Vendredi 19 Avril 2024
PATRICE
pq05pq
 
Sentinelle…
Debout
Immobile.
Dans un espace restreint.
 
Un factionnaire des toros.
 
A son poste.
Depuis des heures.
Il attend.
 
Un prétorien du tendido.
 
Humble.
Son office.
N’a pas d’exigence.
 
Un modeste de l’andanada.
 
Discipliné.
Il exécute.
Ce pour quoi il est là.
 
Un ayuda sans prétention.
 
Silencieux.
Il écoute les bruits de la ville.
Qui ne lui parle pas.
 
Un effacé parmi les secundones.
 
En chemise siglée.
Dans l’ombre.
Du vomitoire.
 
Un sin gloria vestido de calle.
 
Mais.
 
Dévoué.
Il informe.
Et renseigne.
 
Un géographe de la plaza.
 
Attentif.
Il reconnait.
Les conduites.
 
Un historien du detalle.
 
Paisano.
Il sait.
Les usages nôtres.
 
Un ethnographe d’ici.
 
Délicat.
Il connait.
La bienveillance.
 
Un quite en signe de tête pour le sin dinero.
 
Il a un nom.
Et une vie.
Qu’on ignore.
 
Un inconnu des carteles de postín.
 
On le connait.
Depuis toujours.
Et on ne sait rien de lui.
 
Un visage sin historia.
 
Il est juste là.
Comme.
Il l’a toujours été.
 
Une vie sans légende.
 
Mais.
 
Il fait partie
Du paseo.
De l’entrée dans l’arène.
 
Comme un lucero de l’ombre.
 
Et serre la main.
En sachant.
Ce que ça veut dire.
 
Comme un abrazo de carino.
 
Il ouvre la porte.
De l’inconnu.
D’un monde autre.
 
Comme un torilero de l’espérance.
 
Ignoré.
Dédaigné.
Pour quelques pauvres sous il contrôle les entradas.
 
Comme le ferait un sereno du plaisir.
 
Gardien de l’accès.
A.
Des gradins de sol ou de sombra.
 
Cerbère du sueno.
De.
Las seis menos cuarto.
 
Portier en français.
Se nomme.
Sa tâche.
 
Mais acomodador.
Se dit.
La chose en espagnol.
 
Et c’est.
Peut-être.
Mieux.
 
Car de la Fiesta Brava.
Il est.
L’accueillante sentinelle.
 
Patrice Quiot