Lundi 17 Mai 2021
Cayetano, Magescq, Arles, Bohórquez, Castellón, Areneros, Festivals…

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Rencontre avec Cayetano Ortiz et son toro d’alternative « Créido »…

Samedi dernier à Boujan, Bernard Mula, Président de la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois, et Claude San Nicolas, Président du club « Aficion », avaient de quoi être satisfaits à l’issue d’une soirée qui avait fait salle comble.

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Avec Cayetano Ortiz comme invité, l’assistance a pu d’abord apprécier la projection du film « Creído », nom du toro d’alternative de Cayetano à Istres. Un excellent fil conducteur qui nous a rappelé cette journée mémorable à partir du vécu du torero biterrois.

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Maurice Daussant, le réalisateur de ce film qui a remporté le premier prix au festival taurin de Castries, a récolté fort justement la première ovation de la soirée et suite à cette projection, j’ai eu le plaisir de poser quelques questions à Cayetano, pour revenir d’abord sur cette journée d’Istres, puis son triomphe biterrois et enfin ses perspectives pour 2015…

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- Une fois le cartel rematé, est-ce qu’avec Denis Loré et César Pérez vous avez élaboré une stratégie particulière par rapport à cette corrida ?

- J’ai accéléré ma préparation au campo, j’ai eu l’opportunité de tienter dans pas mal d’élevages espagnols où je n’étais jamais allé, mais c’est surtout mentalement que les choses ont changé. Face à un tel événement, il y a une certaine pression qui commence à s’installer, c’est pour ça que j’ai travaillé avec un ami qui est préparateur mental et qui m’a aidé à gérer le stress.

- Tu as dû passer quelques nuits blanches, non ?

- Il y en a eu de bonnes et d’autres bien plus courtes ! Tu as beau t’en défendre, tu fais et refais la corrida cent fois dans ta tête, même si en définitive, le jour J rien ne se passe comme tu l’avais imaginé !

- Comment as-tu pu résister à ce stress ?

- En fait, j’ai eu la pression jusqu’à la veille et quand je me suis levé le matin de la corrida, j’ai éprouvé la même sensation que lors de ma présentation à Madrid. C’était jusque-là l’échéance la plus importante de ma carrière et ce jour-là, j’étais très tranquille le matin. A Istres, ça a été pareil, je n’ai rien changé de mes habitudes, c’était comme si la pression était retombée.

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- On dit souvent, sans que ce soit une règle établie, que le parrain et le témoin permettent au futur matador de choisir le toro de la cérémonie… Or, dans le film, il y a une séquence sur le sorteo où l’on reconnait ta cuadrilla…

- Quand il est venu me voir le matin, Denis m’a dit que les deux maestros me laissaient le choix de mon toro d’alternative, mais je lui ai répondu que je préférais faire un sorteo normal. J’avais vu les toros chez Garcigrande lorsque j’étais allé tienter, mais je n’en avais pas un de particulier en tête.

- Une fois le paseo terminé, on ne peut pas dire que les choses  se soient très bien engagées pour toi ! Il est rare en effet que l’on voie un toro d’alternative renvoyé au corral… Mais ça t’es tombé dessus, avec en prime son refus d’évacuer la piste. Un drôle d’épisode dont tu te serais certainement passé, non ?

- C’est vrai que la situation était plutôt insolite, dans la mesure où j’ai dû tuer mon toro… sans être encore matador de toros ! Ça partait donc plutôt mal, mais Denis est venu me dire qu’il fallait en finir et que je devais conclure. Je ne me suis pas alors posé de questions et j’y suis allé. J’ai vite évacué cet épisode pour me consacrer à la suite, à savoir ce qui a été ma véritable alternative avec « Creído », mon second toro que j’ai fait passer en premier.

- Comment tu l’as vu ce toro ?

- Quand je l’ai vu  sortir, j’ai trouvé qu’il avait un bon galop, il m’a plu, morphologiquement parlant. Il a eu de bonnes intentions quand je l’ai pris avec le capote, et plus tard, il a confirmé ses qualités. J’ai pu prendre du plaisir, me relâcher et faire une faena qui je pense était convenable pour un premier toro que j’avais à combattre.

- Au moment de la cérémonie, si ce n’est pas trop indiscret, que t’as dit Joselito ?

- Je préfère le garder pour moi ! En revanche, on m’a demandé pourquoi il n’y avait pas eu d’abrazos, comme c’est le plus souvent le cas. Dans le patio de cuadrillas, Joselito est venu me voir pour me dire qu’au moment de la cérémonie,  il voulait que ça se passe à l’ancienne, avec une simple poignée de mains. Ensuite, pendant la corrida, entre les toros, il m’a un peu parlé, mais ça n’est pas allé très loin.

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- En règle générale, on entend beaucoup de choses depuis le callejón. Est-ce que ça constitue véritablement un soutien ?

-  J’ai beaucoup écouté les conseils d’un banderillero, Daniel Duarte, ainsi que ceux venant de Denis Loré. Après, tu sais qui tu écoutes… Quand tu entends la voix de Denis derrière, tu sais que tu peux appliquer ce qu’il te dit, même si devant, tu vois les choses d’une autre façon...

- Avec cette faena d’alternative, tu t’en es plutôt bien tiré et en fin de compte, avec cette oreille, on peut dire que tu as planté le premier essai…

- Oui, mais j’aurais préféré en planter deux !!! Quand tu l’analyses plus tard, tu as tendance à retenir ce qui n’a pas vraiment fonctionné, mais c’est vrai qu’il y a eu aussi de bonnes choses. J’ai pu me relâcher sur plusieurs séries, baisser la main comme j’aime le faire, mais après, il faut être plus exigeant et en revoyant les images, je me dis que j’aurais aimé faire d’autres choses…

- Ensuite, plusieurs éléments sont entrés en jeu : une longue attente, une météo contrariante, et surtout les récitals de deux figurones… Tu as dû passer par des émotions très contrastées, non ?

- Franchement, dans un tel contexte, je n’ai pas pu apprécier vraiment ce qui se passait en piste avec Joselito et Morante ! Je ne pensais qu’à mon second toro, tout ça est passé très vite et je n’ai pas eu le temps de m’attarder sur les faenas des autres. Et quand le deuxième toro de Morante est sorti, je suis allé au quite parce que c’était mon tour, ça m’a permis de relâcher un peu la pression en me remettant dans le bain.

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- Comment analyses-tu cette seconde faena ?

- Le contexte n’était pas évident. Après les prestations importantes de Joselito et de Morante, c’était très délicat de passer derrière, il y avait même des gens qui partaient… C’était le dernier toro, la course avait duré longtemps et c’était donc un peu démotivant. Mais il fallait y être, c’était le jour le plus important de ma carrière et j’aurais aimé sortir a hombros avec Joselito. Le toro est sorti moins bien que le premier, il permettait mais n’avait pas la classe de l’autre, il transmettait moins et compte tenu de tout ça, ça devenait difficile de s’imposer…

- Quelles étaient tes sensations en quittant l’arène ?

-  Je me suis dit qu’une oreille, c’était bien, mais pas suffisant. Quand tu sors et que tu n’as rien derrière, les oreilles coupées sont importantes et un triomphe aux côtés d’une figura m’aurait encore plus servi. J’en rêvais depuis tout petit, ça s’est bien passé au premier, mais je suis quelqu’un qui veut toujours mieux faire et j’aurais aimé que ça se passe encore mieux ! Mais bon, deux jours après, je n’y pensais plus et mes espoirs se sont alors tournés vers Béziers…

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- Avec, cette fois-ci, une sortie a hombros…

- Oui. Une corrida qui n’était pas évidente sur le papier car j’étais entouré de deux toreros qui étaient en pleine bourre, Manuel Escribano et David Galván, et moi j’arrivais avec seulement ma corrida d’alternative dans les jambes ! Mais les gens qui sont sur les gradins ne tiennent pas compte de ça, ils veulent voir des toreros qui ont envie de tout casser et j’y suis allé à fond. Je m’étais beaucoup mentalisé pour cette corrida et entre temps, j’avais toréé des toros au campo chez Olivier Fernay. Le jour de la corrida, le vent ne nous a pas facilité les choses, mais en fin de compte, ça s’est bien passé, j’ai démontré avant tout mon envie et c’est ce que les gens attendaient de moi. J’ai mis deux coups d’épée, j’ai coupé les oreilles et ça m’a énormément boosté ! En outre, ça m’a permis de signer une corrida pour cette année à Béziers…

- Mais à l’heure du bilan, ne souffres-tu pas trop du fait de ne pas avoir plus d’engagements ?

- Le problème, c’est que la saison est fermée dès les mois d’avril-mai. Et quoi que tu fasses au mois d’août, il est difficile de trouver d’autres opportunités, sauf d’éventuelles substitutions. Ensuite, la temporada se termine, l’hiver arrive et les organisateurs ont parfois tendance à oublier ce qui s’est réellement passé, donc ça reste encore difficile. En outre, quand tu prends l’alternative, la saison qui suit n’est jamais facile, il y a une période de transition qui n’est pas évidente !

- Comment peut-on surmonter ces difficultés ?

- C’est assez compliqué. Cette année, je suis tout seul, Denis a décidé de reprendre le toreo actif et il ne peut pas en même temps s’occuper d’un matador de toros. J’ai donc été obligé de prendre mon téléphone et de faire le tour des empresas françaises qui gèrent des arènes où je pensais avoir peut-être une possibilité d’être engagé. A ce jour, les réponses ont été plutôt évasives et je n’ai rien de vraiment concret, à part pour des festivals…

- Est-ce que ça se ressent dans ta préparation ?

- Non. Je m’entraine de la même façon, autant sur le plan physique que technique, avec du toreo de salon et des vaches à tienter. Je vais partir quelques temps en Espagne où des tentaderos m’attendent. Je me dis que Béziers va être un tremplin pour moi et qu’il faut qu’à tout prix je coupe des oreilles. En Espagne, il y a une personne qui m’aide, surtout pour faire du campo, et en France, j’ai fait quelques démarches, mais il n’y a rien de positif pour le moment.

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Avant de déguster les excellents produits de notre hôte, Jean-Marie Augé, viticulteur avec ses deux fils Vincent et Sébastien dans leur superbe domaine, la discussion s’est achevée sur une parenthèse au sujet du malaise exprimé par les professionnels français, ce qui m’a conduit à souhaiter bonne chance à Cayetano pour sa temporada 2015, notamment pour trouver la bonne personne qui pourrait gérer sa carrière et lui apporter un peu plus de contrats… Suerte, Cayetano !

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Pour se procurer le DVD « Creído » de Maurice Daussant, contacter le réalisateur au 0678678127 (20€ + frais d’envois).

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Rappel...

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ARLES

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 BOHÓRQUEZ

 Après vingt-cinq années d’alternative et six grandes portes à Madrid, le rejoneador Fermín Bohórquez a annoncé que la temporada 2015 serait sa dernière.

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 Pour cette tournée de retirada, il a confié son apoderamiento à la FIT. « Ça faisait longtemps que j’y pensais et je pense que les circonstances ont fait que ce moment est arrivé »…

 CASTELLÓN

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ARENEROS

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FESTIVALS

Le samedi 14 février à Ciudad Rodrigo, festival avec Manuel Díaz "El Cordobés", Miguel Abellán, El Fandi et le novillero Alberto Escudero, bétail de Matilla.

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Le samedi 28 février à Albacete, dans le cadre du Ier Sommet Taurin International, festival avec Diego Ventura, Enrique Ponce, El Juli, El Fandi, Miguel Ángel Perera et le novillero José Garrido. Bétail de diverse provenance.

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Le samedi 7 mars à Jaén, festival au bénéfice de l’Association Espagnole de Lutte contre le Cancer avec au cartel Espartaco, Morenito de Jaén, Enrique Ponce, Juan José Padilla, Javier Conde, El Fandi et le novillero Alfonso Cadaval. Toros à désigner.

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Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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