Lundi 09 Décembre 2019
Arles
Lundi, 09 Avril 2012

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Triomphe de Diego Ventura le matin et d’Iván Fandiño l’après-midi…

Matinée agréable côté météo, arène abondamment garnie, musique ayant retrouvé ses partitions, comme on aimerait que ce soit le cas pour les autres corridas, mais c’est vrai que ça ne dépend pas d’eux, bref, tout était réuni pour passer une bonne matinée de rejón. Et ce fut effectivement le cas !

On ne peut pas dire que les Murube, pourtant spécialisés dans ce genre d’exercice, aient beaucoup aidé les centaures, la plupart marquant une nette propension pour le refuge des planches, le deuxième passant même dans le callejón…

Fermín Bohórquez – saluts et silence – était venu remplacer Andy Cartagena. Sa première prestation, dans un style sobre et plutôt classique, connut quelques bons moments, sans toutefois beaucoup transmettre, puis il eut l’infortune de devoir abréger face à son second qui s’endommagea une patte suite à un recorte de la part d’un banderillero.

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Diego Ventura a carrément mis le feu. Il a fait étalage les deux fois d’un enthousiasme communicatif, de beaucoup d’adresse et de temple, d’un dynamisme et d’un sens du spectacle qui sont l’apanage des meilleurs, avec en outre une bonne dose de poder qui lui permet de passer sur tous les toros, même les moins propices au succès. Ce matin, rien n’a arrêté un Ventura remonté comme une pendule, multipliant les passages spectaculaires sur ses superbes montures et chauffant les gradins lors de deux trasteos enlevés et complets dans toutes les suertes, le tout conclu les deux fois par un rejón d’effet rapide. De la bien belle ouvrage… et une sortie a hombros chaleureusement fêtée par un public conquis.

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Seul petit bémol, mais ce n’est que mon avis, attention de ne pas se laisser emporter et griser par le succès au point d’en faire un peu trop et tomber dans des attitudes vulgaires. Un toro, ça se respecte, et finir en lui posant son sombrero sur la tête n’est pas franchement du meilleur goût !

Leonardo Hernández a connu une matinée irrégulière, mais relevée par des passages engagés, des quiebros spectaculaires et une certaine aisance dans les poses. On retiendra sa deuxième prestation qui lui a valu une récompense bien méritée à l’heure de clôturer cette course entretenue.

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L’après-midi, environ deux tiers d’arène par beau temps pour la venue des Fuente Ymbro. Des toros dans l’ensemble correctement présentés qui donnèrent un jeu inégal et parfois décevant par manque de fonds ou de forces.

Iván Fandiño - oreille et oreille – a été l’incontestable le vainqueur de l’étape. Avec son premier pupille de Ricardo Gallardo, il connut une situation plutôt déconcertante puisque après les piques, le toro roula au sol pour ne plus se relever, victime certainement d’une congestion, et dut être puntillé. Sortit à sa place un sobrero d’Antonio Palla avec lequel Fandiño composa un trasteo intelligent et bien dosé, fait de séries templées et engagées qui lui valurent un premier trophée.

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Avec le quatrième, le maestro d’Orduña doubla la mise, se faisant notamment remarquer par de superbes séries gauchères et montrant bien qu’il fait actuellement partie des toreros en verve, dans le sitio, et capables d’affronter tous types de toros. A ce titre, il a conforté par sa sortie arlésienne une position de solide postulant à toutes les grandes ferias.

David Mora - saluts aux deux - est toujours aussi élégant au capote. Son premier n’avait guère de forces et ne l’a pas aidé, mais c’est avec le cinquième, un superbe jabonero sucio qui prit deux fortes piques, que Mora montra un bagage technique très étayé et pas mal de recours face à un Fuente Ymbro finalement assez retors qui lui cherchait des noises, lui arrachant des muletazos valeureux, sans pour autant totalement s’imposer.

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Thomas Dufau - saluts et silence - eut en partage un premier client  avec lequel il esquissa de superbes capotazos de réception, se montrant encore à son avantage sur un quite par chicuelinas entre les deux assauts contre la cavalerie. Son adversaire avait des qualités, mais ses forces limitées ont contraint le Landais à composer un trasteo « cuidé », sans pouvoir totalement s’exprimer malgré quelques mouvements bien orchestrés.

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Face à l’ultime, Thomas ne put réussir le desquite, son opposant, du genre compliqué, le contraignant à lui arracher les passes dans un affrontement en demi-teinte bien rematé à l’estoc.

 

Paul Hermé

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