Mercredi 16 Octobre 2019
Chroniques du Lundi
Dimanche, 12 Avril 2015

Soro, Los Bayones, Pamplona, Gallo, Arles, Promotion…

SORO

Ce qu’a réalisé récemment El Soro est prodigieux. Porté par des milliers d’aficionados lors de sa réapparition dans la plaza de toros de Valencia, on l’a vu comme transcendé, diminué certes, mais donnant tout ce qu’il pouvait. Vu sous cet angle, sa performance est remarquable, et il fait partie de ceux qui malgré une overdose de souffrances trouvent encore les ressources nécessaires pour avoir toujours l’illusion.

Chapeau, Maestro… sauf que s’il est sorti en triomphe, il est aussi reparti avec trois vertèbres fracturées. Et quand je lis les propos de son apoderado, Julio Pérez « Vito », qui a déclaré que les choses n’allaient pas s’arrêter à cette course et qu’il va continuer, j’avoue que ça me laisse pantois. Car cette corrida exceptionnelle devrait le rester. Pour le torero, mais aussi pour l’homme. Et vient un moment où le charisme, la volonté, l’envie, ne suffisent plus et font place à un acharnement qui frise l’inconscience et le pathétique.

Vicente Ruiz « El Soro » a un passé, il n’a plus besoin de trophées, pas plus de reconnaissance. A plus de cinquante ans et avec derrière lui plusieurs dizaines d’interventions chirurgicales, tout ça tient de l’héroïsme… Avec ce baroud d’honneur, il s’est rappelé au bon souvenir de l’aficion en forçant le respect, mais maintenant, voir l’avenir dans les ruedos parait pure folie, non ?

LOS BAYONES

Il n’est pas courant qu’un mayoral se retrouve seul, au petit matin, face à une bande de voleurs qui se sont introduits dans la finca. C’est pourtant ce qui est arrivé récemment à la ganadería Los Bayones, le jeune mayoral David Martín voyant fondre sur lui, à huit heures du matin, un groupe de malandrins particulièrement agressifs.

Après l’avoir menacé avec un pistolet braqué sur lui, puis roué de coups, les voleurs se sont emparés de quinze becerros qui devaient être marqués dans la semaine puis se sont rapidement enfuis.

Une enquête est diligentée, sans grand résultat à ce jour à ma connaissance. Pour le ganadero, il pourrait s’agir d’une commande et il est clair que ceux qui ont commis cet acte l’avaient soigneusement préparé.  Dans quel but ? That is the question…

PAMPLONA

Avec la publication de l’affiche de Pamplona, j’avais mentionné qu’elle comportait une anomalie. Peut-être l’avez-vous remarquée…

Anomalie, ou plutôt oubli volontaire, car signe des temps, le peintre Vicente Arnás, pour éviter de choquer quelques « âmes sensibles », a volontairement omis de montrer… l’embout de la pique !

Une concession de plus - et à Pamplona ! – faite à nos adversaires, symbolique certes, mais pas du tout représentative de ce qui se passe le plus souvent dans le ruedo pamplonais où ce tercio est conforme à la puissance des toros qui y sont présentés. A y être, va-t-on demander un jour aux piqueros d’utiliser la pique d’Arnás et aux banderilleros des banderilles à colle ?

Les mauvaises langues disent que dans certaines arènes ce serait suffisant. Mais ce ne sont que de mauvaises langues…

GALLO

En sautant dans le ruedo de Las Ventas au quatrième toro de l’encerrona d’Iván Fandiño, celui d’Escolar Gil, au moment où le piquero recevait une ovation, le novillero cordouan Andrés Jiménez « Gallo Chico » a voulu exposer au grand jour son désespoir. Son objectif était d’exécuter trois ou quatre passes pour se signaler à l’aficion, et surtout aux empresas, mais il en a été promptement empêché par la cuadrilla.

Geste de désespéré, qui revient de temps à autres de la part de toreros qui trouvent leur sort injuste, mais geste qui n’a jamais apporté, ou rarement, quoi que ce soit à leur auteur. Mais Andrés a dit ne rien regretter, il va continuer à s’entrainer comme s’il avait vingt courses devant lui. Sans apoderado, voué à lui-même, il serait quasi miraculeux que son avenir s’annonce subitement radieux. Mais l’illusion, le gusanillo, ça provoque des réactions qui dépassent parfois l’entendement.

Quand on constate combien il est difficile de sortir de l’ornière pour les novilleros qui ont vu le nombre global de courses diminuer à peu près de moitié, quand on voit combien sont restés sur la touche ces dernières années, il est bien évident que pour le Gallo, rien ne va être facile. Raisons insuffisantes pour ne pas lui dire : Suerte !

ARLES

La récente feria d’Arles a été marquée par un acte passablement odieux, une dizaine d’anti-corridas s’en prenant aux personnes qui conduisaient le camion entre les corrales et les arènes…

Ci-dessous, l’article de La Provence qui résume les faits…

« Vers 15 heures, hier, alors que dans le centre-ville d'Arles une cinquantaine de manifestants scandaient leur opposition à la corrida, en manifestant sur le boulevard Emile-Combes, huit autres militants, sans lien apparent avec les premiers, ont été interpellés aux corrales de Gimeaux, où sont gardés les toros de combat.

Les trois femmes, et cinq hommes, dont l'âge varie entre 20 et 40 ans, ont réussi à s'introduire dans l'espace toros, vraisemblablement en découpant une partie du grillage, et ont tenté de saboter le camion qui devait transporter les toros de combat aux arènes. Dans un premier temps, ils ont réussi à retirer les clavettes de sécurité du véhicule, prenant ainsi le risque de libérer des toros de combat en pleine ville. Heureusement, le personnel des corrales s'en est aperçu au moment de charger les bêtes, et a pu remplacer les clavettes.

Mais, alors que le camion partait pour les arènes, les anticorrida sont revenus à la charge, se jetant sur la chaussée pour barrer la route au convoi. Trois policiers, venus pour escorter par précaution le camion jusqu'au centre-ville, sont alors intervenus pour interpeller les huit militants. Une interpellation musclée, puisque devant la détermination des "anti", un fonctionnaire a dû faire usage de sa bombe lacrymogène.

Hier soir, les huit militants, retrouvés en possession d'un maillet, d'un gros pavé et d'une arme de poing factice, étaient toujours en garde à vue, pour divers motifs : mise en danger de la vie d'autrui, vol en réunion, dégradation, et entrave à la circulation. Ils devraient être convoqués ultérieurement devant le tribunal de Tarascon. "Les conséquences de leurs actions auraient vraiment pu être dramatiques, si on ne s'aperçoit pas que les clavettes ont été enlevées, ou si le chauffeur n'est pas réactif pour piler devant ces individus qui se jettent sous ses roues", soulignait hier soir une source policière. »

Le cadre d’une manifestation pacifique et règlementée a été largement dépassé, non ?

PROMOTION

A Séville, dans la Maestranza, une journée a été consacrée vendredi dernier à la promotion du toreo avec classe pratique pour de nombreux aficionados, en particulier des jeunes, qui s’étaient déplacés pour manier les trastos sous les conseils de quelques glorieux ainés. Malgré quelques avis de tempête, l’aficion est toujours vivace sur les bords du Guadalquivir !

Elle l’est d’ailleurs aussi à Nîmes où lors de la journée des « Rendez-Vous en Terre d’Aficion », le samedi dans les arènes, les aficionados, mais aussi les néophytes, ont pu s’initier aux techniques du toreo.

Pour la défense et la transmission de notre Culture et de notre Passion, des initiatives qu’il convenait de saluer, à l’instar de toutes celles qui de-ci, de-là, vont dans le même sens, quel qu’en soient ceux qui en sont à l’origine, empresas, matadors, clubs taurins…

 

Paul Hermé

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