Vendredi 19 Juillet 2024
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Dimanche, 07 Juillet 2024
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Le toro qui fit riche Juan Antonio Ruiz…
 
Affiche sévillanissime que celle de l'après-midi de ce jeudi 25 avril de l’année 1985 : 
 
Emilio Muñoz, au sortir d'une grave dépression, Tomás Campuzano, qui alterne corridas de luxe et corridas dures et Juan Antonio Ruiz « Espartaco » qui joue là sa dernière carte.
 
La corrida télévisée sur la Primera donne une dimension supplémentaire à la tarde.
 
Dans la calle Iris, Emilio apparait habillé de nazareno y oro, Tomás de tabaco y oro et Juan Antonio de gris perle et or.
 
Dans les corrales, une corrida de Manolo González et un toro qui allait changer la vie d'un torero.
 
L'hiver avait été particulièrement dur pour « Espartaco ».
 
A la fin de la saison précédente deux événements l’avaient profondément marqué. Un lundi de septembre, à Valladolid, après une corrida du marquis de Ruchena, Félix Pecellín, un Trianero qui faisait partie de sa cuadrilla avait été victime d'un infarctus du myocarde et sa mort à trente-cinq ans avait laissé le torero très affecté et, une semaine plus tard, Paquirri était tué à Pozoblanco.
 
En outre, la temporada 1984 ne s’était pas passée comme prévue.
 
Aussi cet hiver-là, le torero d'Espartinas avait laissé entendre que si la Feria d’Avril ne modifiait pas les choses il se verrait dans l’obligation de changer l'or pour l'argent.
 
José Luis Marca, son apoderado de l'époque, avait obtenu de Diodoro Canorea qu’il lui offre une corrida « regular » et une autre de luxe : celle de Joaquín Barral le vendredi de preferia et celle de Manolo González ce jeudi de farolillos.
 
Juan Antonio avait tué la première en compagnie de Manili et Lucio Sandín : Il ne s’était rien passé et « Juan Antonio emboca la corrida de Manolo González sabiendo que sólo queda una bala” écrivit Luis Carlos Peris dans le “Diario de Sevilla”
 
La corrida de Manolo González était venue triomphale : “Emilio sufrió de la rigurosidad del palco para cortar sólo una, Tomás había desorejado a los dos de su lote y también Espartaco había tocado pelo en el tercero de la tarde.” écrivit le même.
 
Et sortit “Facultades”.
 
Le cinquième, bien fait, colorao très typé en Nuñez; il portait le numéro 126, pesait 486 kilos.
 
Et il était neuf heures moins vingt.
 
Venía a por todas y Juan Antonio se fue a chiqueros para recibirlo a portagayola. El lío con el capote fue acompañado por la banda sonora del Maestro Tejera, presagiaba triunfo y sólo cabía desear que Facultades no se acabase antes de tiempo. En banderillas saludó Rafael Sobrino y a las nueve menos veinte de la tarde comenzó Espartaco a labrar la obra que iba a cambiar su vida. Empezó con ayudados por alto y por bajo para entregarse a una labor que tuvo mucho de recital. Y como mató de una estocada en todo lo alto, las dosorejas de Facultades iba a llevarlas en hombros para salir así al Paseo de Colón” écrivit le lendemain Luis Carlos Peris, dans le “Diario de Sevilla”
 
La vie de Juan Antonio Ruiz Román changea soudain à cent quatre-vingts degrés et ce soir-là, au Colón, José Luis Marca n’eut nul besoin d'appeler les impresarii dans la mesure où tous faisaient la queue pour lui parler.
 
La première chose que fit Marca fut d'envoyer un certificat médical à Cordoue pour annuler le compromiso de tuer une corrida de d'Isaías et Tulio Vázquez et d’attendre que tombent les devises fortes.
 
La vida se había encarrilado y sólo faltaba que a Juan Antonio no se le fuese otra vez ese tren que da la vida. Y a fe que no sólo no lo perdió sino que fue martillo y no yunque, mandamás del toreo durante un puñado de años.” écrivit encore le lendemain Luis Carlos Peris dans le “Diario de Sevilla”.
 
Sources : “Diario de Sevilla”/26/04/1985.
 
Datos 
 
Juan Antonio Ruiz Román «Espartaco», né le 3 octobre 1962 à Espartinas. 
 
« Con ocho años se puso por primera vez delante de una vaca, con doce toreó por primera vez en público, con quince con picadores y con dieciséis toma la alternativa en Huelva ».
 
Il occupe la première place de l’escalafón sans discontinuer de 1985 à 1991. En 1995, il est obligé d’interrompre sa carrière en raison d’une blessure survenue en jouant au football. Il reparaît en 1998 et se retire définitivement en 2002, ne participant plus qu’épisodiquement à des festivals.
 
Débuts en novillada sans picadors à Camas (province de Séville) le 19 mars 1975.
 
Débuts en novillada avec picadors à Ondara (province d'Alicante) en 1978.
 
Alternative : à Huelva (province de Cadix) le 1er août 1979 ; parrain « El Cordobés », témoin Manolo Cortés ; toros de Don Carlos Nuñez.
 
Confirmation d’alternative à Madrid le 25 mai 1982 ; parrain Paquirri, témoin Julio Robles ; toros de Don José Matías Bernardos.
 
Les cinq Puertas del Príncipe d’Espartaco :
 
27 avril 1982. Toros de Jandilla para Curro Romero, Francisco Rivera «Paquirri» y Espartaco (oreja y dos orejas).
 
25 avril 1985. Toros de Manolo González. Emilio Muñoz (oreja y vuelta al ruedo), Tomás Campuzano (oreja y oreja) y Espartaco (oreja y dos orejas).
 
13 avril 1986. Toros de Carlos Núñez para Curro Romero, José Antonio Campuzano y Espartaco (oreja y dos orejas).
 
28 avril 1987. Toros de Juan Pedro Domecq para Antonio Chenel «Antoñete», Manolo Cortés y Espartaco (dos orejas y oreja).
 
15 avril 1990. Toros de Torrealta para Curro Romero, Espartaco (oreja y dos orejas) y Julio Aparicio, que tomaba la alternativa.
 
Patrice Quiot