Samedi 23 Mars 2019
MARIE SARA
Jeudi, 12 Juillet 2012

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La force de la motivation pour deux gros challenges successifs, la Feria du Cheval aux Saintes puis la Madeleine montoise…

Au four et au moulin depuis quelques temps, Marie tient à ce qu’à l’heure H, tout soit parfaitement huilé dans le moindre détail. Ça requiert de nombreux déplacements, des réunions, des plannings à tenir et mille choses qui font un quotidien certainement exaltant, mais tout aussi éprouvant. A quelques jours de ces événements, je l’ai rencontrée aux Saintes pour une sorte de revue de détail…

La Feria du cheval des Saintes-Maries-de-la-Mer

« Quand tu crées quelque chose de nouveau, c’est vrai qu’il faut du temps pour que tout se mette bien en place, mais notre projet est ambitieux, il y faut pas mal d’investissement, autant financier qu’humain. On est une grosse équipe à y croire et à vivre à travers ça, je suis heureuse car c’est vraiment un beau projet. Je trouve que la tauromachie vit une période difficile et qu’il faut raconter des histoires autour, comme ici, aux Saintes, avec une petite arène certes, mais qui possède une identité et un caractère très forts. C’est en cela qu’il faut être créatif et il faut aussi que la tauromachie soit synonyme de culture, pas de traditions poussiéreuses…

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A ce sujet, je pense que le salon du livre a été une excellente idée, les gens d’Actes Sud et Chevaux du Monde m’ont suivie à fond, c’est formidable ce qu’ils font aujourd’hui, d’autant plus que ce n’est qu’un début, on n’en est qu’à la deuxième édition et c’est quelque chose qui va prendre de plus en plus sa place. On peut dire qua ça a doublé d’une année sur l’autre, tant en nombre de films que de livres et d’auteurs. Je pense que dans les années à venir, ce sera la principale rencontre française autour du cheval et que ce rendez-vous du 14 juillet deviendra incontournable. Un salon du livre et du film équestre, ça n’existe pas en France et quand on sait le nombre de gens qui sont amoureux du cheval, c’est carrément énorme !

En ce qui concerne les toros, il fallait aussi tenir compte de l’environnement, avec bien sûr les chevaux, mais aussi la musique… Ici, c’est aussi le flamenco, ce sont les seules arènes qui sont sur la plage, qui sont balayées par le vent l’hiver, il a toujours ce ciel bleu, c’est un  petit morceau d’Andalousie… Puis il y a la fête des Gitans,  c’est de là qu’est sortie la musique gipsy, il y en a dans tous les bars le soir, c’est vraiment une ambiance particulière… Il y avait bien une corrida avant, le 14 juillet, puis une autre au mois d’août, mais sans fil conducteur entre elles.  J’ai essayé de regrouper ce concept en un seul week-end dans une Feria du Cheval qui comprendra deux corridas, une à cheval et l’autre « à pied », mais les deux seront accompagnées par Diego Carrasco et María Toledo. La nouveauté, c’est bien entendu l’accompagnement flamenco pour une corrida de rejón. C’est carrément une première, ça ne s’est encore jamais fait et je dois dire que Pablo Hermoso de Mendoza est absolument ravi d’y participer. Ce sera certainement un événement incomparable, d’autant plus que Diego Carrasco est lui aussi très motivé par ce projet, il a composé des morceaux à partir de chaque monture, en tenant compte aussi du rythme des évolutions de Pablo…

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Puis il y a Moura, une grande dynastie, avec un événement qui me tient particulièrement à cœur, la venue du frère cadet de Joao, Miguel, qui vient tout juste d’avoir seize ans… Je vais les apodérer tous les deux car je crois vraiment en eux. Joao est de tous les jeunes celui qui a le plus de classe, tout le monde dit que c’est celui qui torée le mieux, même Pablo me l’a confié. Toutefois, il est très sensible et très fragile, avec parfois des pertes de moral, mais il torée avec une classe et une prise de risques assez extraordinaires. Le cadet, Miguel, c’est un peu le contraire, il a moins de technique pour le moment, ce qui est compréhensible compte tenu de son âge, mais il a une  fougue, une race, un charisme, un sens de la transmission qui font que ses débuts devraient être éblouissants…

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Puis il y a l’autre corrida, avec toujours cette empreinte flamenca qui restera à jamais l’image de marque des Saintes. Il faut bien entendu jouer le jeu jusqu’au bout, on a un très beau lot de Zalduendo et un cartel qui s’accorde bien à l’esprit de cette course. Finito de Córdoba a été certainement le plus flamenquiste qui existe, Juan José Padilla, il passe beaucoup de temps avec Diego Carrasco, c’est à la fois la générosité, l’héroïsme, il aurait pu se retirer après son accident, mais la passion est trop forte, il est à fond dans ce genre de contexte. N’oublions d’ailleurs pas qu’il vient de Jerez, c’est le compadre de Finito, et puis… il y a Javier Conde, qui l’an dernier avait coupé deux oreilles ici, et qui se fond admirablement bien dans ce créneau…

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Je pense que chaque arène a sa propre identité, quand je m’occupe de Mont-de-Marsan, c’est tout autre chose. Ce qu’il faut, c’est être bien en phase avec l’esprit du lieu, des participants et du public, c’est pourquoi aux Saintes, c’est cet esprit flamenco qui règnera toujours, dans toutes ses composantes. L’important, c’est bien de garder cette identité. Et bien sûr, on fait tout pour que les différentes manifestations tournent autour de cette ambiance. Avec en plus des courses et de la dimension culturelle, on pourra aussi y retrouver l’esprit festif autour notamment d’un défilé et de la noche flamenca sur la plage… On ira donc toujours dans ce sens et tant que Diego Carrasco et María Toledo voudront continuer l’aventure avec moi, ils seront là ! Ce sont de véritables génies… »

La Feria de la Madeleine de Mont-de-Marsan

« C’était très difficile de monter cette feria, d’abord parce que c’est une arène exigeante, comme toutes celles de première catégorie. Il y faut à la fois des vedettes et des lots plus toristas, les gens veulent voir par exemple à la fois Morante de la Puebla et une corrida d’Escolar Gil. Il y a donc un équilibre à trouver, il faut les deux concepts. Cette année, ça a été assez compliqué avec les problèmes du G10 cet hiver, il fallait  aussi tenir compte d’une enveloppe qui baissait, mais finalement, les principales figuras seront là, sauf bien sûr Manzanares, mais il était aussi prévu. Je suis très fière de cette feria, on a beaucoup travaillé dessus, je me suis beaucoup battu et investie, et on a réussi à faire quelque chose qui était pratiquement impossible sur le papier, compte tenu des réductions budgétaires, mais qui finalement a été monté en tenant compte de toutes les aspirations du public d’une part, et aussi de notre désir de présenter de la qualité.

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Les trois dernières années, on avait réussi à mettre des vedettes devant des toros qu’ils n’avaient pas l’habitude de prendre, supposés plus difficiles, eh bien ça a été une erreur. Il faut que chacun reste dans son corte, comme ça tu es sûr de ta présentation… D’ailleurs, quand vous allez voir les toros de Fuente Ymbro et Escolar Gil pour le créneau plus torista, vous verrez qu’ils correspondent bien au niveau de la première catégorie. Pamplona nous a demandé au dernier moment de les dépanner avec un toro de Fuente Ymbro parce qu’ils avaient des problèmes, on leur a cédé le 102 et il est sorti très bon. Tout ça pour dire que si Pamplona nous a demandé ça, c’est bien parce qu’ils savaient que nos toros étaient à leur niveau. Autre exemple, il a dans le lot d’Escolar quatre toros qui faisaient partie de la camada réservée à Madrid !

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Il y a aussi la corrida française de Margé, je pense que c’est très intéressant, c’est toujours difficile de convaincre les vedettes de prendre autre chose que leur bétail habituel et Ponce a accepté, même s’il s’agira d’un lot conséquent. Avec l’alternative de Mathieu Guillon, le jeune torero local, et la venue de Juan José Padilla, je crois qu’on tient là encore un cartel très intéressant… Puis le Juli, Morante, Talavante, Luque, Fandiño, Mora, Mendoza… en cinq jours, ce n’est tout de même pas rien ! Sans compter que les Français y ont trouvé aussi leur place, avec outre Guillon, l’autre local, Thomas Dufau, ainsi que Julien Lescarret pour sa despedida, sans compter la nouvelle révélation en novillada, Juan Leal…

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Cela dit, il faut toujours rester humble, on ne sait jamais à l’avance comment les choses vont tourner, il y aura toujours du doute et de l’inquiétude, mais sur le papier, aujourd’hui, je pense qu’on ne peut rien nous reprocher, d’autant plus que j’ai pris le soin cette année de prendre plus de temps pour être encore plus à l’écoute de l’aficion locale. J’ai rencontré les peñas et ça s’est bien passé, ils ont besoin d’exprimer leurs désirs, on les a écoutés et on en a tenu compte. C’est constructif de travailler comme ça, avec la Commission Taurine, mais aussi en ayant la confiance du maire, Mme Darrieussecq, qui comprend les choses et qui veut aussi remplir ses arènes, ce qui est légitime. On a déjà trois pleins sûrs et les deux autres fois, les arènes seront presque pleines… Il ne reste plus qu’à croiser les doigts !!! »

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Avant de laisser Marie retourner à ses occupations, et elles ne manquent pas en ce moment, nous avons évoqué à bâtons rompus sa carrière, dont elle dit ne rien regretter, mais qui a été très enrichissante, avec ce prolongement à travers l’apoderamiento qui la comble… Avec les frères Moura, Marie vit cette même passion, différemment certes, mais selon elle aussi exaltante, que ce soit avec Leonardo, puis maintenant avec Joao et Miguel…

Puis il y a la maman, avec notamment un petit qui pousse et qui, d’après ce qu’elle m’en a dit, ne vit que pour les toros. Bon sang ne saurait mentir… Et enfin, dernière question que je lui ai posée,  à savoir si elle avait envie de se lancer dans l’écriture d’un autre livre. Avec la vie trépidante qui est la sienne, le plus souvent centrée sur les chevaux et les toros, les anecdotes ne doivent pas manquer... Reste que la réponse, à laquelle je m’attendais un peu d’ailleurs, est tombée aussi claire que nette… Pas le temps ! Il est vrai qu’entre ses arènes et ses toreros, elle a largement de quoi faire ! Peut-être un jour…

Comme elle le dit elle-même, il ne reste plus maintenant qu’à attendre et croiser les doigts… Mais avec la qualité des plateaux, ce serait bien le diable s’il n’en sortait pas quelques moments exceptionnels, non ?

 

Paul Hermé

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