Samedi 15 Juin 2024
PATRICE
Lundi, 13 Mai 2024
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Feria de Pentecôte : Ou littérature en habit de lumières... (2)
 
Le premier chapitre de la seconde page de cette Pentecôte se lira le matin du samedi sous le soleil des onze heures trente.
 
On y verra de jeunes scribes rêvant de devenir des Prix Nobel de littérature, des Eugène de Rastignac aux dents longues se rêvant en José Antonio Morante Camacho. Parmi eux deux Français, et c’est très bien ainsi car tous tueront les erales de Raphael Chaubet qui reprit le fer de Pourquier, celui devant lequel à St Gilles en juillet 1969, se présentèrent sin caballos, Alain, Simon et Lucien.
 
 
On découvrira une autre forme de littérature dans le second chapitre qu’on lira le samedi après-midi sur le coup des six heures et demie.
 
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Sébastien Castella et Andrés Roca Rey écrivent dans le même registre. A l’effleurement, ils préfèrent la fureur ; ils prennent le parti du brut, de la tempête et dans ce répertoire de l’empoignade, du contact direct, du bouillonnement et de la déchirure, les deux excellent. En fait, ces deux immenses toreros s’expriment dans le même corte : celui du roman policier new age.
 
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Pas le polar de Simenon, celui du Maigret à la pipe et de la fine à l’eau dans le bistrot de la place Dauphine ; pas le polar de Conan Doyle à la couleur de tweed et de landes ou celui d’Agatha Christie aux effluves d’exotisme, de parfum et au goût douceâtre de mandarin-curaçao.
 
Sébastien et Andrés sont plutôt dans l’esprit de Myron Bolitar, le flic d’Harlan Coben, de Konrad, celui d’Arnaldur Indridason ou de Marino, le binôme de Kay Scarpetta l’anatomo-pathologiste de Patricia Cromwell.
 
Comme eux, Sébastien et Andrés vont au toro comme ils iraient à un braquage, la main sur le holster, le doigt sur la détente, prêts à flinguer sans gilet pare-balles. Les pieds immobiles, le capote en kevlar, la muleta en 357 Magnum, le corps droit, la tête haute, chantres du don de soi et de la colère, ils font une épopée de leur castagne avec l’argumenté.
 
Monstres de crânerie, leur sincérité est l’exposition, leur vertu est le statisme, leur objet la victoire ; metteurs en scène de l’interdit, ils toréent en justiciers, tuent sans hésiter et consignent dans leurs dépositions les oreilles de leurs planétaires sorties en triomphe. Narrateurs de l’impossible et écrivains de l’infaisable, Sébastien et Andrés toréent comme certains écrivent, pour imposer un ordre et le leur est irréfragable. 
 
Sébastien tuera le premier et le troisième ; Andrés le second et le quatrième.
 
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Raphael Raucoule «El Rafi», le moins gradé de la patrouille, viendra en troisième. Mais lui sera là pour autre chose que ses compagnons ; il viendra pour se dire en une vérité pas encore tout à fait révélée, pour montrer ce qu’il est, pour exprimer ce qu’il veut.
 
Pour ce faire, il devra œuvrer dans sa langue qui est celle de sa ville : un arlequin de délicat et de dur, de vertueux et de sensuel, de tendre et de canaille en toréant dans le privé, dans l’intime, presque en confession comme l’aurait fait un Romain Gary devenu torero. Dans cet esprit, son capote devra délicatement séduire, sa muleta subtilement exiger et sa main impérieusement occire. Ça, il aura à le dire avec la grâce d’un Raymond Radiguet qui se serait fait matador de toros et ça, il aura le cœur à le faire pour ouvrir la Porte des Consuls.
 
Car, chez lui, ce samedi de Pentecôte, Raphael Raucoule «El Rafi», n’aura pas d’autre choix.
 
Il tuera le troisième et le sixième.
 
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Blanca y roja est la divisa, «Garcigrande» le patronyme, Domecq, la filiation, Alaraz et Chagarcia-Medianero l’adresse d’où ils viennent dira la fiche signalétique des stars à cornes du jour.
 
Et même s’ils ont perdu leur arrogance d’antan, ce sont ces beaux voyous de Salamanque qu’affrontera la terna.
 
A suivre...
 
Patrice Quiot