Samedi 24 Février 2024
JESULÍN
Lundi, 30 Octobre 2023
 jdu30pk
 
Suite au tentadero chez les frères Gallon, entrevista avec Jesulín de Ubrique…
 
Avec l’ami Thierry Ripoll, nous avons discuté  un moment avec Jesulín à l’issue de la tienta car l’occasion était trop bonne de recueillir les impressions de celui qui fut un temps le « numero uno » de l’escalafón, plus précisément au milieu des années 90. C’était le temps où même les novilladas provoquaient des « no hay billetes », et où le fantasque Jesulín se prêtait volontiers à quelques extravagances qui faisaient le bonheur d’un secteur de l’aficion, mais aussi et surtout, de la presse people…
 
-Après avoir été le torero chéri des espagnols, d’après le media people Madrid Weekly vous seriez leur personnalité préférée pour 2023… Mais quel Jesulín de Ubrique ? L’homme de télévision, le torero … 
- Vous me l’apprenez et ça me fait vraiment plaisir… Mais ce doit être pour un mélange de toutes mes facettes ja ! ja ! ja !!! 
 
- Comment se fait-il que vous reveniez en France, plus particulièrement le lendemain à Béziers pour toréer un festival taurin ?
- Ils m’ont appelé pour me le proposer et comme il y avait 16 ou 17 ans que je n’étais pas venu toréer en France, j’ai accepté. De plus, même si j’y ai peu toréé, j’en garde un très bon souvenir avec notamment quatre oreilles coupées à des Guardiola Fantoni…
 
-Justement, de novillero vous étiez de toutes les affiches et de matador de toros, ce fut moins le cas, non ?
- C’est vrai, j’ai eu une très bonne époque en France en tant que novillero, mais après, comme matador de toros ce fut un peu plus compliqué, même si j’y ai connu de grands moments… Mon alternative à Nîmes, un mano à mano dans ces mêmes arènes, sous un déluge, on croyait que c’était la mer qui nous tombait dessus… Des triomphes à Palavas, Fréjus et c’est vrai que ma tauromachie est mieux passée de ce côté de votre pays que dans le Sud-ouest… Même si j’ai connu de grandes après-midi à Dax avec des Samuel Flores ou à Bayonne avec des Torrestrella. 
 
-Tous les professionnels taurins étaient unanimes, sans vos frasques taurines et médiatiques vous auriez pu être un très grand torero d’époque… Pourquoi avoir choisi avec Manolo Morilla, votre apoderado, cette voie de communication… ?
 
- Aujourd’hui, tous les toreros communiquent, surtout au travers des réseaux sociaux. Moi, à l’époque, j’ai été un précurseur dans le genre et ça n’a pas été bien ressenti par tout le monde, même si beaucoup d’aficionados m’en sont reconnaissant... Concernant cette façon d’être, c’est avant tout le reflet de ma personnalité, ma façon de voir la vie, de toréer et je ne regrette rien même si ça en a choqué certains… Communiquer, il faut communiquer pour donner de l’intérêt à ce qu’on fait et c’est ce que j’ai fait et j’ai amené du monde aux arènes… Passée la folie de ma jeunesse, mes dernières années ont été d’un concept plus artistique, plus mûri…
 
- C’était peut-être plus facile à l’époque ?
- Rien n’est jamais facile. Il faut avouer que je n’étais pas le seul tirón, Finito de Córdoba, Chamaco, Enrique Ponce, amenaient du public… Aujourd’hui, le plus taquillero, après le retrait d’un très grand torero, El Juli, c’est Roca Rey, mais il faudrait quatre Roca Rey et il faudra qu’il tienne plusieurs temporadas. Il y a de très bons toreros, mais ils n’ont pas suffisamment d’attrait pour le grand public, celui qui renouvelle les générations d’aficionados. Les toreros passent et il ne faut pas que le public se retrouve orphelin… Il faut des toreros révolutionnaires et pas qu’un seul car s’il n’y a pas de competencia, il y a beaucoup moins d’intérêt…
 
- Quelle préparation pour toréer un festival taurin ?
- J’en toréais dix à quinze par an depuis ma despedida y compris une corrida par-ci, par-là, sauf pendant la pandémie. Je tiente un peu dans mon élevage et j’entretiens surtout ma condition physique car quand tu as toréé tant de corridas à haut niveau, tu gardes ça en toi... Avec un peu de remise à niveau comme ce tentadero. Mais aujourd’hui, ma vie est surtout centrée sur et autour de ma famille, de mes enfants. Même si les toros y occupent toujours une bonne place.
 
(Jesulín de Ubrique a été papa pour la 4ème fois l’an dernier avec Hugo le 3ème enfant avec María José Campanario, après Julia et Jesús Alejandro, son aînée Andrea étant le fruit de sa relation avec Belén Estebán. Il vit à Arcos de La Frontera, dans la province de Cádiz…)
 
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-Et comment vit aujourd’hui Jesulín de Ubrique ?
- Très bien, je profite de la vie, du campo ganadero, de mes affaires, les shows télévisés ça me plait bien et économiquement, c’est très intéressant. Mais je tiens à ce que pour tout le monde je sois un torero et que j’en parle, même si aujourd’hui, dans ce milieu, beaucoup de personnes voudraient l’occulter. C’est toujours ma profession, la très grande réussite de ma vie et je tiens à le faire savoir malgré pas mal de pression… J’aurai 50 ans le 9 janvier prochain et je pense les fêter à Ubrique avec une corrida unique et spéciale en mars ou avril…
 
En bref...
 
Jesús Janeiro Bazán ' Jesulín de Ubrique' est né à Ubrique (Cádiz) le 9 janvier 1974
 
Éleve de la escuela taurina de Cádiz. Après un brillant parcours en non piquée, le 30 juillet 1989 il débute avec picadors aux côtés de Julio Aparicio et de Finito de Córdoba, il reçoit même le prix décerné par feu l’ANDA de la meilleure faena à Fréjus… 
 
L’année suivante, il est le triomphateur des Fallas de Valencia, gagne le Zapato de Oro d’Arnedo, mobilisant l’aficion avec un autre phénomène, Chamaco… 
 
Il prendra l’alternative à Nîmes le 21septembre 1990 des mains de  José Mari Manzanares avec Emilio Muñoz comme témoin et des toros de González Sánchez-Dalp. On peut dire qu’il fut même un véritable phénomène social…
 
(Merci Thierry…)