Mardi 23 Avril 2024
Tibo, Arles, Manizales, Gabin…
Mercredi, 04 Janvier 2017

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Tibo Garcia en mode préparation de sa temporada de confirmation…

Après avoir franchi un premier grand pas l’an dernier à Samadet avec le passage en piquée, Tibo Garcia va entamer sa seconde saison de novillero dans cette catégorie, celle que l’on dit déterminante pour un postulant a rang de matador de toros.

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C’est bien pour cela que depuis plus d’un mois, Tibo met les bouchées doubles, y compris outre-Pyrénées, pour pouvoir faire face dans les meilleures conditions possibles aux premières échéances qui se profilent… Rencontré lors du tentadero avec Juan Bautista déjà relaté ici, Tibo est revenu sur sa saison 2016 puis a évoqué les perspectives pour celle qui arrive…

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« Je suis plutôt perfectionniste et j’ai toujours l’intention de faire plus et mieux. C’est en cela que j’aurais préféré faire mieux, même si dans l’ensemble, pour ma première année en piquée, ça s’est plutôt bien passé. J’ai participé à neuf novilladas, à commencer par mes débuts en piquée à Samadet, où je suis sorti a hombros après avoir coupé deux oreilles, tout comme plus tard à Vergèze.

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A Aire, la novillada de Saltillo et Valdellán est sortie plutôt compliquée pour le peu d’oficio que j’avais dans cette catégorie, comme celle de Boujan avec les Escolar Gil. C’est du bétail qui requiert certaines qualités techniques que l’on n’a pas forcément quand on débute en piquée, comme c’était mon cas, avec seulement deux novilladas derrière ! Mais c’était un challenge important pour la suite, dans une perspective d’équilibre dans le choix des élevages à toréer.

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Ensuite, il y a eu la novillada de Tarascon qui m’a permis de me remettre sur les bons rails avec trois oreilles coupées aux novillos des frères Jalabert, ainsi qu’à Lunel où j’ai été déclaré triomphateur de la novillada de Blohorn. Malheureusement, à partir de là, j’ai commencé à pincher quelques faenas qui m’ont privé de récompenses qui me tendaient les mains, comme notamment à Beaucaire.

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Mon grand souvenir de la saison restera ma novillada de Nîmes pour les Vendanges. J’étais vraiment heureux d’avoir pu intégrer ce cartel, je suis né à Nîmes et c’est une arène qui me plait énormément. Pour moi, c’était magique et je suis arrivé avec un peu de pression, ce qui était normal, mais au fond, j’étais assez tranquille et ça s’est plutôt bien passé, même si malheureusement, j’ai pinché ma première faena. Pour les éleveurs, c’était aussi une première et dans l’ensemble, ça s’est aussi bien passé pour eux dans la mesure où les novillos de San Sebastian, malgré un petit manque de transmission, sont sortis nobles.

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J’ai bien conscience de ce problème à l’épée qui m’a hélas souvent suivi cette saison, surtout à partir de Lunel jusqu’à Nîmes, où j’ai pinché à toutes mes novilladas. D’où ça vient ? Je pense que c’est surtout dans la tête et à chaque fois que je me plaçais, j’étais en manque de confiance. Après Nîmes, ça m’est revenu lorsque j’ai tué des toros en privé ça m’a refait prendre confiance. En ce moment, pour ma  préparation, c’est un domaine que je travaille à fond avec les conseils de professionnels, pas uniquement sur la façon de porter l’épée, mais aussi dans la préparation du placement et du geste.

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Quand je suis en Espagne, l’entrainement porte à la fois sur le physique et la technique, je m’entraine du lundi au samedi, avec toutefois des incursions en France lorsque je dois tienter. Ça se passe très bien et d’ailleurs, lors d’un tentadero assez compliqué, je n’étais pas spécialement satisfait, mais en revanche, ces professionnels m’ont dit que ça leur avait plu car j’avais fait techniquement ce qu’il fallait faire…

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Concernant les engagements pour la prochaine saison, même si tout n’est pas encore réglé, je sais qu’il y a pas mal de contacts et mon souhait est évidemment d’entrer à présent dans la plupart des arènes importantes chez nous, avec si possible des incursions en Espagne. Mon apoderado y travaille et c’est pour ça que je m’entraine à fond pour être fin prêt le moment venu… »

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L’AVIS DE SON APODERADO SERGE ALMÉRAS

« L’an dernier, le but était de commencer très tôt en novillada piquée, dans l’espoir que ça se passe bien, d’où ses débuts à Samadet. Je voulais trouver une novillada piquée dans le Sud-Ouest et une autre dans le Sud-Est et on a eu la chance de réaliser ce projet à Samadet et Vergèze grâce à Philippe Cuillé et Didier Cabanis, de l’empresa « Tracoarte ». J’avais déjà rencontré à Maurrin l’été précédent Serge Dupouy, président de la Peña Al Violín, et il m’avait dit  que ça leur ferait plaisir que Tibo débute en piquée à Samadet, ce qui s’est finalement produit. C’était en début de saison et tous les ingrédients étaient réunis pour débuter en piquée dans de bonnes conditions.

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Le résultat a été plutôt  positif à la sortie, puis il y a eu Vergèze, grâce au Club Taurin Fiesta Brava et la même empresa qu’à Samadet, une autre opportunité intéressante qui s’est soldée par une sortie a hombros. Je tiens d’ailleurs à souligner que malgré deux mauvaises années à cause des intempéries qui ont mis le potentiel financier de ce club à mal, les responsables ont refusé de baisser les bras et grâce à leurs activités annexes, lotos, bodegas, ils ont réussi à sauver leur Feria du Rhôny par pure aficion et bien entendu, on a été très content de participer car il y a un côté coup de cœur pour cette arène… 

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Ensuite, à Aire sur l’Adour avec les Saltillo et les Valdellán, où l’on a commencé à mettre le doigt sur une novillada plus dure pour ses débuts, les choses  ont été plus compliquées, et c’est normal. Comme je le dis, je ne suis ni empresa, ni ganadero, et je ne peux pas donner d’échanges, ce qui oblige à un moment de prendre les courses qu’on veut bien nous donner, même si je veille à bien doser les choses. Cela dit, il y a eu quatre courses où il aurait pu triompher sans un problème avec l’épée, donc tout est loin d’être négatif et toutes les expériences ont été bonnes à prendre. A Aire,  je tiens à signaler que malgré les difficultés, les trois novilleros se sont arrimés comme des lions, ils ont fini avec le costume déchiré et il y en a eu même un qui n’a pas pu terminer la course… Le seul novillo avec lequel Tibo aurait pu s’exprimer, c’était le Valdellán, mais il est malheureusement sorti faible et il n’a pas pu aller au bout de ses intentions…

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Fin juin, il était à Boujan pour une novillada d’Escolar Gil qui est sortie maniable, mais qui demandait beaucoup d’expérience, et malgré qu’il se soit arrimé, Tibo n’a pu triompher. Là aussi, il ne s’est pas dérobé et en définitive, ce fut de nouveau une expérience intéressante dans sa trajectoire d’apprentissage. A ce sujet, cette saison, Tibo a fait neuf novillada, on s’en été fixé une dizaine, on n’en était pas loin mais c’est râlant car quelque part on  n’est pas arrivé au but que l’on s’était fixé. Mais je dois dire que si on a refusé d’aller à certaines novilladas, c’est parce que j’ai estimé que Tibo n’avait pas encore le niveau technique pour y figurer. Il fallait faire les choses progressivement, à leur rythme, et ne pas vouloir emballer la machine plus que de mesure, ce qui impliquait de moduler les choses entre novilladas dures et d’autres a priori de plus de garantie. Donc, sur le fond, on a tenu compte d’une progression logique, le but étant justement d’étayer son bagage petit à petit pour être en mesure dans le temps d’affronter tous les novillos, même les plus difficiles, avec suffisamment de maitrise technique. Chaque chose en son temps !

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Dans l’été, il y a eu ensuite Tarascon, où il y avait un cartel de competencia avec Andy Younes et Adrien Salenc, où ça s’est très bien passé puisque Tibo a remporté le trophée. Puis il y a eu une novillada sérieuse de Blohorn à Lunel où il a coupé  une oreille et s’il n’avait pas pinché, il aurait pu en couper d’autres à son second. D’ailleurs, les aciers lui ont coûté quelques trophées au cours de cette saison, comme aussi par la suite à Beaucaire !  Puis avant de se préparer pour le grand rendez-vous de la saison, son engagement pour la Feria des Vendanges à Nîmes, Tibo a coupé une oreille à un novillo de Nazario Ibáñez à Riscle, laissant néanmoins échapper encore une fois une sortie a hombros, toujours pour la même raison !

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A ce propos, je tiens à dire que Simon Casas a été de parole car je l’avais rencontré en début de saison et il m’avait alors dit qu’il comptait le mettre à Nîmes en septembre. La saison s’est passée sans que j’aie trop de nouvelles, ce n’est pas quelqu’un qu’on appelle tous les jours, mais effectivement il l’a mis au cartel. Compte tenu du nombre de novilladas qu’il avait toréées, il s’en est plutôt bien tiré, saluant à son premier et en coupant une oreille de son second novillo de la famille Vangelisti (San Sebastian) qui pour ses débuts à Nîmes ont laissé pour la plupart des options permettant aux novilleros de s’exprimer. Je pense qu’il a surpris en présentant un toreo classique qui a remporté par moments l’adhésion du public et qui a eu un écho favorable dans la presse, ce qui nous incline à envisager sa participation à la prochaine Cape d’Or… Tibo est Nîmois et son rêve, c’est évidemment de participer à cette prestigieuse compétition qui représenterait pour lui le plus motivant des challenges !  Il est bien évident que les places seront chères et que ses premiers résultats lors de la future temporada risquent de faire pencher la balance du bon côté…

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Si l’on fait le bilan, même si ça n’a pas été une saison extraordinaire, il faut prendre en compte que le métier s’apprend progressivement, et que si ça avait été le Juli ou Manzanares, il serait déjà figura ! N’oublions pas aussi qu’il y a de moins en moins de novilladas et que tout va très vite, on ne te laisse plus le temps de te faire, ce qui signifie que tu n’a pas le droit de te louper. Le public a tendance à considérer qu’il s’agit de produits finis, alors que les novilleros en sont toujours à la phase d’apprentissage, avec les naturelles imperfections qui vont  avec… Chez Tibo, j’ai senti une assez nette évolution sur le plan technique course après course. Je l’ai vu progresser, mais il a encore deux talons d’Achille, le maniement de l’épée, qui lui a coûté parfois assez cher, et un certain manque de transmission avec le public, deux domaines où il doit encore progresser. Mais il faut dire que si Tibo n’est pas toujours expressif, quand il s’accouple bien avec le toro, les choses passent bien car les gens ressentent bien l’aisance artistique qui caractérise son toreo. Ça reste toujours un travail à faire sur sa personnalité et il n’y a que l’expérience qui pourra apporter les améliorations nécessaires.

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Dans cette perspective, Tibo a commencé sa préparation très tôt car la temporada va arriver très vite. Si on analyse bien les choses, je ne pourrai pas l’amener plus loin sur le plan technique, c’est pour ça que nous avons cherché des appuis du côté de professionnels capables de peaufiner sa préparation et de corriger les domaines encore perfectibles, avec toutefois des opportunités de tentaderos chez nous qui vont impliquer quelques aller-retour, Tibo est parti se préparer dans la région madrilène au contact de professionnels avérés, grâce au soutien de personnes qui ont décidé de lui donner un coup de mains. Le courant est très bien passé et il est parti pour la période hivernale au cours de laquelle il va suivre un entrainement quotidien des plus intensifs afin d’être prêt pour les premières échéances… C’est un travail qui touche tous les aspects du toreo, physique, technique et mental, avec une priorité axée sur les points à améliorer que j’ai mentionnés. D’ailleurs, il a tienté il y a peu chez Fano et après environ un mois de ce travail intensif, on a déjà pu constater quelque évolution.

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Pour couper court à certaines rumeurs qui prétendent que Tibo est parti là-bas pour trouver des apoderados, à aucun moment c’est venu sur le tapis. Il s’agit uniquement d’une aide ponctuelle dans sa préparation et je m’occupe toujours, en tant qu’apoderado, de tout ce qui concerne ses futurs engagements et de la gestion de sa saison. Pour le moment, il n’y a rien de changé entre nous, avec toutefois de nouvelles personnes qui se greffent pour me donner un coup de mains et qui  vont le suivre autant qu’elles le pourront. Mais en définitive, car il n’est pas question de payer pour toréer, la seule chose qui permettra à Tibo de sortir la tête de l’eau, ce sont ses propres qualités et ses résultats ! Il le sait depuis le début, on ne va pas se mentir, et je l’avais prévenu au début, à savoir qu’avec moi, ce serait plus compliqué que pour d’autres toreros qui ont des appuis beaucoup plus forts. C’était donc un challenge encore plus délicat à relever, mais quelque part peut-être plus motivant et gratifiant…

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Par respect pour les empresas, je ne peux pas dévoiler certains futurs engagements de Tibo puisqu’ils n’ont pas encore présenté leurs ferias ou journées taurines, mais pour le moment, on est satisfait car il y aura assez tôt dans la temporada des contrats déjà signés chez nous. Pour aller plus loin dans sa catégorie, j’espère en outre que quelques portes s’ouvriront en Espagne, ce qui est assez délicat lorsque tu ne peux pas donner d’échanges. Avec les personnes qui s’investissent autour de moi, on a tout de même bon espoir de lui trouver quelques opportunités, mais je le répète, ça dépendra en grande partie de ses résultats. Sans verser dans le domaine quantitatif, il est clair que l’on aimerait toréer davantage cette année, à partir évidemment de conditions correctes. Quand j’évoque ces conditions, ce n’est pas pour demander la Lune, mais comme je l’ai déjà évoqué, pour que ça ne coûte pas d’argent au torero. Il y a d’ ailleurs suffisamment d’empresas correctes qui respectent les toreros, avec lesquelles on trouve toujours un terrain d’entente…

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L’alternative ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, évidemment. Disons que la saison qui arrive ne se présente pas trop mal et après, on sait ce qui se passe dans les toros, tous les cartels sont ficelés en début de temporada et selon les résultats qu’il aura obtenus, sa saison va davantage s’ouvrir ou se fermer. Mais chaque chose en son temps…

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Pour conclure, je tiens à remercier les ganaderos français. C’est avec leurs novillos que Tibo a obtenu pour le moment ses principaux succès et ces éleveurs nous aident aussi avec des tentaderos, fiestas camperas, toros en privé… Ils ont largement fait leurs preuves pour la plupart d’entre eux et n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs homologues espagnols qui certes ont eux aussi de bons produits, mais la montée en puissance du bétail tricolore est, je pense, un gage important pour la survie de la tauromachie chez nous. Dont acte. Et ce qui est vrai pour nos éleveurs l’est aussi le plus souvent pour nos toreros, non ? »

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(NDLR : A l’intention des persifleurs qui prétendent de manière récurrente que mon site devrait plutôt s’appeler « Tibofiesta », ce qui est totalement idiot, voire déplacé, je tiens à préciser que vous trouverez bientôt ici des entrevistas des principaux novilleros qui font l’actualité chez nous, notamment Andy Younes, Adrien Salenc, Manolo Vanegas… A bon entendeur, salut ! CQFD…).

ARLES

La vente des abonnements pour la Féria de Pâques est ouverte…

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Tous les renseignements en cliquant ICI

MANIZALES

Pour la première corrida du cycle, dans une arène pratiquement pleine et face à des toros de Dosgutiérrez donnant un jeu inégal, Ginés Marín a connu une tarde qui restera longtemps gravée dans sa mémoire, dans la mesure où après avoir fait la vuelta à son premier qui lui a infligé une spectaculaire voltereta, il a écouté ensuite les trois avis à l’autre pour avoir trop longtemps séché avec la ferraille.

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Silence aux deux pour Cristóbal Pardo et silence et saluts pour Luis Bolívar, les deux n’étant guère adroits avec l’épée.

Voir le résumé vidéo en cliquant ICI

(Photo et vidéo : Agnès Peronnet – Feria TV)

GABIN

La troisième soirée à thème du Club Taurin Joseph Peyré de Pau, et la première de 2017, aura lieu à la Grange du Château d’Idron, le vendredi 6 janvier 2017, à 19h.

Le Picador Gabin Rehabi viendra raconter sa fabuleuse aventure, qui au départ ne le prédestine pas à devenir Picador. Il voulait être Torero ! L’histoire en a décidé autrement puisqu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs picadors du circuit.

Au programme :

19h : apéritif offert par la Peña (apéritifs et boissons suivantes : 1€)

20h : Conférence-débat  

21h30 : Buffet et galette offerte par le CTJP.

Participation : 15€ par personne (conférence et repas) - 5€ pour les personnes qui assistent uniquement à la conférence.

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Inscriptions impératives en répondant au courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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(Communiqué)