Vendredi 07 Mai 2021
Bautista, Cali, Séville, Tendido Cero…

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Entrevista avec Juan Bautista pour évoquer sa première année à la tête des arènes d’Arles et sa grande temporada 2016…

Comme évoqué hier, j’ai pu rencontrer Jean-Baptiste lors d’un tentadero à la ganadería Fano et à quelques jours de la présentation officielle de la future temporada arlésienne, l’occasion était belle de revenir sur ses deux principales fonctions, celle de matador de toros, bien sûr, mais aussi d’empresa dans les arènes de sa ville…

L’EMPRESA

- A l’heure du bilan, es-tu satisfait de cette première année à la tête des arènes d’Arles avec « Ludi Arles Organisation »  avec à tes côtés ta sœur Lola, Alain Lartigue et François Cordier ?

- On peut faire plusieurs bilans, mais sur le plan artistique, oui, on est content car il y a eu plusieurs événements importants au cours de la saison… A Pâques, pas mal de toreros, à pied comme à cheval, ont triomphé, et en septembre, je crois que la goyesque restera une corrida qui va marquer l’histoire de ces arènes. Ça a représenté une superbe réussite, avec beaucoup de monde et nous avons eu en outre la chance que ce soit télévisé pour que cette corrida soit vue dans le monde entier, ce qui en a renforcé l’impact.

- Et sur le plan économique ?

- Nous sommes une entreprise, il faut arriver à la faire marcher, et en définitive, on est content puisque l’on n’a pas perdu d’argent ! Nous sommes passés juste, une fois il pleut et il y a moins de monde, une autre on fait quasiment le plein, comme à la goyesque, mais le lendemain, pour la corrida torista, il manque pas mal de monde sur les gradins ! Ce sont des choses que l’on ne maitrise pas, comme pour le mano a mano Juli-Roca Rey où il avait beaucoup plu, on avait dû annuler la novillada et ça nous a levé forcément du monde. Le samedi, il y a eu une grosse entrée, comme le lundi pour la corrida de rejón et celle de Pedraza où il y a eu des entrées intéressantes. En septembre, on a été très proches du no hay billetes pour la goyesque et très déçus, comme on vient de l’évoquer, pour la, concours parce qu’on l’a faite sur la demande de certains aficionados et clubs taurins. C’était déjà le cas ces dernières années, mais comme on avait réduit la temporada, on pensait que l’aficion répondrait davantage, d’autant plus que ça nous semblait intéressant de présenter six toros d’élevages et d’encastes différents. On va donc modifier un peu les choses, l’an prochain on ne fera pas de concours, mais on essaiera encore de faire plaisir aux toristas  en emmenant un autre style de corrida car l’intérêt de l’entreprise, ça reste de faire venir du monde aux arènes et de ne pas voir la ville vide…

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- Pour revenir à Luis Francisco Esplá, penses-tu que la communication de cet événement, avec l’appui de la télévision, a provoqué une répercussion importante pour les arènes d’Arles, et partant, pour la ville ?

- La télévision est venue parce que c’était le retour pour une unique corrida d’Esplá et pour l’originalité de sa décoration. Le cartel était attractif, mais la touche Esplá était indéniablement un plus pour que la télé ait eu envie de faire le déplacement dans le but de diffuser cette corrida en direct. A partir de là, la retransmission a représenté évidemment la meilleure promotion que l’on pouvait souhaiter. La goyesque a été vue partout, et d’ailleurs, ça a apparemment donné des idées à d’autres puisqu’il est question à présent que Luis Francisco prenne en charge la déco de Las Ventas pour la goyesque, ainsi que la réalisation de l’affiche Céret !

Quand il a finalement accepté, il n’y avait au début que peu de personnes au courant et je ne savais pas alors quel impact ça pourrait avoir. Mais en définitive, je suis très heureux d’avoir décidé de tenter ce coup-là. Il a joué le jeu à fond, il a été formidable, venant trois ou quatre fois dans l’été pour travailler avec l’équipe des arènes, et je peux dire que son implication a été totale !

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- Dans ton esprit, compte tenu du succès de cette initiative, es-tu tenté justement de poursuivre ce genre de collaboration avec d’autres « pointures »,  notamment taurines ?

- Ça va être difficile de trouver un artiste qui veuille bien toréer… ou un torero qui veuille bien dessiner !!! Pour 2017, sans  dévoiler quoi que ce soit aujourd’hui, il y aura je pense une programmation de très grande qualité, avec des surprises, des nouveautés, des présentations, des retours, des toreros et des élevages qui n’ont pas été présents ces dernières années. Mais bien sûr que notre pari est de privilégier la qualité à la quantité et d’essayer de créer si possible chaque année des événements forts. Donc, il y aura de très beaux événements et un artiste formidable qui va décorer la prochaine goyesque, avec un accompagnement musical encore différent. Donc, on continue dans cet esprit là !

- Justement, pour la temporada qui se profile, est-ce qu’elle aura la même configuration, en nombre de journées comme de courses ?

- Ce sera identique à ce que l’on a eu cette année, le seul changement viendra de la corrida concours qui sera remplacée par une corrida de Miura pour la clôture de la Feria du Riz. Pour le reste, il y aura bien sûr les animations habituelles à l’Espace Toros des corrales de Gimeaux, en apportant quelques nouveautés, mais toujours dans le même esprit, surtout avec les jeunes…

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           LE MATADOR DE TOROS

- Jean-Baptiste, de l’avis général, tu as réalisé une grande, temporada 2016… Qu’en penses-tu ?

- Effectivement, 2016 a été pour moi une année importante, j’ai pris beaucoup de plaisir au cours de cette saison, du début à la fin car je suis parvenu à maintenir une régularité qui m’a parfois manquée dans le passé. J’ai connu de grandes faenas qui ont marqué ma carrière, mais c’est vrai que cette année a été très importante au niveau artistique, avec une évolution de ma tauromachie. J’ai changé comme torero, j’ai continué à évoluer, à apprendre, et j’espère que ma meilleure temporada est encore à venir !

- N’et-il pas difficile de mener à la fois une direction d’arène et une carrière de torero ?

- Je rappelle que je ne suis pas seul dans l’histoire, on est toute une équipe et donc, j’ai trouvé ma place sur les deux activités sans que cela puisse devenir un problème. En ce qui concerne les arènes, je suis libéré de toutes contraintes administratives, mon rôle tournant essentiellement autour de la programmation, choix des toros comme des toreros… Cela dit, je me tiens au courant avec le reste de l’équipe et tout a bien fonctionné lors de cette première saison. Ce qui a changé, c’est peut-être justement que parce que j’ai d’autres choses en tête, quand je me retrouve devant une vache ou un toro, je lui donne encore plus d’importance et je me donne plus à fond, ce qui me procure encore plus de plaisir par rapport à certaines périodes passées, ce qui quelque part me libère dans mon toreo. L’important pour moi est de toréer, c’est là où je prends le plus de plaisir, mais je pense que ce changement vient plutôt de là, du fait d’avoir d’autres choses en tête, d’autre responsabilités…

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- Quels sont les moments forts que tu retiens au terme de la temporada écoulée ?

- Incontestablement Nîmes, l’arène où j’ai coupé dix oreilles et une queue en trois participations ! Quatre à Pentecôte, trois à la première de septembre et trois autres plus un rabo à la deuxième. C’est la grande référence de ma temporada… C’est une arène qui m’a toujours bien réussi, qui m’a toujours bien accueilli et accepté depuis mes débuts, mais bien entendu, la goyesque d’Arles restera aussi un grand moment pour toutes les raisons que l’on peut imaginer ! Il y avait beaucoup de pression ce jour-là, la télé, le cartel, et après avoir endossé le costume, il fallait y aller à fond pour être au niveau de l’événement. Avec quatre oreilles et une queue coupées, ainsi qu’une sortie a hombros en compagnie d’Esplá, j’étais évidemment ravi du résultat ! Après, il y a eu aussi l’oreille de Madrid, la corrida de Santander, et pas mal d’autres en Espagne…

- Au sujet de l’Espagne, n’y a-t-il pas encore pour toi quelques forteresses à conquérir ?

- Si. J’aimerais  avoir une temporada encore plus fournie de l’autre côté des ¨Pyrénées, dans des arènes importantes où j’aimerais retourner ou dans certaines où je ne suis pas encore allé. J’espère justement que le bon écho de ma temporada 2016 me permettra de rentrer un peu plus dans cette catégorie d’arènes. Apparemment, ça se présente bien, je vais attaquer la saison très tôt, même en Espagne…

- Combien as-tu planifié d’en toréer ?

- Cette année, j’en ai toréés 37 avec l’Amérique du Sud, et pour moi, c’est le bon chiffre. En 2017, je compte donc tourner autour du même volume de courses. Quant à  l’Amérique, j’ai pour le moment un contrat à Ambato, en Equateur. S’il y a des choses intéressantes qui se présentent, j’irai, bien sûr, mais ce n’est pas pour moi une priorité… 

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En cette période de vœux, souhaitons à Jean-Baptiste pour le moins d’égaler, sinon de dépasser le niveau de sa précédente temporada et que pour les arènes d’Arles, 2017 soit encore le cadre de courses marquées par la qualité dans le sérieux et la diversité ! Suerte, Maestro…

CALI

Dans des arènes pleines et face à des toros de Salento donnant la plupart un bon jeu, avec mention au premier qui a eu les honneurs de la vuelta posthume, Luis Bolívar a triomphé pour avoir coupé les deux oreilles de son premier, avec silence à l’autre pour avoir pinché au terme d’une bonne faena.

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Saluts aux deux pour David Mora et applaudissements puis silence pour Pablo Hermoso de Mendoza, les aciers privant les deux de quelques oreilles.

Avec Feria TV, voir le résumé de cette corrida en cliquant ICI

(Photo : Feria TV)

SÉVILLE

L’empresa Pagés a précisé les dates de la prochaine Feria de Abril...

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Après la fameuse corrida du Domingo de Resurrección (Dimanche de Pâques) du 16 avril, la Feria se déroulera du mercredi 26 jusqu’au dimanche 7 mai, soit une durée de douze jours.

TENDIDO CERO

L’émission met en évidence les valeurs écologiques et économiques de la tauromachie, montre comment se choisit et prépare un lot de toros pour Séville, évoque le fer de Saltillo, revient sur les grandes tardes d’Enrique Ponce à Istres, Miguel Ángel Perera à Palencia et Leonardo Hernández à Las Ventas, les travaux du campo dans les grandes ganaderías mexicaines, les maquettes des différentes arènes de Bilbao, ainsi que le souvenir du diestro mexicain El Pana…

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Pour voir cette émission, cliquez ICI

 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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