Lundi 17 Mai 2021
Aguado/Galdos

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Rencontre avec Pablo Aguado et Joaquín Galdos, deux lauréats de l’UCTPR…

Retour donc, comme promis, sur le tentadero de dimanche dernier à la finca « Bellombre » de Raphèle, ganadería de Pierre-Marie Meynadier…

A l’issue de la tienta, et avant de déguster un excellent sanglier à la broche (la tauromachie mène à tout !!!), j’ai profité de l’occasion, car tous repartaient en Espagne le lendemain, pour m’entretenir avec les deux novilleros et leur mentor respectif…

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PABLO AGUADO

« 2014 a représenté pour moi la temporada rêvée par le nombre de novilladas auxquelles j’ai participé, trente-deux, mais aussi pour les arènes dans lesquelles j’ai pu me produire, comme Séville, Bayonne, Ronda, Puerto de Santa María, Jerez… J’ai eu la chance que ce se soit bien passé et j’ai le plus souvent triomphé. Le succès le plus important a eu lieu à la Maestranza de Séville, mais pour moi, le plus fort sur le plan émotionnel a été celui de Ronda car il m’a comblé pour le cadre, l’ambiance et le fait que ce n’est pas souvent que l’on peut entrer dans un cartel dans cette arène !

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Cette année, je vais débuter en piquée, en principe à Olivenza, on ira aussi à Séville puisque le triomphateur en non piquée gagne automatiquement un contrat plus un costume de lumières, et je sais que j’ai pas mal d’engagements des deux côtés des Pyrénées.

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Je suis enchanté de venir toréer en France, j’ai été très agréablement surpris par l’aficion qu’il y a chez vous, par exemple lors de la remise du Trophée Paul Ricard, avec autant d’aficionados qui traitent le toreo et le torero avec autant de respect et j’ai beaucoup apprécié l’organisation, à la fois classique et moderne. C’est en cela qu’en Espagne, on a pas mal de choses à apprendre de vous ! J’ai aussi beaucoup aimé l’ambiance qu’il y a dans vos arènes et chaque fois que j’ai pu y toréer, qu’elles soient grandes ou petites, je m’y suis senti en confiance par l’aficion qui s’en dégageait.

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Je m’entraine à Sanlúcar de Barrameda où je vis, avec El Pollo, un de mes banderilleros qui vit aussi là-bas, et Luis, mon apoderado. On s’entraine dans les arènes et je vais assez souvent tienter dans les ganaderías, le plus souvent andalouses. A Sanlúcar, il y a de nombreux toreros, on vit pour le toro, on travaille le physique, on torée ensemble de salon et on s’entraine aussi au carretón.

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Je ne suis encore que novillero et j’ai bien sûr quelques domaines à travailler pour m’améliorer, comme l’épée qui est le talon d’Achille de la plupart d’entre nous et qui m’a coûté pas mal d’oreilles cette année ! C’est technique, mais c’est aussi une question d’habileté et de chance. C’est un domaine où je suis encore très irrégulier et je travaille donc pour obtenir plus de régularité car j’ai bien conscience de l’importance de cette suerte…

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On n’est sûr de rien, mais pour moi, en ce qui concerne l’alternative, l’idéal serait de faire une saison complète en piquée en 2015 et ensuite, selon mon avancement dans cette catégorie, de l’envisager au cours de la temporada suivante ou au début de l’autre. Où ? A Séville… ou à Nîmes, une plaza où il y a une tradition d’alternatives de catégorie ! »

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LUISITO

« On est très heureux d’être venus ce week-end en France, d’abord pour recevoir le prix des Clubs Taurins Paul Ricard. C’était une grande journée parce qu’il y avait beaucoup de monde et pas mal d’organisateurs, ensuite parce que l’on a pu faire du campo vendredi chez Pagès-Mailhan puis chez Meynadier. On est en pleine préparation pour ses débuts avec picadors, fort probablement à Olivenza, et la chose la plus surprenante est que l’on est le 31 janvier et que j’ai déjà signé pour Pablo une dizaine de novilladas, avec dans le lot plusieurs arènes importantes, dont certaines en France. J’ai même du mal à y croire !

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Je n’ai pas l’intention de le protéger à outrance, j’ai juste envie qu’il fasse une belle saison et de l’aider à atteindre son rêve. Il ne faut pas non plus trop brusquer la machine, nous ne sommes pas pressés pour entrer dans certaines arènes où je ne vais pas faire le forcing, mais je le répète, pour un novillero débutant en piquée, l’afflux de propositions me surprend.

Il a été très bien, notamment à Séville où devant une Maestranza pleine à craquer il a coupé deux oreilles l’été dernier et où on lui a joué la musique au capote. Egalement à Ronda, lors de deux grandes tardes, mais je reste surpris de voir les aficionados qui le suivent. Bien sûr, ça le motive, il est conscient qu’il lui arrive quelque chose d’incroyable !

Disons qu’en Espagne, les organisateurs attendent les premières ferias, Olivenza, Valencia et Castellón pour commencer à faire leurs cartels. Mais s’il renouvelle son triomphe de Séville où il devrait se produire en avril, alors là, pas mal de portes devraient s’ouvrir et de dix on passera à vingt dans une demi-heure ! Les choses ont changé, avant tu allais dans les petites arènes, et si tu marchais fort, on te prenait dans les grandes, mais maintenant, c’est un peu l’inverse, ils attendent que tu sois annoncé dans les grandes pour te proposer un contrat dans les autres !!!

Pablo est issu d’une famille importante de Séville, de par son père qui a été Hermano Mayor de la Esperanza de Triana pendant quinze ou vingt ans, ce qui te confère un rang social reconnu. Pablo est le fils de Julio Aguado, et à Séville, ce n’est pas rien ! Il a une tauromachie qui a beaucoup plu à la Maestranza et les aficionados sont tous derrière lui…

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Le jour de la finale, c’était plein. Le matin, il y avait une queue de cinquante mètres pour acheter des billets pour une novillada non piquée dans la Maestranza un jeudi soir !!! Je n’avais jamais vu ça de ma vie… Ils sont conscients qu’aujourd’hui, Pablo peut potentiellement devenir le novillero de Séville, après Lama de Góngora et quelques autres. Il est appelé à prendre cette place…

En fait, je suis co-apoderado avec Enrique Peña. J’ai beaucoup de chance car je me suis associé avec quelqu’un qui est très bon là où je ne le suis pas, et inversement. Donc, nous nous complétons très bien. Je suis davantage sur le terrain et lui dans les officines. Il est plus diplomate que moi, il sait mieux arrondir les angles et on peut dire qu’Enrique est un fin négociateur. Moi, je m’attache plus particulièrement à la partie taurine, l’entrainement, sa préparation… Nous sommes en parfaite osmose, Enrique est aussi matador de toros, il sait de quoi il parle, on sait exactement  où on veut aller, mais on ne prend pas les mêmes chemins ! Donc Pablo prend et apprend des deux…

L’an dernier, on a quand-même atteint trente-deux novilladas sans picadors et notre travail est en train d’être reconnu, à tel point que plusieurs matadors nous ont demandé de nous occuper d’eux ! On a refusé parce que cette année, on a décidé de nous consacrer uniquement à Pablo. La suite dépendra évidemment de ses résultats et pour envisager l’avenir, à savoir l’alternative, bien sûr qu’on y pense, mais c’est encore loin. Si je devais fixer une échéance, ce serait à la fin de la temporada 2016, après deux saisons en novillada piquée pour être fin prêt. Ce serait pour moi le timing parfait ! »

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« Saint-Gilles m’a beaucoup apporté. Je n’en étais qu’à ma troisième novillada piquée, c’était pour moi une tarde de grande responsabilités car c’était la seule que j’avais en France, c’est un pays très important par rapport à ma carrière.

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La novillada de Blohorn est sortie bonne mais exigeante, mes compañeros n’ont pas eu trop de chance, mais pour ma part, j’étais très heureux d’avoir pu couper quatre oreilles ! Ce triomphe m’a permis de remporter le titre de triomphateur dans ma catégorie et j’ai été très content de venir recevoir ce prix !

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Cette novillada et cette distinction m’ont beaucoup servi sur le plan de la répercussion, et j’aimerais toréer encore plus chez vous au cours de la prochaine temporada ! Pour le reste, j’ai aussi triomphé assez souvent en Espagne et aussi à Lima. Je suis né au Pérou, mais actuellement, je vis à Málaga où je me prépare autant physiquement que de salon, avec aussi des tentaderos. Je suis très critique envers moi-même et je fais mon possible pour corriger les défauts afin d’être fin prêt pour les futures échéances, sur le plan physique comme mental.

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Je me sens en forme, ce qui est nécessaire car la temporada débute tôt, je vais aller à Garlin et en cas de triomphe, je sais qu’il y aura des répercussions pour la suite. C’est pour ça que je tiens à arriver le mieux préparé possible. L’an dernier, j’ai toréé vingt-deux novilladas non piquées et dix piquées, dont trois non piquées et une piquée en France. Bien entendu, en 2015, j’aimerais être engagé encore plus souvent chez vous… La France taurine m’enchante. Les aficionados ont une grande sensibilité, je me sens torero dans l’arène et au dehors, je tiens à être différent et à me distinguer dans tous les secteurs, ce qui plait beaucoup ici où les gens observent les moindres détails chez un torero.

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Je crois que le fait d’avoir remporté le Trophée Paul Ricard sur une seule novillada piquée signifie bien que la tarde de Saint-Gilles a été importante, ça renforce mon moral pour cette année et un de mes buts est de remporter encore d’autres distinctions pour couronner cette fois-ci une temporada complète.

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La dernière temporada était celle du rodage, celle qui arrive sera celle de la consolidation dans les arènes les plus importantes et exigeantes puis je souhaiterais prendre l’alternative au début de l’année suivante. J’aimerais bien sûr la prendre à Lima, ou bien dans une arène importante d’Espagne ou de France, comme Nîmes…"

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ÁNGEL GÓMEZ ESCORIAL

« Joaquín est passé par la Fundación El Juli, mais il n’y est pas resté longtemps car il a ensuite intégré l’école taurine de Málaga. Il est Péruvien, il vit actuellement à Málaga et si je l’apodère à présent, c’est d’abord pour la bonne relation que j’entretiens avec sa famille. Son père a été matador de toros, et quand je toréais au Pérou, nous sommes devenus amis. Lorsque Joaquín lui a annoncé son intention de devenir à son tour torero, son père m’a demandé de le prendre en Espagne pour qu’il fasse ses preuves, me disant que si l’expérience n’était pas probante, je le renvoie au Pérou. Mais j’ai vu qu’il avait les conditions pour cette profession et j’ai donc décidé de l’aider car j’ai pensé que ça en valait la peine.

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Joaquín avait déjà été très bien en sans picadors en France, mais surtout dans le Sud-Ouest, et franchement, la tarde de Saint-Gilles a été très importante. Il venait de triompher à Béziers pour sa dernière non piquée puis à Saint-Gilles, il a confirmé de la meilleure des façons dans la catégorie supérieure, ce qui lui a valu le prix de l’UCTPR alors qu’il venait juste de débuter en piquée ! Ce triomphe a eu des répercussions jusqu’en Espagne parce que le monde taurin sait chez nous que couper quatre oreilles en France constitue une belle performance et que ce ne sont pas des cadeaux que l’on offre aux novilleros !

Outre ce que l’on est en droit d’attendre d’un novillero, comme l’envie et le courage, Joaquín est très intuitif par rapport aux animaux, il ressent beaucoup ce qu’il fait et transmet au public. Il peut faire la différence au capote, il a une excellente main gauche et beaucoup de courage, bref, et en outre de la personnalité.

Pour 2015, l’idée est de toréer autant que possible. L’an dernier, il a participé à pas mal de novilladas très fortes autour de Madrid, ce qui l’a bien préparé pour affronter tout type de bétail et je pense qu’en France comme en Espagne, il devrait se détacher, notre intention étant aussi de figurer dans les plazas les plus importantes.

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L’alternative ? Il débute à peine en piquée, il lui faudra encore s’aguerrir, mais c’est évidemment l’aboutissement et on va l’y emmener quand on le sentira prêt. Pour moi, je situe le bon moment vers le milieu de la temporada 2016. Donc, pour cette année, il devrait passer dans toutes les ferias de novilleros, entrer en competencia avec les autres, et je pense qu’il peut être le novillero de l’année, du moins un des novilleros.

Pour la France, la seule participation annoncée à ce jour est la novillada du 19 avril à Garlin où il affrontera les Pedraza de Yeltes. Mais je suis en contact avec pas mal d’empresas et je pense qu’avec l’obtention du Trophée Paul Ricard comme référence, Joaquín devrait entrer dans plusieurs novilladas. C’est en tout cas notre souhait le plus cher… »

Assurément, deux valeurs sûres pour la relève à qui, bien entendu, on souhaite bonne chance pour la temporada qui arrive. Suerte, Pablo, Suerte, Joaquín !

 

 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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