Mercredi 19 Mai 2021
Marc Serrano

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Rencontre à quelques jours de sa confirmation madrilène…

On dit que c’est le rêve de tout torero, comme une espèce de signature sur la carte de visite. Cette opportunité, elle est enfin devenue une réalité pour le Nîmois qui dimanche prochain fera le paseo à Las Ventas pour combattre des Saltillo très sérieux, comme les trois clichés en témoignent, en compagnie de Luis Miguel Encabo, son parrain, et Joseillo, son témoin.

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Depuis que la nouvelle est effective, Marc Serrano a intensifié sa préparation, parcourant le campo pour lidier des toros, et lors d’une récente incursion chez nous, j’ai eu l’occasion de le rencontrer, notamment lors d’une soirée taurine chez Alain Bonijol. Les sensations sont là, le moral est bon, Marc semble fin prêt pour aborder l’épreuve…

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- Marc, la confirmation à Madrid, c’était le bon moment pour toi ?

- Dans un esprit de logique de carrière, tout matador de toros doit aller confirmer à Madrid. J’essayais d’obtenir un poste depuis plusieurs années, on avait eu des promesses, mais finalement, ça ne s’était pas concrétisé, puis cette année, j’ai enfin pu être  intégré dans un cartel. Dans ma situation, j’ai besoin de mettre les pieds dans une arène importante, ça n’a pas été faisable  à Nîmes pour des raisons diverses qui ne m’incombent pas, puis Madrid, qui permet à des toreros dits modestes d’avoir une opportunité de relancer leur carrière, est dont venu au bon moment. Je considère çà comme un second souffle…

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- Comment on obtient un contrat à Madrid ?

- En ce qui le concerne, comme je l’ai dit, j’ai essayé pendant plusieurs années, par des voies qui n’ont pas été convergentes. Depuis l’an dernier, je m’entraine régulièrement avec El Boni, une amitié est née et à partir de là, il a décidé de m’aider et il m’a dit que compte tenu de ma situation, il serait important que je puisse toréer à Madrid. On a fait beaucoup de campo et en décembre dernier, il m’a dit qu’il irait voir José Antonio Chopera pour lui en parler. Il le connait bien car lorsqu’il était matador de toros, c’était José Antonio qui l’apodérait. Il est allée le voir en février, il lui a exposé ma situation et il lui a dit oui tout de suite, ajoutant qu’il ne pourrait pas me mettre en début de saison, ni à San Isidro, mais que ce serait possible dans l’été. Il a donc tenu sa parole et on a eu la confirmation de la date fin juillet et à partir de là, les choses se sont accélérées. Il est évident que tant que rien n’est officiel, tu restes un peu dans le doute, tu as toujours peur jusqu’au dernier moment que pour une raison ou une autre, ça ne puisse plus se faire, mais voilà, maintenant on y est, tout est officiel. Mais c’est vrai que je dois tout ça en grande partie au Boni car lui aussi a connu un parcours difficile. L’année où il s’est relancé, il ne toréait pas beaucoup, puis il a tété déclaré triomphateur de San Isidro et c’est comme ça qu’il a pu entrer ensuite dans toutes les ferias ! Il a connu le haut de la profession après bavoir connu le bas, c’est pour ça qu’il est passé par la situation que je vis et qu’il la comprend bien.

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- Que représente cette confirmation pour toi ? Un accomplissement, le début d’une nouvelle étape ou une fin en soi ?

- Un accomplissement, oui, car lorsque l’on est jeune novillero, on rêve forcément de prendre l’alternative, puis quand on a atteint ce but, on souhaite évidemment la confirmer à Madrid ! Le début d’une nouvelle étape ? Je le souhaite, bien sûr, j’espère que ça se passera du mieux possible et que ça me permettra d’ouvrir de nouvelles portes. Si malheureusement, ça se passe mal, ça entrainera une nouvelle réflexion, mais je n’y vais pas dans cet esprit.  C’est pour ça que dans l’immédiat, ce n’est pas une fin en soi ! De ces trois éventualités, je retiens surtout l’espoir que ce soit le début d’une nouvelle étape…

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- Est-ce que cet événement nécessite une préparation spéciale ?

- Je n’ai pas réellement changé ma préparation au quotidien car il y a longtemps que je m’étais préparé à ça, mais sur les dernières semaines, on a accentué tout ce qui est axé sur l’entrainement au campo. Des amis ganaderos m’ont aidé, comme Jean-Marie Raymond, Philippe Cuillé, Victorino Martín,… Le but a donc été de toréer le plus de toros possibles en privé et comme l’éleveur de Saltillo n’avais pas de toros à vendre en privé, on a essayé de trouver des élevages qui se rapprochent de cet encaste. On va aller toréer deux toros chez La Quinta le dimanche 31, puis le mardi 2 septembre, on ira chez Victorino Martín…

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- Tu vis à Madrid, tu connais bien Las Ventas… Est-ce que tu t’y es rendu pour prendre en quelque sorte tes repaires ?

- En effet, peut-être que j’irai un matin sans rien dire à personne pour faire un tour dans le callejón, observer la piste…

ms01uAvec Victorino fils, Didier Cabanis et El Boni

- Que penses-tu de cet encaste Saltillo ?

- J’ai vu des photos des toros, ils me paraissent très sérieux, ils sont forts, avec beaucoup de tête. Apparemment, elle est un peu basse, j’ai eu toréé des corridas de Victorino et d’Adolfo et d’autres apparentées à cet encaste, on est sur le même plan. Maintenant, ce cet élevage, ce sera la première fois. (NDLR : Saltillo est le deuxième fer de Moreno de Silva).

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- Peux-tu nous donner quelques détails sur ta temporada ?

- J’ai débuté lors d’un festival dans le village de ma grand-mère, Velez-Rubio, puis la corrida mixte de Vauvert puis la corrida de Cebada Gago à Tafalla le 15 août… et enfin, il y aura Madrid ! Ça n’a pas été une saison très fournie, mais pour moi elle a été intéressante car à côté de ça, avec le Boni, elle a été intense en entrainements et profitable pour mon évolution technique.

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- Que penses-tu du cartel ?

- Encabo et Joselillo, ça me va très bien. Je n’ai jamais toréé avec eux en corrida, mais je les ai connus en tienta, notamment chez Victorino, et j’ai d’excellents rapports avec eux. Une petite anecdote… Le jour où on a appris officiellement que j’étais engagé, on était à Ávila pour la corrida de reprise de Campano et une heure avant le paseo, Luis Miguel Encabo était dans le callejón et c’est nous qui lui avons appris qu’il était engagé pour parrainer ma confirmation… car il n’était pas au courant !

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- Pour cette circonstance particulière, tu t’es fait confectionner un costume ?

-   Oui, j’ai fait faire un costume neuf chez Fermín. Il sera gris et or, comme celui que je portais de novillero, qui venait de César Rincón et qui m’a souvent porté chance.  En outre, c’est une couleur que j’aime beaucoup.

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- Autre chose concernant cette cérémonie, tu as pensé à ce que tu allais dire ?

- Par rapport au parrain, je répondrai en tenant compte de ce qu’il me dira. Quant aux brindis, il y a tellement de personnes à remercier… puis il y a le moment présent qui fait qu’on l’oriente d’un côté ou d’un autre.

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- Tu ressens du soutien autour de toi ?

- Oui, il y a mon club taurin qui m’a toujours soutenu, c’est quasiment le même noyau depuis que je suis novillero, j’ai des gens rochesui m’on aidé dans ma préparation, Didier Cabanis et Philippe Cuillé, qui m’ont fait tuer des toros en privé, Jean-Marie Raymond chez qui je peux aller m’entrainer régulièrement, Victorino Martín et Victoriano del Río qui m’ont fait cadeau d’un toro, mais j’ai eu pas mal d’éleveurs, de gens proches comme d’aficionados, qui se ont resserrés autour de moi. J’ai fortement senti cet appui venant de toutes parts qui est très important pour moi et je les en remercie vivement…

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Suerte, Marc. Que ce dimanche madrilène comble tous tes souhaits…

 

Paul Hermé

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