Lundi 05 Décembre 2022
Barcelone : Ya se acaba la Fiesta…
Lundi, 26 Septembre 2011

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Dans l’émotion générale, dernière sortie triomphale pour la terna lors de la clôture définitive…

Grand ciel bleu, no hay billetes, ambiance à la fois festive et grave, grands moments de torería et d’émotion, cette dernière corrida dans la Monumental a connu un peu de tout, mais pour un tas de raisons, elle restera bien sûr dans les mémoires. Comme la veille, les trois diestros ont répondu à une forte ovation en invitant leur cuadrilla, aux cris de « Libertad » descendus des tendidos…

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Juan Mora (saluts aux deux) a pinché une première faena qui aurait dû connaître un meilleur sort, tant il aligna les gestes toreros qui portèrent sur l’assistance, notamment au capote, sa spécialité.  Une excellente entrée en matière, d’autant plus qu’à la muleta, l’Extremeño dessina plusieurs séries allurées et templées. Dommage que deux pinchazos soient venus déprécier la valeur d’une œuvre souvent remarquable.

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Avec le quatrième, de piètres conditions, comme d’ailleurs la plupart des Pilar, Mora s’évertua à donner le change par des détails isolés, son adversaire s’avérant peu enclin à transmettre quoi que ce soit, par manque de combativité et de chispa. Entière et ovation d’un public conquis par la classe de son toreo. 

José Tomás (deux oreilles et oreille) était bien sûr très attendu. Dans son costume noir, on le sentit immédiatement à l’aise et en un quart d’heure, il allait largement combler l’attente du conclave en livrant incontestablement la meilleure prestation de sa courte saison. Un florilège de gestes profonds, depuis la dizaine de véroniques de réception rematées par une somptueuse demie, qui firent hurler les étagères, puis par un quite du même tonneau et enfin plusieurs séries gauchères comme au bon vieux temps… L’extase totale jusqu’à un estoconazo sin puntilla qui fit dresser des aficionados recouvrant l’arène de blanc avant la réception de deux oreilles et une vuelta de gala…

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Au cinquième, il brinda sa faena à l’auditoire et après de bons doblones suivis de naturelles qui firent sortir des olés de toutes les gorges, les détails de grande classe se sont succédés, mais face au peu de transmission de son opposant, les choses restèrent toutefois en  deçà de ce qu’il nous avait montré au tour précédent, deux pinchazos venant apporter un petit bémol à l’exécution d’un trasteo néanmoins plus que méritoire. Emouvante fin de vuelta lorsqu’il se rendit au centre non pas pour saluer, mais pour applaudir longuement le public qui venait de l’acclamer… Todo un Maestrazo !!!

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Serafín Marín (saluts et deux oreilles) était lui aussi au centre des débats, mais pour une tout autre raison. Représentant l’aficion de Catalogne au niveau professionnel, il tenta tout au long de la tarde de se montrer digne de cette responsabilité. Débutant avec un capote somptueusement décoré pour la circonstance, il ne put faire grand-chose face à une carne qui ne l’aida jamais, faisant même arrêter l’inopportune introduction de « Nerva »…

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Avec l’ultime toro sorti pour toujours (?) des chiqueros, Serafín allait s’attacher à finir dignement. Il mit toute sa volonté dans une affaire apparemment indécise, mais son entrega et son acharnement à ne rien lâcher, avec pour meilleur exemple l’espadazo final, ont persuadé le président comme la majorité du public que deux pavillons devaient sceller son histoire d’amour avec « sa » plaza, désormais vouée à l’abandon, du moins pour les toros. Vuelta très émouvante, avec ce baiser au sable suivi des applaudissements envers le public… avant de regagner la barrière totalement vidé, un long moment prostré, assis sur l’estribo.

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Puis après un léger flottement bien compréhensible, dernière vuelta, cette fois-ci sans aucun souci de comptage de trophées, les trois diestros étant emportés par le tsunami des aficionados qui avaient rejoint le ruedo pour participer à ce dernier baroud d’honneur. Après avoir franchi la grande porte, Serafín Marín a prolongé cette vuelta triomphale dans les rues de Barcelone suivi de sa cohorte, toujours aux cris de « Libertad ». Une liberté bien en berne ce soir dans la Cité Condale…

 

Paul Hermé

soler 2017

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