Samedi 20 Juillet 2024
ESCRIBANO
Dimanche, 14 Avril 2024
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El Toreo es grandeza...
 
Alors que le toreo surfe sur l’esthétisme au détriment de l’émotion, hier à Séville Manuel Escribano et les victorinos ont remis les fondamentaux de la tauromachie au centre du ruedo qui, « au commencement était l’émotion » selon Celine. 
 
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Aujourd’hui la tauromachie se conjugue trop à un jeu d’esthétisme plutôt qu’à celui de l’émotion. Certes, on n’a selon la critique et quelques aficionados, jamais aussi bien toréé que de nos jours. Sans doute, mais devant quoi ? Les techniques modernes permettent à chaque artiste de peindre, d’écrire mais si vous n’avez ni éclat, lumière, intrigue, suspens et le côté dramatique que devient l’œuvre ? Un objet de consommation qui s’oublie dès le lendemain. Hier, un homme se fait prendre à son premier toro. Part à l’infirmerie où on l’opère d’un coup de corne de 10cm puis revient en piste pour tuer son deuxième adversaire qui n’est pas parfumé à la guivauve et sent plutôt le drame et la table cirée du bloc opératoire. Un combat, un vrai. Une émotion bien réelle d’une faena qui peut à tout moment basculer. Certes, il n’y avait peut être pas d’esthétisme dans ce quart d’heure, mais quelle émotion, quel dépassement de soi. Il n’y a que la corrida pour offrir un spectacle pareil. Dans 2 ans, 5 ans, 10 ans on ne se souviendra plus des grandes portes de Fulano ou Mengano, mais du geste fou d’un Escribano, en bras de chemise et en jean, oui ! Comme nous nous souvenons de Galán à Pamplona, Nimeño et les Guardiola de Nîmes, José Tomás à Madrid le 5 juin (… et ailleurs) ou la Miurada de Béziers de 83. 
 
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Un bon acteur sait mettre de l’émotion dans l’action et de l’action dans l’émotion. Hier, Escribano à Séville, a remis l’émotion au centre de notre passion. « Chapo » maestro, le toreo est grandeur et Manuel Escribano Nogales un héros de la mythologie taurine.
 
Jean-Charles Roux
 
(Photos : Maestranza)