Mardi 11 Mai 2021
Nîmes

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Triunfazo d’un soliste à la virtuosité incomparable : José Tomás !

Onze oreilles une queue, un indulto, un bilan chiffré qui en dit long sur la qualité de cette encerrona et au-delà de ces considérations arithmétiques, c’est bien deux heures et demie de bonheur qu’ont vécues les aficionados venus de toutes parts qui garnissaient le cirque…

nim16dCliché panoramique de Jean-Claude Carbonne

Devant treize mille fidèles, la grand-messe débuta par une émouvante « standing ovation » durant le paseo puis pour faire bonne mesure, une invitation à venir saluer en piste avant que ne sorte son premier adversaire. Et là, quelque chose de prémonitoire en disait long sur l’attente et les espoirs du conclave : le silence. Un silence profond, absolu, comme je ne crois pas en avoir vécu avant ici. Un silence comme prélude aux clameurs qui allaient jaillir des gradins tout au long du déroulement de ce mystère en six actes joué dans une cathédrale dont la moindre pierre était occupée. Le calme avant la tempête…

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Effectivement, dès la sortie du Victoriano del Río, ce silence allait laisser place aux premiers olés quand le maestro de Galapagar  le reçut pieds joints par statuaires avant deux assauts bien dosés, entrecoupés d’un superbe quite par chicuelinas. Brindis à l’assistance puis entame impressionnante par le haut, toujours pieds joints, exploitant la bonne noblesse du bicho dans des séries notamment droitières faites de temple et de douceur. Entière qui libéra les deux premiers pavillons de cette tarde et qui fut à l’image de ce qu’allait être toute cette course : des estocades décisives faisant suite à des faenas courtes, sans excès de fioritures, une tauromachie épurée, allant toujours à l’essentiel. Comme sorties du manuel du parfait toreo. Les amateurs de faenas interminables, érigeant en dogme la circulaire inversée et autres trompe couillons pouvaient repasser…

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Avec le deuxième, de Jandilla, Tomás allait la jouer sur un registre différent, son opposant s’avérant plus âpre et accrocheur, voire violent. Deux bonnes véroniques émergèrent avant un premier puyazo bien contenu par le piquero face à l’agressivité du Jandilla, tout comme le second qui valut une ovation lancier. Début par le bas, avec trincherazo d’école, puis faisant admirer son poignet et sa ceinture, Tomás entreprit son ennemi uniquement à tribord, concluant d’une autre entière un poil tendida en se faisant repousser.

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Le troisième, du Pilar, prit une bonne pique avant un excellent quite par farols, puis deuxième rencontre rectifiée, au cours d’une lidia menée par Rafael Viotti, le seul Français de sa cuadrilla. Un honneur et une reconnaissance pour ce jeune banderillero arlésien qui a énormément progressé pour parvenir à se hisser au niveau des meilleurs. La preuve… A la muleta, José doubla le Pilar avant d’ouvrir le compas pour de suaves séries de derechazos puis des naturelles soyeuses, le corps totalement relâché. Un sonore « Barcelona taurina presente » jaillit des gradins puis troisième entière sous forme d’un espadazo qui libéra des cris de « Torero ! Torero ! »…

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Le quatrième, « Ingrato », de Parladé, allait avoir la vie sauve, ce qui fut presque anecdotique dans une course truffée de tant de moments de grande musique… Sautant sous la présidence en provoquant un gros susto dans le callejón, ce mansito allait ensuite afficher une grande caste qui allait permettre à Tomás d’exécuter après la pique et des quites de haute intensité un faenón pour l’histoire, s’avançant en piste muleta pliée, sans ayuda. S’ensuivit un festival de naturelles, certaines de face, qui firent déclencher la musique et virer le cirque au rouge vif, la tension montant jusqu’à une pétition d’indulto, certes discutable, mais qui dans un tel climat devenait compréhensible. Et José n’eut plus qu’à raccompagner « Ingrato » jusqu’au toril, ce qu’il fit avec toujours autant…. de grâce !!!

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Le quinto, de Garcigrande, prit un premier puyazo bien dosé puis un second pour la forme. Quite de Morenito de Nîmes avant un suave début de faena par le haut, Tomás s’adaptant aux conditions de son adversaire, au demeurant réservé et allant a menos jusqu’à finir parado, pour construire un trasteo technique et ajusté en mode encimista. Autre coup de canon.

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L’ultime, un second exemplaire de Victoriano del Río, s’avéra le moins intéressant. Il sortit aux cris de « Viva la Fiesta Nacional » ! Bien pris sur un premier assaut suivi d’un quite par gaoneras, avant une deuxième rencontre rapidement expédiée puis un quite du deuxième sobresaliente, Manolo Carbonell. Aux banderilles, saluts de Rafael Viotti… Brindée à l’assistance, la faena débuta bien à gauche et le toro ne l’aidant guère, par manque de forces et d’allant, s’ensuivit un combat rapproché sans possibilité de lier comme il l’aurait voulu, Tomás puisant dans ses recours techniques pour sauver la face. Dernier estoconazo.

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En définitive, un grand moment de tauromachie avec ce « one man show » inoubliable conclu par une sortie a hombros de gala. Tout simplement une corrida pour l’histoire… avec au passage, au moment de franchir la Porte des Consuls, un abrazo fort mérité envers l’orfèvre de ce chef-d’œuvre, Simon Casas…

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Pour voir la vidéo de Feria TV, cliquez ICI

En soirée, triomphe de Sébatien Castella qui a coupé trois oreilles aux Daniel Ruiz pour deux au Juli. Reseña et photos en fin de matinée.

Avec Feria TV, voir la vidéo de la corrida de rejón en cliquant ICI et celle du mano a mano Morante-Manzanares en cliquant

 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels

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