Samedi 20 Juillet 2024
PATRICE
Lundi, 25 Septembre 2023
pluie25pq
 
Pluie de otoño…
 
« Oh! L’automne, l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises »
 
(Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913.)
 
 
Pas la grise.
Du ciel bas.
Et des oiseaux aux plumes mouillées.
 
Pas la verte.
De la forêt de Guyane.
Et des forçats en blouses rayées.
 
Pas la rouge.
De chair et de sang.
Qui effrayait Pline l’Ancien.
 
 
Pas la noire.
D’Hiroshima.
Et des résidus de la fission.
 
Pas celle.
De la Genèse et de l’Arche.
De punition divine.
 
Pas l’horrible.
Du Dachau.
Des cendres autres que celles de Pompéi.
 
Pas celle.
Du Santiago de Pinochet.
De battle-dress et de stade.
 
Ni l’incestueuse.
De l’été.
De Marguerite Duras.
 
Ni celle qui ne tombe pas.
Et qui croule.
Des Travailleurs de la mer.
 
Ni celle.
Des sans dents.
Sous les cartons de la rue.
 
Et de la pluie.
Des tristes coïncidences.
De l’Albanie d’Ismaïl Kadaré.
 
Mais.
L’autre.
 
Celle.
Des.
« Se da ! Se da !".
Criés des gradins.
 
Avec le coussin.
Sous le bras.
Y el programa.
En la mano.
 
L’imperméable.
O el plástico.
De usar.
Y tirar.
 
La lluvia.
Des faenas interrompues.
A attendre dans les vomitoires de Rome.
Qu’enfin elles reprennent.
 
Celle.
Du quatrième mouvement.
De la VIème symphonie.
De Ludwig.
 
Celle du « Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ? ».
 
La lluvia inespérée.
Des couples amoureux.
Sous l’abri.
Des parapluies.
 
La pluie.
Sur le pays d’Amphyse.
Un matin d’octobre.
Il y a si longtemps.
 
Celle.
Qui fait luire le métal.
Des toros.
De la carretera.
 
Celle du Pilar à Saragosse.
De la San Lucas à Jaén.
De Séville dans l’automne de San Miguel.
Et la pluie de Madrid en feria de Otoño.
 
Lluvia
Et pluie d’automne.
D’affliction.
Les unes.
 
Pluie.
Et lluvia de otoño.
De ravissement.
Les autres.
 
Patrice Quiot