Dimanche 25 Février 2024
PATRICE
 nim27ph
 
Paseo…
 
Ce n’est nullement.
 
 
 
Une balade.
 
 
Dans les jardins du Luxembourg.
 
 
Que célébrait Musset.
 
 
 
Une flânerie.
 
 
Dans le Parque María Luisa.
 
 
Des frères Álvarez Quintero.
 
 
Une promenade amoureuse.
 
 
Main dans la main.
 
 
Sur le Boulevard des Italiens de Balzac.
 
 
 
Ou une randonnée.
 
 
Sur les sentiers des Cévennes.
 
 
Dans les pas de Jean Paulhan.
 
 
 
Mais.
 
 
 
 Une avancée grave.
 
Et légère à la fois.
 
Vers un horizon incertain.
 
 
 
Une déambulation lente.
 
 
Et mesurée.
 
 
Vers une destination inconnue.
 
 
 
Un cheminement partagé.
 
 
Et secret.
 
 
A la fois.
 
 
 
Une complicité.
 
 
Belle.
 
 
 
De solitude.
 
 
Dans.
 
 
Le terrible.
 
 
Du être là ensemble.
 
 
 
Ils avancent.
 
 
Détachés du rien.
 
 
Et pleins d’un tout.
 
 
 
Au pas.
 
 
Rythmé.
 
 
D’une procession de l’Inquisition.
 
 
 
Ils vont.
 
 
En foulées.
 
 
De certitude.
 
 
 
Ils marchent.
 
 
Sur des nuages.
 
 
De sable.
 
 
 
Le corps.
 
 
Lumineux.
 
 
D’espérance.
 
 
 
Les yeux perdus.
 
 
Dans.
 
 
L’infini.
 
 
 
La bouche.
 
 
Et le menton.
 
 
En défi.
 
 
 
Ils avancent.
 
 
Dans une élégance.
 
 
Tremblante.
 
 
 
Piétinant.
 
 
De leur arrogance.
 
 
Le péril.
 
 
 
Tuer.
 
 
Est.
 
 
Leur office.
 
 
 
La fierté.
 
 
De cet état.
 
 
Les rend immenses.
 
 
 
Et fait.
 
 
Que leur cortège.
 
 
Fait oublier le soleil.
 
 
 
Ils savent.
 
 
Ce qui les attend.
 
 
Mais en ignorent le visage.
 
 
 
Ils l’espèrent.
 
 
En sourire.
 
 
De triomphe.
 
 
 
Le redoutent.
 
 
En grimace.
 
 
Sous la lumière du scialytique.
 
 
 
Ou pire.
 
 
En rictus.
 
 
D’échec le front sur le burladero.
 
 
 
Une autorité noire.
 
 
Leur ouvre.
 
 
Le chemin.
 
 
 
Et la musique.
 
 
Creuse.
 
 
Le ciel.
 
 
 
Les dés.
 
 
Des cornes.
 
 
Seront bientôt jetés.
 
 
 
Le fatum latin.
 
 
Aura alors.
 
 
Son mot à dire.
 
 
 
Et tous en connaissent assez.
 
 
Pour savoir.
 
 
Que si Dios quiere.
 
 
 
Et.
 
 
Quand plus tard tout sera fini.
 
 
Demain, loin de là où maintenant ils sont.
 
 
 
Ils auront.
 
 
La charge.
 
 
De tout recommencer.
 
 
Datos 
 
Un texte de 1854 atteste que le protocole du paseo est resté inchangé depuis ses origines :
 
« Quand l'heure du combat a sonné, un alguazil à cheval, chapeau à plumes sur la tête, revêtu d'un costume noir du Moyen Âge, entre dans le cirque et s'avance devant l'autorité [...]. Il demande la permission d'introduire la cuadrilla. La permission accordée, l'alguazil disparaît un moment et revient en tête du cortège des toreros qu'il conduit devant la loge présidentielle. La cuadrilla salue à son tour et chacun des membres va occuper dans l'arène le poste qui lui est assigné par l'espada suivant sa fonction respective. L'alguazil se présente à nouveau devant l'autorité, se découvre et sollicite l'autorisation d'ouvrir le combat. Il demande la clef du toril où se trouvent les taureaux. La clef est attachée à un grand nœud de ruban. Lorsque le président la lui jette, il doit la recueillir avant qu'elle ne tombe à terre. Il la donne ensuite à un gardien de service ou à un chulo qui va ouvrir le toril ». 
 
Patrice Quiot