Vendredi 01 Mars 2024
PATRICE
Dimanche, 12 Novembre 2023
pq12arm
 
11 novembre de corazón…
 
11 novembre 1918, 11h.
 
Le clairon sonne dans les tranchées.
 
C'est le cessez-le-feu.
 
 
 
Quelques heures plus tôt, à 5h15, l'armistice a été signé.
 
Dans un wagon à Rethondes, dans l'Oise. 
 
Et pourtant, en ce matin du 11 novembre.
 
 
 
Vers 10h50, à Vrigne-Meuse dans les Ardennes.
 
L'agent de liaison Augustin Trébuchon est fauché en portant un message.
 
Il annonçait la soupe.
 
 
 
Ce lundi.
 
Comptabilisera.
 
Près de 11 000 tués ou blessés. 
 
 
 
Un mois et un jour avant.
 
"El 10 de octubre, en la corrida en que su hermano Rafael se despidió del público madrileño, con el cuarto toro, del Marqués de Guadalest, realizó José una de las más hermosas faenas que en la Corte ha ejecutado y por lo completa y grandiosa se le concedieron las dos orejas del animal. Y van quince cortadas en Madrid."
 
 
 
Cette année-là, premier de l’escalafón.
 
Joselito avait fait le paseo.
 
Cent trois fois.
 
 
 
Quatre ans, deux mois et six jours avant Augustin.
 
Charles Péguy avait été tué le 5 septembre 1917.
 
D'une balle dans le front.
 
 
 
Quand Manuel Laureano Rodriguez.
 
«Manolete».
 
Avait deux mois.
 
 
 
Le 22 septembre de la même année.
 
Sur les coteaux de la Meuse.
 
Tombait Alain Fournier.
 
 
 
Affaibli par une blessure à la tempe en 1916, provoquée par un éclat d'obus et dont il ne s'était jamais complètement remis.
 
Apollinaire mourra à la toute fin du conflit mondial.
 
Le 9 novembre 1918, à l'âge de 38 ans.
 
 
 
Ypérite.
 
Tranchées.
 
Boue.
 
 
 
Rats.
 
Saillant de St Mihiel.
 
Chemin des Dames.
 
 
 
Susto.
 
De.
 
Todos los lados.
 
 
 
Réformé pour «faiblesse de constitution».
 
Pierre Boudin «Pouly».
 
Echappera à la boucherie.
 
 
 
Et le 17 février 1915, Léonce André « Plumeta », torero et revistero.
 
Fauché lors d'une attaque, meurt dans l'ambulance qui le transporte au château de Braux-Sainte-Cohière.
 
Tout près de Valmy, dans la Marne.
 
 
 
Ce jour-là.
 
Juan Belmonte était matador de toros
 
Depuis deux ans.
 
 
 
Pious pious à moustache.
 
Poilus en bleu horizon.
 
Et horreur de Verdun.
 
 
« La petite église à moitié éventrée, l'intérieur mis à sac. Au milieu des plâtres et des pierres effondrées, une chaise est redressée. On est venu prier dans ce chaos, le livre est encore ouvert sur le dossier. Les arbres sont déchiquetés, les racines tordues gémissent vers le ciel, une tombe d'un soldat français, quelques pelletées de terre sur le mort de qui on aperçoit les deux bouts de soulier sont autant d'éloquentes choses qui réclameraient bien davantage urgence que les articles haineux des journaux de Paris ! Saint-Saëns contre Wagner. Quelle bêtise ! Parce que des brutes ont assassiné, vouloir à toute force s'attaquer aux génies de l'autre race pour les renverser sinon les amoindrir ! » (Maurice Maréchal, violoncelliste, matricule 4684, classe 12, soldat de 2e classe, brancardier et agent de liaison cycliste).
 
Mais aussi.
 
Ouédraogo, Traore, Ouattara.
 
Belkacem ou Harbi.
 
 
 
Negritos damnificados.
 
Qu’aucun monument aux morts.
 
N’honore.
 
 
 
Alors, s’il est vrai de dire.
 
Qu’au 11 novembre 1918.
 
En Espagne avaient été estoqués des milliers de toros.
 
 
 
Et que les toros aussi avaient tué.
 
«Distinguido» de Don Felix Gomez, Fermín Muñoz Corchado y González « Corchaíto »  à Carthagène le 9 août 1914.
 
Et «Cocinero de Benjumea, Florentino Ballesteros à Madrid le 22 avril 1917.
 
 
 
Il importe aussi de rappeler que sur les champs de bataille.
 
On avait recensé quand tomba la nuit du 11 novembre 1918.
 
Un million trois cent mille morts et plus de quatre cent mille blessés français.
 
Et dix-sept millions de chevaux morts.
Aucun.
Par cornes de toros.
 
 
"On oubliera. Les voiles du deuil, comme les feuilles mortes tomberont. 
 
L’image du soldat disparu s’effacera lentement…
 
Ecrira Roland Dorgelès.
 
 
 
Les Gueules Cassées.
 
Les amputés.
 
Les tremblants.
 
 
 
Tous infirmes.
 
Aux cornadas de shrapnell d’espejo.
 
Retrouveront leurs villages.
 
 
 
Et Gamelin, Nivelle et autres généraux salonnards.
 
Prendront des étoiles.
 
Et seront décorés.
 
 
 
L’envers du «Vérité en deçà des Pyrénées.
 
Erreur au-delà ».
 
De Blaise Pascal.
 
 pq12pq
 
Datos  
 
La question des origines de la guerre est aussi celle de la responsabilité des acteurs, explique l’historienne Élise Julien, auteure de l’ouvrage Rivalités et interdépendances, 1871-1918. C’est donc une question politiquement chargée, aujourd’hui encore.” L’événement déclencheur de la Grande guerre est connu de tous les écoliers : l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914 par des nationalistes serbes. On parle ensuite “d’engrenage des alliances” pour expliquer les entrées en guerre successives de la Russie, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, comme si le conflit mondial était la conséquence inéluctable de cet assassinat. Ses facteurs sont en réalité bien plus complexes.
 
Pour plonger aux racines profondes de la Grande Guerre, il faut remonter à la seconde moitié du XIXème siècle, la Révolution industrielle et la colonisation. Les grandes puissances mondiales adoptent alors des politiques expansionnistes qui les amènent à entretenir des rivalités croissantes. Ces rapports de force s’expriment à la fois dans la conquête de nouveaux territoires, débouchés pour la population et les marchés européens, et sur le terrain commercial, sur les marchés chinois et ottomans. “Cette grille de lecture a été abondamment développée par la pensée marxiste, relève Élise Julien, notamment parce que Lénine avait d’emblée déclaré que la Première Guerre mondiale était une guerre impérialiste, stade suprême du capitalisme.
 
Sans revenir sur cette explication, les travaux récents sont venus nuancer le phénomène. “On sait maintenant l’interdépendance des économies, et les solidarités très fortes qu’il pouvait y avoir dans certains secteurs, comme la finance, qui avaient besoin de paix pour fonctionner. La City londonienne, par exemple, a cherché à retenir le gouvernement britannique de faire la guerre. Il y avait des rivalités économiques très fortes, certes, mais tous les industriels n’étaient pas des va-t-en-guerre.”
 
Sur le moyen terme interviennent les facteurs politiques, en particulier les discours nationalistes qui se développent dans les dernières décennies du XIXème siècle. Le pangermanisme allemand, le jingoïsme anglais… “C’est la période de l’entrée en politique des masses, résume Élise Julien, auxquelles les dirigeants essaient de donner un contenu de mobilisation autour de l’idée nationale.” Ces discours accroissent les rivalités entre les États, notamment entre la France et l’Allemagne autour de l’Alsace-Lorraine, mais aussi au sein de l’Autriche-Hongrie, qui est alors un empire multinational, et chez les minorités slaves des Balkans.
 
“Cette montée des tensions conduit à la mise en place du jeu des alliances, avec la Triple-Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie à partir de 1882, et la Triple-Entente entre la France, le Royaume-Uni et la Russie à partir de 1892. Tout un climat de défiance se développe, qui aboutit à la mise en place des lois militaires qui préparent la guerre.” Le service militaire est allongé, les budgets d’armement augmentent, des plans de guerre offensifs sont établis. 
 
À l’été 1914, toutes les pièces sont en place pour une escalade extrêmement rapide du conflit. »
 
Sources : geo.fr/histoire du 29/03/2021
 
Patrice Quiot