Mardi 18 Mai 2021
Manuel Escribano (II)

me21xzDeuxième volet de la rencontre avec Manuel Escribano…

"Le Toreo, c'est toute ma vie !!!" 

TOROS

« Les circonstances l’ont voulu ainsi, mais je pense être un torero avec un bagage assez large pour affronter tous types de ganaderías, ça c’est fait comme ça et je crois être capable de jongler entre les différents encastes.

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APODERADOS

J’en ai changé pas mal parce que c’était le plus souvent des gens qui n’avaient pas assez de force, ils me donnaient ce qu’ils pouvaient, ils avaient de bonnes intentions, mais je n’arrivais pas à toréer avec eux dans les conditions que je souhaitais et je devais changer de stratégie à chaque fois. Les périodes difficiles ont renforcé mon désir de progresser et d’arriver plus haut, j’en suis sorti grandi. Se lever tous les matins pour s’entrainer en sachant que l’on n’a rien devant, il fallait avoir un moral d’acier… que je n’ai jamais perdu ! J’ai gagné en humilité, ce sont de bonnes leçons de la vie et ça apprend à garder les pieds sur terre...

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J’ai bénéficié alors en Amérique de certaines amitiés de mon père, des gens m’ont donné un coup de mains, le fait de pouvoir toréer au Venezuela avec les figuras m’a fait beaucoup de bien et si je n’étais pas alors allé là-bas, je n’aurais pas eu la même opportunité en Europe !

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Ensuite, après des années sans toréer ici, Robert Pilès m’a fait confiance en me mettant à Aire sur l’Adour. J’avais tué une corrida de Victorino à Antequera et l’éleveur avait parlé de moi favorablement à Robert et c’est là où le lien s’est tissé entre Robert et Stéphane Meca. C’est ce qui m’a donné un nouveau souffle et ça m’a permis de toréer d’autres corridas en France, ce qui m’a relancé.

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Je connaissais déjà Robert sur le plan professionnel et après la corrida d’Aire, nous avons discuté à l’hôtel et nous sommes tombés d’accord pour la future temporada. On est parti de rien, on n’avait pas de dates, et je me suis gagné les contrats les uns après les autres.

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La corrida de Cebada Gago à Saint-Gilles en 2012 fait partie de celles qui m’ont beaucoup apporté, je me suis senti très bien, c’est à partir de ce moment-là que l’on a pu voir mon évolution et que l’on m’a donné d’autres contrats chez vous…

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SEVILLA

Puis il y a eu le grand jour, cette substitution de Séville, qui m’a vraiment lancé dans le grand bain. En vérité, après la blessure du Juli, j’ai appelé Robert Pilès depuis les gradins, ça parait un peu dur mais c’est la réalité… Je lui ai demandé d’appeler vite les organisateurs pour voir s’il y avait une opportunité de profiter de la substitution pour la miurada. Mon ami et banedrillero Antonio Manuel Punta s’y est mis lui aussi.

 

me21eA la sortie de la corrida, j’ai croisé Ramón Valencia, le bras droit de Canorea, mais je lui ai juste dit bonjour… pour qu’il se souvienne de moi ! Ensuite, je suis rentré chez moi et j’ai attendu, en me demandant qui d’autre que moi pouvait remplacer El Juli pour cette miurada. Le lendemain matin, Robert m’a appelé pour me confirmer que j’avais le poste et qu’il fallait mettre rapidement tout en place parce qu’évidemment, ce rendez-vous était primordial pour moi, c’était une chance unique et je n’avais pas le droit de me manquer…

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 L’après-midi, je suis allé au campo pour m’entrainer, chez Manuel Ángel Millares, tout le monde prenait soin de moi, le ganadero en premier lieu, avec le souci majeur qu’il ne m’arrive rien avant cette corrida à la Maestranza ! Du coup, il m’a mis deux petites becerras !!! Robert et Stéphane étaient descendus illico de France et avec ma famille autour, quand on s’est tous retrouvés à la maison, c’était des moments magiques…

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C’était ma première corrida de Miura, j’en avais seulement toréés au campo en tentadero… Je savais très bien ce que j’avais à faire, j’ai pris ça avec du recul, je savais que de toute façon il faudrait tout donner, et pour moi, franchement, il fallait y aller sereinement, quel qu’en soit le résultat ! Je devais faire ce que j’avais dans la tête et avant la course, alors que j’étais avec Stéphane dans ma chambre d’hôtel, je lui ai demandé ce que les Miura avaient de particulier et s’il y avait une clé qui pourrait m’aider à bien les toréer. Il m’a répondu que j’avais déjà pris des toros bien plus difficiles et qu’il fallait que je rentre dans la bataille sans idées préconçues…

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Je pense qu’il faut toréer avec la façon dont on ressent les choses, il y a bien entendu des toros qui répondront positivement et d’autres non, et en l’occurrence, à Séville, ça s’est bien passé. De toute façon, c’est au torero à imposer sa loi, quel que soit le toro ! Je me souviens de tout, de la faena avec l’émotion qui montait, je l’ai ressentie, mais il fallait que je garde la tête froide, sans m’emballer, pour continuer sur le même ton, sans précipiter les choses. J’ai senti à un moment que je laissais un peu d’air au toro et quand je marchais vers lui, je pensais que j’étais en train de réaliser enfin mon rêve, que le triomphe était au bout, mais en même temps, il fallait recadrer les choses, ne pas me laisser emporter par l’émotion,  et ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…

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Mon entourage est aussi très important dans ces moments-là, et avoir de bons conseils depuis la barrière permet parfois de corriger le tout parce que ces personnes ont le recul que je n’ai pas en étant dans l’action…

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Ce triomphe m’a logiquement apporté beaucoup, il m’a ouvert pas mal de portes, avec aussi celui un peu plus tard de Pamplona… Je me suis mis à enchainer davantage les courses, mais ma préparation n’a pas changé dans la mesure où même quand je ne toréais pas, ou peu, je me préparais déjà de la même façon, comme si je toréais quatre-vingts corridas de toros ! Ma vie professionnelle a changé, bien sûr, mais ma vie personnelle reste la même, elle est dépendante du rythme du toro, des entrainements, et au fond, ça n’a rien changé !

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Le soir de ce triomphe de Séville, je n’ai guère eu le temps de le fêter car j’étais mort de fatigue ! Beaucoup de personnes sont venues dans ma chambre pour me féliciter et ensuite, nous sommes repartis à Gerena pour boire une coupe de Champagne à la maison. Mais j’étais vraiment cuit ! »

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La soirée s’est terminée par les questions diverses, mais mon magnéto, ayant rendu l’âme, je précise de mémoire qu’il a encore été question de son futur apoderamiento par Taurodelta, Manuel voulant s’attacher les services de quelqu’un de confiance qui puisse le faire toréer partout et qui le suivrait. Manuel a ensuite révélé que ses modèles de toreros étaient Paquirri et El Juli, et au sujet des toros, même s’il prend à peu près tout, il a indiqué que ses préférences allaient vers ceux de Victoriano del Río et Victorino Martín et qu’enfin, pour répondre à une question du curé aficionado et práctico Jacques Teissier qui lui demandait ce qu’était en définitive le toreo pour lui, le maestro de Gerena a tout simplement répondu : « C’est toute ma vie » !!!

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En cette période de vœux, on va dire un grand « Suerte » à Manolo, en lui souhaitant pour 2015 la poursuite d’une trajectoire encore couronnée de triomphes importants…

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Prochain « Rincón » à l’Espace Pablo Romero de Nîmes  le vendredi 16 janvier 2015 avec le ganadero Juan Pedro Domecq Morenés…

 

 

 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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