Vendredi 19 Avril 2024
PATRICE
Dimanche, 03 Mars 2024
botero03jdc
 
Botero et le 19 mai de Juan de Castilla…
 
« Je viens d'une famille modeste, mon père est maçon et «todero», comme on dit là-bas, c'est-à-dire qu’il fait ce qu'il peut. Ma mère est femme au foyer et s'occupe de mes neveux. J'ai un frère aîné auquel malheureusement la vie n'a pas souri. 
 
Dans ma famille, le monde du toro n'a jamais été quelque chose de proche, mais ceux qui le portent à l'intérieur, comme moi, sont empoisonnés à jamais. J'ai eu mon premier contact avec les toros grâce à l’oncle de mon père. Il avait une finca et c'est là que j'ai vu le toro au campo pour la première fois. C'était merveilleux, là j'ai commencé à rêver sans me rendre compte de l'ampleur de la tauromachie, je ne rêvais que de ce que je voyais, pas de sa taille réelle. 
 
Pero el paso fuerte por primera vez en toros, fue en un espectáculo cómico taurino, que tenía una parte seria en la que un becerrista mató un añojo. Y ahí quedé totalmente enamorado de esto.
 
La première fois que j'ai toréé les gens qui m'ont vu étaient très enthousiasmés. En discutant avec eux, nous avons commencé à rêver et à réfléchir sous quel nom j'allais m'annoncer. En parlant, plusieurs noms sont apparus : Juan Sánchez, Juan Pablo Sánchez était déjà celui d’un matador mexicain, Pablo Sánchez, Juan Correa... Ça ne convenait à personne. 
 
Quand ils m'ont demandé où j'habitais et que je leur ai répondu que c’était à Castilla, leurs expressions ont un peu changé lorsqu'ils ont su que je venais d’un quartier qui, à l'époque, avait le taux de criminalité le plus élevé de Medellín. Mais je connaissais bien ses habitants, ses rues, ses entrailles. C’est en pensant à eux que j'ai décidé de m'annoncer comme Juan de Castilla ».
 
Au lendemain de sa confirmation d’alternative à Las Ventas, Juan de Castilla s'est réveillé à trois heures du matin pour aller travailler. Il occupe un poste logistique dans une entreprise de messagerie. Il combine matins matinaux et journées de travail interminables avec son entraînement car il aspire à devenir figura. Ceux qui le connaissent parlent de la persévérance comme de sa principale vertu.
 
Fernando Botero l'a aidé dans ses débuts, il y a dix ans, en payant le billet d'avion pour réaliser son rêve d'essayer de devenir torero en Espagne : « Quand j’avais triomphé dans les arènes de Colombie, ce fut Fernando Arango (un matador à la retraite, son premier professeur) qui avait écrit à Fernando Botero pour lui parler de mes aspirations et des qualités qu'il voyait en moi. Il avait répondu en nous disant qu'il avait aidé d'autres artistes du pays à voyager à l'étranger, mais qu'il n'avait jamais soutenu un torero. Il nous a transmis son enthousiasme pour m'aider à la seule condition que je voyage en Espagne avec Fernando Arango pour que je ne sois pas seul. De là, nous l'avons informé de mon évolution, mes triomphes, mes mésaventures... Il a toujours été très attentif au-delà de l'économie des vols vers l'Espagne et de l'argent qu'il me donnait chaque mois pour pouvoir vivre « ici » pendant plus d'un an. »
 
Le matador de Castilla dit encore en parlant de Botero: « Il avait de très beaux détails avec moi, comme lorsque je combattis seul les six taureaux à Medellín… Il m'a encouragé et m'a dit que j'allais passer une épreuve difficile, mais que je devais essayer d'en profiter. Je lui ai offert le toro dont j'ai coupé les oreilles. Pour mon alternative, j'ai offert le premier toro à mes parents et le deuxième à lui. Sans son soutien, je n'aurais pas atteint cet objectif, ni d'autres qui sont venus plus tard. Il m'a soutenu pour avoir confiance en mes rêves et s'est comporté avec moi en classe ».
 
Aucune œuvre de Botero n'est accrochée aux murs de l'appartement de Guadalajara où habite Juan : « Je n'ai même pas un seul gribouillage, mais l'important est la gentillesse qu'il m'a montrée ». Il parle avec une grande admiration de l'artiste le plus international de Colombie : « Enfant, j'ai visité le Musée d'Antioquia lors d'une excursion scolaire. J'avais été impressionné par le volume, les différentes dimensions et l'utilisation des couleurs. Sa personnalité était aussi spéciale que ses œuvres, avec toutes ses nuances. Inimitable. Il a toujours eu à cœur de représenter la société colombienne, je me sens très identifié à lui. »
 
Fernando Botero mort le 15 septembre 2023, ne sera pas avec Juan le 19 mai 2024.
 
Ce jour-là, le matador de Castilla toréera un toro de Tomás Prieto de la Cal et un autre de Pagès-Mailhan le matin à 11h Vic… et deux de Miura l’après-midi à Madrid ! 710 kilomètres…
 
Baston, voiture, avioneta, voiture, hôtel, habillage, baston….
 
Al final, probablement peu a cobrar et peut-être beaucoup à gagner.
 
«Fortalezca su mente en cualquier momento y lugar » lui disait Botero.
 
Datos 
 
Juan Pablo Correa Sánchez
 
Né le 7 septembre 1994 à Medellín (Colombie)
 
Début en novillada piquée : le 30 août 2014 à Sacedón, novillo de José Luis Pereda aux côtés de Martín Escudero et du rejoneador López Bayo.
 
Présentation à Madrid : le 20 septembre 2015, novillo de Villamarta aux côtés de Miguel Ángel León et David Fernández.
 
Présentation en France : le 10 avril 2016 à Vergèze, novillo de Cuillé aux côtés de Manolo Vanegas et Tibo Garcia.
 
Alternative : 28 janvier 2017, à Medellín (Colombie), toro “Bolaefuego” de Ernesto Gutiérrez Arango, parrain Enrique Ponce, témoin Andrés Roca Rey.
 
Confirmation : 16/09/2023. Toros de Partido de Resina (3) y Sobral (3) ; Parrain Octavio Chacón ; témoin : Ángel Sánchez ; saludos y vuelta al ruedo.
 
Recordamos que el pasado mes de septiembre, dejó una grata actuación en Las Ventas frente a un toro de Sobral, pero fue ninguneada por el palco.
 
Prochaines fechas :
 
19/05/2024 : Vic-Fezensac (Gers) Francia – Toros de Saltillo, Palha, Tomás Prieto de la Cal, Antonio José da Veiga Teixeira, Hdros. del Conde de la Corte et Pagès-Mailhan pour Sánchez Vara, Octavio Chacón et Juan de Castilla.
 
19/05/2024 : Las Ventas (Madrid) - Toros de Hijos de Eduardo Miura Fdez pour Rafaelillo, Juan de Castilla et Jesús Enrique Colombo.
 
06/07/2024 : Céret (Pyrénées-Orientales) – Toros de Toros de Sobral (antes Hdras. de Bohórquez) pour Damián Castaño, Gómez del Pilar et Juan de Castilla.
 
Patrice Quiot