Dimanche 09 Mai 2021
Alès, Captieux...

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L’unique oreille pour Salvador Vega, indulto d’un eral de Philippe Cuillé en matinée…

 Donnée par beau temps devant trois quarts d’arène, la corrida concours, toujours entretenue, n’a pas eu pour autant le succès escompté, le plus souvent à cause du bétail. Irréprochable de présentation dès lors qu’on admet qu’on n’est ni à Madrid, ni à Pamplona, avec juste un bémol pour la corne droite en pinceau pour le Criado, les toros ont eu ensuite plus de mal à passer la rampe, certains dès le tercio de piques, rarement exaltant, mais surtout par la suite, à la muleta. D’ailleurs, si les prix au meilleur lidiador et piquero n’ont pas été attribuées, ceci explique cela…

A noter encore que François Gilles est à nouveau intervenu en piste pour rappeler la légalité de la corrida à Alès et la volonté des aficionados de voir le droit respecté, alors qu’il est systématiquement remis en cause par ceux qui se targuaient de faire annuler les corridas et qui en ont été la veille pour leurs frais (voir chronique du jour « Camp retranché »).

A l’issue du paseo, une minute de silence a été observée à la mémoire de Jacques Monnier…

Sortie des toros : Barcial, Puerto de San Lorenzo, Valdefresno, Adolfo Martín, Juan Manuel Criado et Camino de Santiago.

Rafaelillo (silence aux deux) débuta la séance avec le Barcial, un superbe berrendo, lucero, calcetero, qui après avoir envoyé valdinguer quelques planches et s’être engouffré dans le capote, prit trois piques, la dernière en venant du centre, mais sans complètement s’employer.  La suite fut des plus aléatoires pour le petit Rafael, son adversaire jouant la défensive sans être avare de retours brusques et menaçants. Trois quarts tendida et deux descabellos. L’Adolfo Martín, bien dans le type, ne lui permit pas de réussir le desquite. Prenant trois puyazos sans éclat, il s’avéra court à la muleta et si Rafaelillo afficha quelques bonnes dispositions à l’entame, la suite l’obligea à jeter l’éponge face au manque de charge et de continuité de son opposant. Pinchazo puis entière.

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Salvador Vega (saluts et oreille) a été le plus en vue. Le poulain de Tomás Campuzano prit d’abord un Puerto de San Lorenzo manso et distrait qui fit illusion sur la première arrancada, et ce fut tout, le tercio étant abrégé après le second assaut. Tardo dans ses attaques, il ne fut pas un adversaire commode pour le Malagueño, qui tenta d’intéresser le conclave, sans se départir toutefois d’une certaine irrégularité dans les mouvements. Trois quarts tendida. Avec le quinto, de Criado, qui sortit avec fougue mais qui fut quelconque sous le fer, Salvador, qui s’était déjà distingué au capote, entama après un bon second tercio une faena bien construite, donnant la distance et profitant de la noblesse de son opposant, aux forces un peu justes, pour tirer plusieurs séries relâchées et ajustées. Pinchazo puis entière trasera avant de promener la seule esgourde du jour.

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A noter qu’à l’issue de la course il remporta le prix au meilleur lidiador et sa cuadrilla celui… à la meilleure cuadrilla, œuf corse !

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Alberto Lamelas débuta avec un Valdefresno playero qui provoqua un sérieux batacazo, le piquero passant sous le cheval et devant gagner l’infirmerie, remplacé par son compañero au troisième assaut. Brindis à l’auditoire, entame décidée, mais le Valdefresno changea brutalement de comportement, finissant parado. Lamelas n’eut d’autre alternative que d’en finir, ce qu’il fit par metisaca, deux pinchazos puis entière. La séance se termina par le Camino de Santiago qui donna quelque fil à retordre à la cuadrilla. Mal lidié,  le tercio de piques s’avéra brouillon, avec une donnée hors limites, et après brindis à Jean-Marie Bourret, Alberto fit preuve de décision et de vaillance, exécutant notamment à droite quelques muletazos valeureux, même si l’ensemble s’avéra irrégulier. Entière et deux descabellos.

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En matinée, pour la novillada non piquée, « Badon », excellent eral de Philippe Cuillé, répéta sans cesse ses embestidas avec classe, et a été indulté par Fernando Flores, de l’école taurine de Badajoz, qui coupa encore deux oreilles à son second, après les deux oreilles et la queue symboliques octroyées pour l’indulto.

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A l’issue de la course, Flores sortit a hombros sous une chaleureuse ovation qui allait aussi à Philippe Cuillé, le ganadero du Grand Badon. Et ce matin, incontestablement, Badon a été grand !!!

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El Gallo, de Valencia, a obtenu une récompense à son premier, puis silence à l’autre.

(Photos de la non piquée : Annie Saurel)

CAPTIEUX

 Lleno. Novillos d’El Tajo y La Reina.

 Fernando Rey : silence et silence.

 Clemente : silence et palmas.

 Andrés Roca Rey, qui débutait avec les picadors : oreille et deux oreilles.

 Prix à la meilleure estocade : Roca Rey au 6ème. Meilleure cuadrilla : celle de Clemente. Meilleur picador : Diego Ochoa, pour le tiers réalisé au cinquième.

 Une vingtaine d'antis - chiffre en baisse sur l'an passé -, contenus à l'extérieur du campo de féria.

 Belle allure de l'envoi de Joselito, homogène et sérieux sans exagération. L'ensemble noble, mais sans candeur; le troisième et le cinquième complets; le second juste de force, se réservant. Tout cela demandait à être toréé...

 Fernando Rey a de la bouteille: il sait faire et se tire à son avantage des situations compromises. Il lui manque néanmoins cette pointe de fantaisie, ce "pellizco" pour attirer l'adhésion du conclave. Il est passé donc sans peine ni gloire.

Clemente a le goût de bien faire les choses: par le bas et lentement. Hélas, toutes les situations ne se prêtent pas à cet idéal. Durement secoué d'entrée, il mit du temps à se remettre et eut du mal à revenir à 100%. Il fut pris à plusieurs reprises durant la faena. Entre ces moments d'angoisse, on a pu voir la qualité de ses intentions, son allure, sa classe. Moments éphémères qui lui valurent néanmoins la sympathie générale. Il aurait pu être mieux récompensé s'il avait mieux assuré à l'épée. Il est sur la bonne voie, néanmoins : celle de la créativité, de la personnalité.

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 Pour ses débuts avec les castoreños, Andrés Roca Rey a remporté la palme. Un succès qui comptera, marqué par l'entrega qu'on lui connaît, la variété de son jeu à la cape comme à la muleta et aussi, c'est essentiel pour triompher, son efficacité à l'épée avec un estoconazo sin puntilla lors de son second passage. Le Péruvien va devenir sans aucun doute une des attractions majeurs du circuit noverill. C'est une vraie personnalité, son volet bouillant étant apaisé par les conseils avisés de José Antonio Campuzano qui a déniché avec Andrés, une nouvelle pépite.

(Pierre Vidal - Photo : Bruno Lasnier)

 

 

Paul Hermé

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