres latitudes. Deux oreilles de plus vinrent remercier le matador d’avoir fait son métier, c’est-à-dire de tuer son toro, et ce malgré une épée qui nous apparut vilaine.
 
Sitio, engagement, répertoire, intelligence, connexion avec le public sont les marques de fabrique de ce torero qui ne toréait qu’une ou deux corridas par an depuis dix ans. On croit rêver…
 
En tout cas, ce matador est la sensation de l’année après ses deux triomphes de Madrid et ses succès répétés partout où il passe en Espagne et maintenant ses quatre oreilles de Vieux-Boucau, gagnées en toute sincérité. Si les toros et le mundillo le veulent bien, ce matador rejoindra très bientôt ses collègues du premier groupe et pourra même rivaliser avec les trois tenors actuels.
 
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Ce n’était pas facile pour CLEMENTE de passer à chaque fois derrière les triomphes d’ADRIÁN, mais l’on peut dire que l’Aquitain s’en est bien sorti grâce à sa torería et son envie de triompher.
 
Troisième toro reçu par chicuelinas, puis après mono pique, banderilles et le brindis au public, un début de faena par doblones genoux en terrre, deux séries de derechazos, trois séries de naturelles, des luquesinas et trois naturelles de face, attrapé par le toro sans gravité, un pinchazo et une entière légèrement tombée. Une oreille.
 
Sixième toro terne au pique, réservé aux banderilles, mais présent à la muleta jusqu’à prendre le torero à la troisième série de derechazos, heureusement sans gravité apparente. Une faena donnée au centre de la piste terminée pas des naturelles de la main droite après jet de l’épée sur le sable et précédant une série de derechazos « poncistes ». Une épée dans le cou et deux descabellos tardifs permirent l’octroi d’une oreille peu sollicitée.
 
EXIR - corridasi