Jeudi 24 Juin 2021
Diéguez

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Rencontre avec le novillero Mario Diéguez lors d’un tentadero chez Olivier Riboulet…

 Avec tout autour des toros, des chevaux… et même des cigognes, avec encore le mistral enfin calmé en ce lundi printanier, la ganadería du Scamandre offrait un cadre enchanteur pour la venue du novillero Mario Diéguez, en pleine préparation avant deux échéances importantes, à Madrid puis Séville. Et en habit de lumières, s’il vous plait…

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Avec Olivier Riboulet sur le cheval, qui administra à son pupille un excellent puyazo, Mario, secondé par Miguelito et un de ses compatriotes banderillero, eut à s’entendre avec un toro de six ans et après la pique, il composa une faena harmonieuse sur les deux côtés, mettant en exergue son temple, son aisance technique et bien sûr son envie face à un adversaire noble, mais sérieux.

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Bref, un entrainement positif que Mario doit poursuivre ces prochains jours sur nos terres avant de rejoindre la capitale où pour la San Isidro, il affrontera le lundi 12 mai des novillos de Fuente Ymbro en compagnie de Román et José Garrido…

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« Je suis né en Andalousie, à Coria del Río, et mon père qui avait voulu être torero, a finalement été aficionado et il m’a transmis son aficion. Il était currista, mais ce n’est qu’après, à l’adolescence, que je me suis réellement intéressé aux toros grâce à un copain de collège qui voulait être torero. Il me montrait des photos en train de toréer et peu à peu, je me suis pris au jeu, mon intérêt grandissait jusqu’au jour où moi-même je me suis mis devant un toro.

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J’ai débuté en m’entrainant avec un banderillero, je toréais peu puis je suis allé à l’école AMATE de Séville pour participer aux novilladas de promotion organisées par Canal Sur. Ensuite, on m’a appelé pour toréer, notamment en France, où maintenant Jean Gilbert me donne un coup de mains. Actuellement, je passe quelques jours dans votre pays pour activer ma préparation au campo avant le rendez-vous de Las Ventas, pour tienter et tuer des toros en privé. J’aime beaucoup votre pays car les gens vivent leur aficion avec une autre sensibilité, j’ai rencontré ici beaucoup de chaleur, et j’ai une affection particulière pour la France taurine.

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Je suis déjà allé deux fois à Las Ventas, d’abord le 14 juillet où les choses se sont assez bien passées, et ils m’ont répété en août, où ça a encore été positif. Ensuite, j’ai aussi toréé à Galapagar, où j’ai coupé deux oreilles, puis à Moralzarzal (Madrid) où je me suis fracturé le scaphoïde. Malheureusement, quand l’empresa de Madrid m’a rappelé pour la Feria de Otoño, j’ai dû déclarer forfait à cause de mon poignet…

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Je me prépare comme ça s’est toujours fait, sur le plan physique, avec aussi avec du toreo de salon et du campo, mais c’est difficile chez moi d’entrer dans les tentaderos, surtout en Andalousie où c’est très compliqué, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça. C’est plus facile à Salamanca et chez vous, mais paradoxalement, c’est plus difficile dans ma province...

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Je serai le 12 mai à Madrid et le 15 juin dans la Maestranza de Séville. A Las Ventas, je me suis senti bien à chaque fois et à Séville, je n’y suis allé qu’en sans picadors, et maintenant, avec picadors, je ne sais pas quelles sensations je vais éprouver... A Madrid, ça s’est très bien passé avec l’aficion et à Séville, je considère que c’est un privilège de pouvoir y aller en novillada piquée…

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Si je devais citer un modèle, ce serait Rafael de Paula, pour son corte artistique, car je ne considère pas le toreo comme un travail, mais comme un art ! J’aime la spontanéité, la créativité, l’élégance, tout ce qui est en relation avec l’art. Je pourrais aussi citer Morante de la Puebla, que je connais un peu et envers lequel je suis très reconnaissant car lorsque j’étais en non piquée, il m’a notamment aidé pour aller au campo… Je respecte tous les toreros, évidemment, mais j’ai une préférence pour ceux qui expriment des sentiments, comme les deux déjà cités, mais aussi Manzanares padre, Finito et bien d’autres dans le même corte, y compris des maestros comme Antoñete, Curro Vázquez... Mais celui qui me rend fou, avec l’art qu’il imprime à tout ce qu’il fait, c’est tout de même Rafael de Paula !

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Pour cette temporada, je n’ai pas d’objectifs, précis, je prends les choses comme elles viennent, je suis plutôt du genre à vivre au jour le jour. C’est pareil pour l’alternative, ce que je veux, c’est me régaler lors de chaque tarde, et l’alternative, si ce n’est pas cette année, ce sera pour l’an prochain ! Je crois en mon destin, et les choses arriveront quand elles doivent arriver… »

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Suerte, Diego, pour ces deux « compromisos fuertes », et pourquoi pas, d’autres chez nous…

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Quant à Olivier Riboulet, il attend désespérément d’année en année la moindre visite d’une empresa… Avec plusieurs corridas dont il doit hélas se séparer, faute du moindre contrat alors que pas plus tard qu’en 2009, il avait reçu le prix de la meilleure corrida de la temporada. A n’y rien comprendre…

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Pour l’heure, afin de subvenir aux frais de la ganadería et de maintenir le troupeau pour lequel il s’est battu, il en est réduit à proposer avec son épouse des produits de la ferme estampillés AOP… et pour lesquels je tombe tous les mouchoirs ! Pour leur saveur et en guise de soutien, je vous les conseille, des fois que vous passeriez par le Scamandre…

 

Paul Hermé

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