Mardi 05 Mars 2024
PATRICE
Dimanche, 11 Février 2024
mlk11pk
 
I have a dream…
 
J’ai fait un rêve.
 
J’ai rêvé qu'un jour, comme le 17 mai 1964, le peuple de Nîmes se lève.
 
J’ai rêvé qu'un jour dans les jardins de la Fontaine, les fils des ouvriers agricoles et les fils de leurs anciens pelots puissent s'asseoir ensemble à la table commune.
 
J’ai rêvé qu'un jour notre ville soit transformée en une oasis de liberté pour les hooligans de la brandade, les fondus de la maïsse et les dévots à l’aïgo boulido.
 
J’ai rêvé que Claude Viallat, Michel Gilles, Astor, Formica, Jules Milhau et Auguste Chabaud aient une exposition permanente au MET de New-York.
 
J’ai rêvé qu’un jour «Les Avocats du Diable» rachètent Gallimard et que «Les Peillasses» fassent l’affiche du Royal Opera House de Covent-Garden.
 
J’ai rêvé que les ganaderos français puissent vivre de leur passion et lidier à Madrid.
 
J’ai rêvé que revive la Placette de Michou.
 
J’ai rêvé que Simon parle à la tribune de l’Assemblée Nationale.
 
J’ai rêvé que des orangers poussent à Calvas, que fleurissent des citronniers à la ZUP et que les arènes ouvrent grand leurs portes aux fous de chez Pitot.
 
J’ai rêvé que partout triomphent les toreros français.
 
J’ai rêvé de voir leurs statues érigées en face des ponts de Talabot.
 
J’ai rêvé qu'un jour l’Académie Française rende hommage à Robert Lafont, que la boulangerie de la rue Fresque reçoive le prix Nobel de la fougassette et que Noël se célèbre à la Pentecôte.
 
J’ai rêvé que les corridas de férias soient présidées par Voltaire, Chateaubriand, Victor Hugo, Jean Jaurès et Paulhan.
 
J’ai rêvé que Nîmes soit capitale.
 
J’ai rêvé qu'un jour triomphent les convictions de Vincent Bouget, que Renaud Ripart soit champion du monde avec les «Bleus»  et que les pavés du parvis des arènes disparaissent.
 
J’ai rêvé qu’on replante les cépages d’aramon sur l’emplacement de Jean Bouin, que le vin coule à flot dans les verres du «Prolé» et que le plus humble des maletillas du Chemin Bas devienne «El Cordobés».
 
J’ai rêvé que les figures en cire de Pauline, Masson et «Bichette» soient exposées au Carré d’Art.
 
J’ai rêvé qu'un jour toute vallée soit élevée et toute montagne abaissée.
 
J’ai rêvé du soleil d’arènes pleines.
 
J’ai rêvé qu'un jour les endroits raboteux soient aplanis et les gens tortueux redressés.
 
J’ai rêvé que l’horloge du lycée sonne comme une campana de fête.
 
J’ai rêvé qu’un jour nous faisions ensemble une farandole en habit de lumières qui courrait de la Tour Magne au Mont Margarot.
 
Et j’ai rêvé que le monde entier l’acclamait.
 
Datos 
 
I have a dream («Je fais un rêve») est le nom donné au discours prononcé le 28 août 1963 par le pasteur baptiste et militant américain Martin Luther King (1929/1968), devant le Lincoln Memorial, à Washington, D.C., durant la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté. Devant plus de 250 000 manifestants, King en appelle solennellement à la fin du racisme aux États-Unis et revendique l'égalité des droits civiques et économiques entre Blancs et Afro-Américains. Point d'orgue du Mouvement des droits civiques, le discours est considéré aux États-Unis comme l'un des plus importants du XXe siècle.
 
Le discours débute par une référence à la Proclamation d'émancipation qui a libéré plusieurs millions d'esclaves en 1863. King déclare ensuite « qu’un siècle plus tard, le Nègre n'est toujours pas libre ». Poursuivant son discours, il s’écarte peu à peu de ses notes et improvise une anaphore, martelant l'expression « I have a dream » après que Mahalia Jackson lui a crié : « Parle-leur de ton rêve, Martin ! » Celui-ci décrit alors son rêve de liberté et d'égalité émergeant d'un monde marqué par l' esclavage et la haine.
 
Patrice Quiot