Vendredi 14 Mai 2021
Fermín

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Chez Antonio, quand la couture s'assimile à l'Art Taurin...

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En fait, c’est très simple, tu sonnes, tu montes, tu entres, et tu dis à Antonio López : « Bonjour, j’ai décidé d’être torero, il me faut donc un équipement complet ! »… Et là, tu es tombé pile sur la bonne adresse car dans sa boutique, on trouve effectivement tout ce dont tu as besoin pour devenir une figura ! Bref, quand tu en sors, tu es prêt pour aller faire le paseo à Las Ventas !!!

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D’ailleurs, ça m’étonne même que ce « sastre taurino » n’ait pas pris pour devise : « Chez Antonio, c’est comme chez Casto, y’a tout ce qu’il faut » !!!

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Trêve de plaisanterie, comme aurait dit La Palice, Antonio ne s’appelle pas Fermín ! Fermín, c’était son frère, longtemps à la tête de l’entreprise familiale, et à son décès, c’est donc lui, Antonio, qui a repris le flambeau. Une tradition qu’il maintient au quotidien, en passant des heures et des heures à s’affairer pour satisfaire ses clients, du plus modeste torero à la figura consacrée.

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Chez Fermín, le client est traité avec soin, et la plupart des professionnels qui sont passés par chez lui sont restés fidèles à sa marque. D’ailleurs, en cette veille de San Isidro, évidemment, le travail ne manquait pas…

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De la rue, on ne devine rien. Juste une plaque sur une porte ordinaire qu’il faut pousser après avoir prévenu, puis on grimpe à l’étage et là, on tombe sur… le palais des merveilles ! J’exagère un peu en parlant de palais, car si l’endroit est plutôt exigu, il renferme tout de même de quoi régaler les yeux des clients, et franchement, si j’étais torero, je me ferais du souci pour ma carte bleue ! Car tout incite la convoitise, des costumes aux trastos, d’une qualité et d’une beauté remarquables…

fer10zCostume pour Diego Urdiales

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D’abord, on entre dans la pièce d’exposition, un salon où sont exposés capotes, muletas, tissus de toutes couleurs pour costumes de lumières et de campo, ainsi que toutes sortes d’accessoires. Déjà, on en prend plein les yeux, et avec les vitrines qui décorent la pièce, encore plus.

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Et là, derrière son comptoir, Antonio écoute les demandes des clients, note tous les renseignements, expose les modèles souhaités, sort son livre de commandes, des opérations bien orchestrées avec bien sûr, des conseils, des remarques, des suggestions, pour que le client reparte avec un produit qui lui donnera entière satisfaction.

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Ce jour-là, avec les élèves de Christian Lesur, on a pu assister à un essai d’un capote par Joaquin, et bien entendu, Antonio lui a trouvé le modèle adéquat qu’il a ensuite imprimé avec son nom.

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Je précise tout de suite que chez Antonio, les choses se passent « à l’ancienne », que ce soit pour le matériel ou la confection, et les opérations se déroulent dans le calme, à son rythme, avec beaucoup de soin, de minutie et de précision. Bref, en plus de celui du commerce, Antonio a le sens du temple !!!

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Il a d’abord imbibé un tampon d’encre noire, a sorti ses lettres métalliques sous forme de pochoir, les a disposées avec une précision remarquable avant d’appliquer le tampon. Ensuite, pour laisser sa signature, il a appliqué un autre tampon, celui de sa firme, qui indique la provenance du produit. L’étiquetage, en quelque sorte…

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Sur la lancée, Joaquin est passé dans une autre pièce pour essayer le pantalon de campo. Là, dans ce salon d’essayage, tous les grands maestros ont défilé, pour une prise de mensurations très importante, car ce genre de costume ne supporte pas l’approximation. Comme on dit, il faut qu’il tombe impeccable…

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Après que Bastien ait choisi un sac pour capotes et muletas, nous sommes passés à la deuxième partie de la visite, en fait un sacré privilège, puisque le maître des lieux nous a fait visiter, son arrière-boutique, son atelier, bref, les coulisses, l’envers du décor.

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Alors là, autant le dire tout de suite, on reste stupéfait par tout ce qui est contenu dans cette partie cachée de l’iceberg, on se demande presque comment il peut entasser tout çà, comment il peut s’y retrouver… mais visiblement, il s’y retrouve !

fer10oPour Morante de la Puebla

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Avec ses commentaires, le nom des toreros à qui allait revenir tel traje, et avec aussi les mille ingrédients qui allaient constituer le produit fini, chaquetilla, taleguilla, chaleco, camisa, pañoleta, faja, medias, zapatillas, mais aussi, fils d’or et d’argent, boutons, alamares, un véritable éblouissement…

fer10tPour Manzanares

fer10vPour El Juli

Mais encore tous les ustensiles, les machines, où là aussi il ne faut pas s’attendre à voir le dernier cri des appareils en vogue !

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A l’ancienne, comme avant, car Antonio se sent détenteur d’une certaine orthodoxie et n’est pas du genre à se laisser entraîner dans les dérives du modernisme…

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Avec lui, nous avons parlé de mille choses, du costume de José Tomás pour Nîmes, comme de celui du Juli pour son triomphe à la dernière corrida de Resurrección de Séville qu’il doit reprendre après avoir beaucoup souffert, un admirateur lui arrachant même une épaulette ! Ou encore celui de sa récente blessure, où on peut encore voir sur la taleguilla des traces de sang séché !

fer10qEpaulette pour le costume du Juli

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Dans l’immédiat, Antonio travaille notamment sur le traje de luces d’Alejandro Talavante pour sa prochaine encerrona à Las Ventas, et de mille autres commandes qu’il honorera, c’est sûr, le jour J, car l’homme tient à défendre son image de marque et il sait bien que s’il est une chose qui commence toujours à l’heure, c’est bien la corrida !

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Quand on s’est quittés, après avoir pris l’incontournable cerveza au café du coin, alors que je lui demandais comment il pouvait résumer son activité, Antonio m’a tout simplement dit : « C’est encore plus qu’une passion, c’est toute ma vie !!! ». Une vie d'artiste, assurément...

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Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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