Jeudi 24 Juin 2021
Nice

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L’enfer est à nos portes…

N’étant plus d’une première jeunesse, je n’aurais pu imaginer passer ce qui me reste à vivre dans cette espèce de climat pour le moins malsain. Avec, en guise de KO, les funestes événements de Nice, à savoir la terrible illustration de la terreur sous sa forme la plus horrible, comment maintenant, une fois de plus, s’entretenir de ce qui fait l’actualité du toreo, comme tellement futile, même s’il est vrai que la vie doit continuer...

Evidemment, j’imagine sans mal ce que peuvent vivre les familles touchées par ce drame effroyable et bien sûr, on se sent concernés et à leurs côtés. Sauf qu’une nouvelle fois, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour avoir à ingurgiter les sempiternelles litanies, les plus belles paroles qui ne sont au mieux que des habituels effets de manches, avec en prime, pour faire davantage tendance, la gueule de l’emploi, celle assimilable à la resaca...

Aujourd’hui, je faisais partie des « otages de l’autoroute », entre Nîmes et la frontière espagnole. Vous me direz que par rapport à l'odieux massacre que certains ont vécu hier à Nice, je ne m’autorise surtout  pas à me plaindre. Mais si j’évoque ce trajet jamais comme les autres, année après année, pour se rendre à Céret, plus exactement dans un premier temps au Perthus, c’est parce que cette fois-ci, au-delà des heures d’attente sur le bitume, il s’est passé quelque chose de surprenant que je m’en vais bien sûr vous conter...

En effet, c’est bien la première fois que je vois, outre les détails de signalisation liés aux impondérables du trafic, et Dieu sait s’il y en a en ce moment, un message lumineux répété à intervalles réguliers qui n’a pas manqué d’attirer mon attention. Trois mots seulement, accrochés en haut de portiques surplombant la chaussée, où d’habitude, on vous signale un véhicule arrêté là où il ne faudrait pas, un ralentissement à cause d’un accident, ou toute autre chose dans ce genre. Trois mots que vous connaissez bien, mais que l’on n’a pas l’habitude de lire en tel lieu... Liberté, Egalité, Fraternité !!! Pas moins...

Sauf qu’à mon humble avis qui n’engage que moi, la Liberté, il me semble qu’elle est un tant soit peu écornée ces derniers temps, surtout par tous ceux qui justement ont décidé par leurs coupables agissements de nous rendre la vie impossible et quelque part de nous en priver, l’Egalité, elle aussi commence à être atteinte par la corrosion, et la Fraternité, avec le grand idéal du formidable élan qui dans les composantes actuelles de la société française voudrait que tout le monde s’aime, alors là, quitte à décevoir quelques-uns de mes amis, je le dis en toute franchise : Mon Cul !!!

Mais avouez que sur un porche d’autoroute, ces trois mots, quoi qu’on puise en penser, ça a de la gueule, non ? En tout cas, en ce lendemain de tragédie, même si l’on n’est plus dupe, on se sent un peu moins seul dans sa peine intérieure, surtout quand on se retrouve coincé pendant des heures... Une fois arrivé à bon port, c’est-à-dire tard, j’ai eu tout le loisir de constater combien les Espagnols étaient affectés par ce drame. Et à leur télé, inutile de vous dire que question détails, rien ne vous est épargné ! Pour ce que j’ai pu en discuter avec quelques clients du restau, il est évident qu’ils ont tous conscience de la gravité du problème... et de sa complexité. Sans aller chercher plus loin question terrorisme, ils ont tous encore le syndrome d’Atocha que d’ailleurs, les différentes chaines ne rechignent pas à ressortir à chaque fois...

Question vieilles rustines, on pourrait nous aussi faire en effet un copier coller avec toutes les lamentations exprimées lors des précédents attentats... qui pourront éventuellement, pour ne pas dire sûrement, resservir encore pour les suivants. Hélas… Avec pour faire bonne mesure, un montón de fleurs et de larmes, et la condamnation unanime - ou presque - de la communauté internationale. Seulement, au fond, avec tout ça, franchement, ça te fait une belle jambe ! Vous n’êtes pas convaincus ? Allez donc demander aux enfants qui ont perdu leurs parents, ou aux parents qui ont perdu un enfant, ce qu’ils en pensent !!!

En fin de compte, c’est vrai, bien malin celui qui détient la solution miracle pour contrecarrer de tels actes ! D’ailleurs, au lendemain de cette tragédie, en écrivant ces quelques mots, j’avoue que jai vraiment la sensation de pisser dans un violon…

Bien entendu, la gouvernance va prendre quelques mesures, mais qui pourra efficacement et définitivement arrêter ce pathétique processus ? C’est bien la seule question à se poser, non ? Evidemment, contrairement à tous les grands stratèges des réseaux sociaux dont on se demande pourquoi ils n’ont pas fini ministres, je n’ai pas le moindre élément de réponse, mais entre nous, si je peux me permettre, j’ai l’impression qu’on est enlisé dans un sacré bourbier. Avec les deux pieds bien englués dans la merde ! Et cela pour un bon moment…

En tout état de cause, voilà pourquoi ce soir, les infos taurines attendront un peu, le temps de digérer cette atroce bouillie. Si c’est encore possible... Mais rassurez-vous, dès demain, on reviendra sur l’actualité, à commencer bien sûr par Céret de Toros. Comme on entend souvent dire, the show must go on, non ?

 

Paul Hermé

soler 2017

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