Lundi 23 Septembre 2019
Ángel Jiménez : Un mois de mai déterminant…
Samedi, 05 Mai 2012

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Ce jeune novillero ecijano qui s'est préparé chez nous va entamer un triple challenge de haute responsabilité...

aj05dJean-Claude Arnoux et César Pérez

Pour un novillero andalou, être apodéré par un Français, ce n’est pas très courant, mais pour Ángel, c’est devenu une réalité depuis que Jean-Claude Arnoux est devenu son mentor, aux côtés de l’ex-matador catalan César Pérez. Au départ,  c’est Bernard Marsella qui l’avait remarqué et engagé l’été dernier pour la novillada d’Istres où il fut le seul à couper une oreille aux novillos de Tardieu, remportant au passage le Trophée Pierre Pouly. Tout est ensuite allé très vite et sans avoir beaucoup toréé, Ángel Jiménez se retrouve actuellement propulsé aux premières loges avec en enfilade trois novilladas dans des arènes de première catégorie : Saragosse, puis Séville et Cordoue !

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Pour se préparer dans de bonnes conditions, Ángel est venu chez nous pour participer à plusieurs tentaderos, dont celui de mercredi chez Alain Tardieu auquel j’ai assisté, et vendredi soir, il était présent à Vauvert pour la présentation des cartels, tientant en prologue deux vaches, toujours d’Alain Tardieu, en compagnie d’un autre novillero qui lui aussi sera au cartel de la novillada de Palha le 1er juillet, Fabio Castañeda.

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Au terme de cette présentation, relatée hier, j’ai rencontré Ángel avant qu’il ne prenne la route de l’Espagne pour regagner rapidement Saragosse…

« J’ai dix-neuf ans, je suis né à Écija et depuis tout petit, j’ai été imprégné de toros. Il faut dire que mon frère aîné Paquito, qui a sept ans de plus que mois, fréquentait l’école taurine de ma ville, dirigée par Pepe Luis Vargas, et que mon père étant aficionado, il m’emmenait voir des courses, ce qui m’a donné très rapidement l’envie de me consacrer moi aussi au toreo.

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Mon frère a été novillero et il est à présent banderillero, on peut donc dire que je suis issu d’une famille taurine. Depuis tout petit, je voyais les capotes et les muletas de Paquito, ça me faisait envie, et c’est donc tout naturellement que j’ai emboité le pas…

J’ai toréé ma première becerra à sept ans, j’ai suivi ensuite mon frère à l’école où j’ai appris les rudiments du toreo, la technique, puis plus tard, à seize ans, en 2009, j’ai participé à des compétitions, j’ai triomphé lors du cycle organisé par Canal Sur en Andalousie, mais aussi à la Maestranza de Séville…

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L’année dernière a été plus difficile car je n’ai pas eu beaucoup d’opportunités, mais les novilladas que j’ai toréées m’ont beaucoup servi, notamment pour mûrir davantage comme personne et comme torero. J’ai pu mesurer combien ce métier était dur, je pensais aux compañeros qui toréaient alors que moi je n’avais que très peu cette opportunité, mais bon, les choses ont évolué positivement puisque cette année, grâce notamment à ma novillada d’Istres où j’ai triomphé, je démarre ma saison avec plus de contrats importants, ce qui moralement est primordial.

C’est un peu comme une course de fond, il faut y aller à son rythme pour arriver loin, sans trainer en route. C’est un peu comme ça que je vois les choses, mais toujours avec la perspective d’aller de l’avant…

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Pour le moment, trois courses importantes m’attendent dans mon pays, à commencer par Saragosse ce dimanche avec une novillada d’Adelaida Rodríguez, puis j’enchainerai au cours de ce même mois de mai sur Séville et Cordoue. Trois plazas de première catégorie, ce qui suppose une grande responsabilité, mais aussi trois occasions de progresser, voire de triompher. Je suis quasiment nouveau sur le circuit et il est clair que je veux me faire mieux connaitre. Je vais aller dans ces arènes avec beaucoup d’illusion, ce sera émouvant d’y faire le paseo, j’espère évidemment pouvoir afficher ma conception du toreo, dans le corte des toreros de sentiments, et transmettre au public.

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Il y aura aussi d’autres rendez-vous, et en ce moment pas mal de choses sont en discussion, mais il est évident que les premières échéances seront déterminantes pour la suite. Puis je viendrai toréer la novillada de Palha à Vauvert, ce qui me permettra de revenir chez vous.

En Espagne, avec la crise, tout est allé à la baisse et il est difficile de trouver quelqu’un qui puisse t’assurer des courses. Depuis Istres,  où Bernard Marsella m’a fait confiance et me suit de près, ma carrière est à présent entre les mains de César Pérez, avec qui je vais beaucoup au campo, et Jean-Claude Arnoux, qui  lui aussi m’apporte beaucoup. J’ai de très bons rapports avec eux et beaucoup de respect et de reconnaissance pour tout ce que ces trois personnes font pour moi, chacun dans son créneau.

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Le fait d’être loin de mes bases ne me dérange pas, je suis quelqu’un qui n’aime pas la routine et je me sens bien chez vous. J’aime bouger, il faut que chaque jour soit différent ! Ici, il y a une bonne ambiance taurine et tout le monde est très sympa avec moi, le seul handicap, c’est la langue, je ne comprends strictement rien pour le moment, c’est un peu comme si un Chinois arrivait en Andalousie !!!

Pour l’heure, j’ai Saragosse en tête et si je devais résumer mes objectifs, ce serait bien sûr de pouvoir exprimer au mieux mon concept du toreo, émouvoir le public et couper des oreilles pour assurer la suite de mon parcours. Je sais que ce sera très dur, mais j’ai confiance et je ferai le maximum pour franchir cette nouvelle étape au mieux… »

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Dans l’immédiat, suerte pour Saragosse, mais aussi pour les autres « compromisos » à venir… Pour ce que j’ai vu lors des deux tientas auxquelles j’ai assisté, Ángel Jiménez fait partie des novilleros « puestos » qui devraient occuper cette année le haut du pavé…

 

Paul Hermé

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