Dimanche 25 Février 2024
CFT
Mercredi, 08 Novembre 2023
cft08pk
 
Rencontre avec Christian Le Sur afin de faire le point sur le virage pris par le Centre Français de Tauromachie…
 
L’année 2023 a été très importante pour le CFT qui a fêté ses quarante ans d’existence, avec à la clé diverses manifestations lors de la dernière Feria des Vendanges, dont une expo et la présentation d’un livre retraçant la trajectoire de cette école taurine. 
 
Depuis, un communiqué a été publié, confirmant ce qui se murmurait sous le manteau, ou plutôt le capote, à savoir que son directeur, Christian Le Sur, après avoir œuvré tant d’années à la tête de cette école, amorçait un nouveau système de fonctionnement. Pour en savoir un peu plus, le mieux était d’en parler avec lui et on va voir que les choses ne sont pas aussi tranchées, même si effectivement, est venue l’heure d’un certain changement… Rencontre avec entrevista chez lui, et le lendemain mercredi, à la ganadería Colombeau avec quelques élèves.
 
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« Le CFT est une association loi de 1901 créée il y a quarante ans d’une manière empirique. Quand j’ai fait ça, je ne savais pas trop où j’allais. Après mon alternative, j’avais encore le gusanillo, mais d’un an je n’ai plus voulu aller voir une corrida, histoire d’amorcer un sevrage. Je n’y suis pas parvenu et je me suis alors demandé comment pouvoir rester encore dans le milieu des toros. J’en ai discuté notamment avec les membres de la peña Curro Romero et on a alors décidé de monter une école de tauromachie. Avec au début des cours de toreo de salon et ensuite l’idée de faire un polycop. L’imprimeur Jean Marsaud m’a prêté un local situé au-dessus des Trois Maures où j’ai commencé à donner mes premiers cours. De fil en aiguille, ça s’est structuré avec un conseil d’administration, j’étais encore jeune, mais les années ont passé, les jambes sont de plus en plus lourdes et franchement, à l’heure actuelle, je suis fatigué. C’est la raison pour laquelle je cesse personnellement d’enseigner, j’aurai 76 ans dans deux jours et donc, 40 ans, c’est une manière, avec un chiffre rond, de tourner en quelque sorte la page. Disons aussi que cette « machine » m’a beaucoup submergé, l’administratif, le poids des responsabilités qui sont de plus en plus accrues, avec la crainte d’avoir un accident grave parce que ça peut arriver… C’est pourquoi avant, je le faisais par plaisir et maintenant, je le fais par devoir !
 
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Valentin
 
Donc voilà, on a fait une jolie fête pour ces 40 ans, on a sorti un beau bouquin, un beau témoignage pour les gens qui ont connu notre jeunesse nîmoise et régionale… et qui est d’ailleurs toujours en vente ! C’est aussi une étude sociologique car chacun a sa propre histoire à raconter. En outre, tous ce anciens se rejoignent pour dire que les toros leur ont apporté des armes pour leur vie future. 
 
Ce qui va changer, justement en fonction de ce poids administratif de plus en plus lourd à supporter, c’est que le CFT ne sera plus une école. Il n’y aura plus de feuilles de présence, par contre ça s’appellera toujours CFT, une structure qui mettra à disposition ses installations puisque les jeunes pourront toujours venir chez moi ou à Garons… Et en même temps, avec le conseil d’administration, on va réfléchir pour aider quelques jeunes qui nous plaisent. Ce ne seront plus vraiment des élèves, mais plutôt des jeunes qui le méritent !
 
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Sacha
 
On ne va pas faire comme les associations qui commencent à 20 et qui finissent à 4 ! Le nombre n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est d’avoir des jeunes qui sont motivés, qui acceptent de souffrir, car pour devenir torero, il faut souffrir ! On sera donc là pour les aider, les épauler, les accompagner et même financièrement, si on peut, pour leur permettre d’affronter du bétail.   
 
J’ajoute que je n’attache guère d’importance à tout ce qui peut se dire à côté, aux ragots comme aux petites histoires inhérentes à toute collectivité. En outre, je n’ai rien contre les autres écoles taurines, chacun peut faire ce qu’il veut, le soleil se lève pour tout le monde… Je suis très serein, je n’ai pas d’ennemis avérés, j’ai essayé de créer une atmosphère amicale, y compris à certaines occasions avec les parents, mais si j’avais un reproche à faire, c’est à moi que je l’adresserais. Tu connais le célèbre adage : trop brave, trop c… ! Mais il ne faut pas donner à certaines choses plus d’importance que ce qu’elles en ont !
 
Je tiens à souligner aussi qu’il y aura toujours le trophée Nimeño II et le Bolsín, avec le soutien de Simon Casas Production, de Frédéric Pastor pour la municipalité et Gael Dupré pour Nîmes Métropole. 
 
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Robin
 
Pour l’heure, au sujet des effectifs, j’ai des sollicitations venant d’ailleurs, mais je dis à ces jeunes que le fonctionnement a été modifié, qu’ils peuvent venir s’ils le veulent, mais que je ne les inscris pas puisque de fait, il n’y aura plus de liste. Chacun viendra sous sa propre initiative et responsabilité, libre d’assister aux séances ou pas.
 
Je tiens à préciser que ces modifications n’ont rien à voir avec le niveau. On n’est pas forcément là pour dégager une élite, d’ailleurs j’ai toujours accueilli ceux qui avaient des difficultés, je savais qu’ils n’arriveraient à rien, je ne leur ai jamais menti, mais je leur ai laissé vivre leur rêve ! Bien sûr, il y a toujours une premier de la classe, mais j’ai toujours essayé de ne pas avoir de « chouchou » ! Je leur ai donné au départ la même place et j’ai essayé de toujours donner une deuxième chance car il ne m’est jamais venu à l’idée de me débarrasser des moins performants… »
 
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Baptiste
 
De ce CFT nouvelle formule, on aura bien entendu l’occasion de reparler. Pour l’heure, je me suis rendu ce mercredi à la ganadería Colombeau où cinq jeunes s’exerçaient devant quatre vaquillas, en compagnie d’un ancien qui a percé dans sa catégorie, Thomas Ubeda, sous les conseils de Christian Le Sur, bien sûr, mais aussi des fidèles Patrick Varin et Juan Villanueva. Suerte a todos, petits et grands…