Jeudi 06 Mai 2021
Nîmes, Vic, Madrid, Fritero, Hemingway…

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Sortie a hombros par la Porte des Consuls pour Juan Leal et par celle des cuadrillas pour Javier Castaño…

Enfin une journée complète de toros sans la moindre goutte d’eau et trois quarts d’arène le matin pour assister au sacre de Juan Leal par Sébastien Castella avec deux toros de Núñez del Cuvillo, deux d’Alcurrucén et deux  de Garcigrande.

Sébastien Castella : saluts, oreille et oreille.

Juan Leal : oreille, saluts et deux oreilles.

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La cérémonie s’est déroulée avec « Andadosa », toro de Cuvillo, élevage venu remplacer au dernier moment les Jandilla, ce dont personne ne s’est plaint. Un toro noble à qui il manquait un peu d’éclat dans les attaques, la force n’étant pas son argument majeur. Après une invite à saluer, Juan demanda à son parrain de le rejoindre dans l’ovation. Ensuite, bon capoteo par véroniques puis deux rencontres et un quite par chicuelinas, avec quelques protestations motivées par la faiblesse du bicho.

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Echange des trastos, brindis à la famille et début en douceur avant poursuite en mode encimista. Entière caída qui libéra un premier pavillon. Avec le quatrième, d’Alcurrucén, plus compliqué car de charge peu claire et parfois violent sur les retours, Juan ne se démonta pas et bien guidé depuis le burladero par José Antonio Carretero qui ne ménagea pas ses conseils, il fit preuve d’une grosse détermination et de beaucoup d’aguante. Après un final rapproché, les aciers firent retomber le soufflet.

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Devant l’ultime, de Garcigrande, Juan se fit applaudir au capote avant deux piques sans grand style, la deuxième pour la forme, suivies d’un bon quite du sobresaliente Jérémy Banti. Brindis à l’assistance et bonne entame à genoux au centre en citant de loin. L’Arlésien continua par redondos templés dans une faena meilleure à tribord terminée dans les cornes avec accrochage sans grands dégâts. Entière après pinchazo, descabello et deux esgourdes qui l’autorisaient à rejoindre son hôtel par la Porte des Consuls.

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Sébastien Castella fut d’abord remarqué par la beauté de son costume blanc avec des parements lilas puis par la qualité de ses premiers capotazos avant de se faire confisquer son capote par le Cuvillo. Bon quite par chicuelinas après le premier assaut suivi d’un second pour faire le compte et belle réplique de Juan. Second tercio applaudi et faena commencée par le haut, son adversaire affichant une bonne dose de noblesse altérée par des forces trop justes. Bons enchaînements toutefois, naturelles élégantes, final encimista avec desplante et entière après pinchazo, le tout étant conclu par deux escabellos. Avec son Alcurrucén qui afficha rapidement sa mansedumbre, Sébastien alla chercher sa récompense au terme d’un trasteo bien construit, essentiellement droitier, conclu par entière après un final dans les cornes. Son Garcigrande prit deux rations légères avant un bon quite de Leal par navarras, la suite valant à Javier Ambel de saluer pour avoir casqué deux paires spectaculaires. Brindis à l’auditoire, positionnement au centre pour un cambio face à un toro qui hésita longtemps à démarrer, puis deux autres cambios et faena donnée dans un petit périmètre par un Biterrois sûr de son sujet, étalant maîtrise technique et aguante, le tout se terminant une nouvelle fois dans le berceau. Entière tombée et autre oreille, celle qui l’autorisait à sortir par la porte des cuadrillas, ce que Castella n’a pas fait, préférant rejoindre le fourgon à pieds.

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L’après-midi, changement de décor avec les toros de Miura et beaucoup de monde sur les étagères pour voir un lot bien présenté  duquel ressortit le dernier, « Remontito », qui eut les honneurs de la vuelta posthume.

Antonio Ferrera : vuelta, silence et oreille.
Javier Castaño : saluts, saluts et deux oreilles.

Après une minute de silence observée pour rendre hommage à Hervé Balley et le picador Fritero, Antonio Ferrera entama les débats en faisant admirer sa dextérité au capote puis avec les banderilles. Faena soutenue à mi-hauteur de niveau inégal, entière après pinchazo. Au troisième, auteur de deux assauts protestés, il brilla encore avec les palos, brinda à l’assistance, mais dut expédier les affaires courantes face à un bicho qui s’était invalidé.

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Face à un quinto noble mais juste de forces, le second tercio pour lequel il invita les banderilleros de Castaño fit lever les étagères. S’ensuivit une faena décidée composée de muletazos méritoires lui valant un trophée après entière.

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Javier Castaño est revenu sur son terrain de prédilection avec la volonté une nouvelle fois affirmée de faire le spectacle avec sa cuadrilla en apportant un soin particulier à la lidia. Après trois assauts à la cavalerie, on remarqua un quite par colleras avec Ferrera, chose assez inusitée mais dans la droite ligne des intentions de Castaño de proposer quelque chose d’inédit et de spectaculaire.

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Saluts de David Adalid et Fernando Sánchez aux banderilles, brindis au Juli et entame décidée avec séquence agenouillée. Le Miura le prit rapidement pour cible en envoyant des scuds meurtriers mais ses forces limitées ternirent un peu l’impression d’ensemble malgré un bel aguante du Salmantino. Avec le quatrième, Castaño fut applaudi au capote avant deux puyazos sans style avec bon quite de Ferrera. Second tercio à charge d’Adalid, Sánchez et Ferrera qui furent ovationnés, brindis au respectable et début au fil des planches poursuivi par un trasteo complet mal rematé aux aciers.

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Face à l’ultime, le meilleur de l’envoi, le public vibra avec le tercio de piques de Tito Sandoval en trois assauts puis un quatrième donné dans la longueur au regatón, avec accompagnement musical. On remarqua le quiebro de David Adalid au second tercio puis Castaño brinda à l’assistance, se lançant alors dans un trasteo, montera vissée sur la tête, complet sur les deux rives conclu par un canonazo. Sortie a hombros sous les congratulations d’un public ravi… Mon petit doigt me dit que l’on risque fort de revoir Castaño et les Miura en septembre !!!

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VIC

 Matin. 6 toros de José Escobar. Le second comme sobrero.

 Rafaelillo, framboise et or: silence et silence.

Manuel Escribano, rose pâle et or: une oreille et salut.

Paco Ureña vert pomme et or: silence et saluts après avis.

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Dimanche soir. Quasi lleno. Averses violentes. Paseo retardé d'une demie-heure.

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 Fernando Robleño (photo Nadège Vidal)

 6 toros de Cebada Gago, le sixième "Somnanbula" numéro 107 Vuelta al ruedo.

 Fernando Robleño en rose trémière et or: salut et une oreille après avis. Fernando Cruz vert empire et or: silence et silence. David Mora en bleu ciel et or: silence après un avis et vuelta.

 Journée très vicoise, "como antes" au fond. De la pluie glaciale, des toros impeccablement présentés, de bons et de mauvais moments. Bref, une journée entretenida. La corrida de José Escobar a été très controversée. Elle était impressionnante. Les deux premiers se sont employés le plus sous la pique et sous les leurres. Les deux suivants étaient des mansos de catégorie. Les deux derniers avaient de la qualité mais manquaient de carburant.

 Rafaelillo s'en est vu pour se débarrasser du quatrième, manso de catégorie. Il a du son salut à son métier et à son courage. Paco Ureña trop vert pour une rencontre un peu trop musclée pour lui, n'a pas pu tirer son épingle du jeu. On ne lui enlèvera pas son courage. Manuel Escribano est en pleine forme. Rien ne l'effraie. Il domine les trois tiers et celui des banderilles particulièrement. Son envie fait plaisir à voir. Il emballe tout le monde par son enthousiasme. Sa deuxième faena devant un animal noble mais faible a montré qu'il n'était pas seulement un guerrier, mais aussi un torero qui a le sens du rythme, élégant et varié dans son style. C'est vraiment l'homme en vue de ce début de temporada. Il peut devenir une icône car, cerise sur le gâteau, il tue avec décision.

 Le soir, très hamonieuse la corrida de Cebada pour les amateurs du genre en tous les cas: les premiers, deuxième et cinquièmes des estampes dans le type de la maison. Elle fut intéressante dans l'ensemble avec deux grands toros, le quatrième violent mais spectaculaire et surtout le sixième qui partit de loin à la pique et qui fut pas la suite vibrant sous la muleta, humiliant et répétant ses charges sans se lasser. Il fit donc une vuelta, controversée comme de juste...

 Fernando Robleño ne se fit pas prier pour toréer malgré une piste détrempée. Il fut justement ovationné pour cela. Saluons aussi le travail des garçons de piste. Une piste qui malgré tout a nui au spectacle, elle causa sans aucun doute des chutes intempestives.

 Fernando mit le paquet face au quatrième et lui déclara la guerre. Beaucoup d'émotion dans une faena peu orthodoxe mais avec une générosité totale qui emballa le public fort justement. Il eut le dessus dans cette bagarre sans pitié face à un adversaire qui se bougeait et qu'il sut assujettir. Il tua d'une entière et la récompense fut largement demandée. Comme Paco Ureña le matin, Fernando Cruz n'était pas à sa place dans ce genre de confrontations rugueuses. Il fut débordé par le cinquième qui sans doute permettait plus. Il le tua mal et il y eut quelques sifflets. L'avenir s'obscurcit pour le torero madrilène qui jouait là à domicile puisqu'il y a de nombreux fans dans le Sud-Ouest.

 David Mora est passé à côté d'un grand succès au sixième. A la muleta, il s'accorda parfaitement à la caste boyante de "Somnambula". Il le toréa dans un mouchoir de poche avec ce mélange de fermeté dominatrice et de recherche esthétique qui en fait un des toreros les plus intéressants du circuit. Un torero qui doit beaucoup à Vic où il a souvent triomphé. David, pourtant réputé bon tueur, fut particulièrement calamiteux à l'épée, ce qui l'empêcha de bien remater cette journée. Du moins aura-t-on vu les qualités (remarquables pour qui sait regarder) du somnambule de Cebada.

 Pierre Vidal

 MADRID

Beau succès de Juan Bautista à Las Ventas, l’Arlésien coupant une oreille de son deuxième adversaire de Carmen Segovia.


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Oreille aussi pour Juan del Álamo et Diego Silveti face à des Bohórquez.
Photo : Juan Pelegrín – Las Ventas

FRITERO

 Le picador Fritero, mon ami “La Frite”, mon copain Dédé, est décédé. Demain, une chronique…

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 Le même jour, Pepe Luis Vázquez nousq quittait aussi à l'âge de 91 ans.

 HEMINGWAY

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Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels

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